‹ Nouvelles causes celebres du droit des gensChapitre 19 sur 33 · W' XXIX · texte numérisé non relu

W' XXIX

Réponse des ministres de S. M. Prussienne aux pj'opositions faites par M. de Thugut au nom de Fimpéra-

trice-teine.

Ces propositions consistent dans une alternative, dont la première partie porte: que S. M. l'impératrice-reine voudrait restituer tout ce qu'elle a fait occuper en Bavière et dans le Haut-Palatinat, et délier l'électeur palatin de la conventioA du 3 janvier, sous la condition que le roi de Prusse s'enga^ de ne pas réunir les deux margraviats de Bareuth et d'ÂBspach à la primog'éniture de sa maison aussi longtemps qu'Q j existerait des princes puinés, ainsi qu'il était statné dans la sanction prag'matique de la maison de Brandeiontgj qui étant confirmée par l'empereur et l'Empire, avait obtenu force de loi publique.

Cette proposition est inadmissible, par les raisons qui ont d<yà souvent été alléguées et détaillées dans les conférences de Berlin. La succession aux margraviats d'Anspach et de Bareuth appartient incontestablement à la maison de Brandebourg seule; il n'appartient qu'à cette maison seule de régler l'ordre de la succession, et cet ordre a été réglé par le consentement unanime de tous les membres de la susdite maison. La prétendue sanction pragmatique n'est autre chose que le testament de l'électeur Albert I, qui a été fait par cet électeur et a été confirmé à sa demande par l'empereur Frédéric III. Il a donc aussi pu être changé et a été changé par ses successeurs, du consentement unanime des membres de la maison de Brandebourg. La confirmation

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impériale, qai n'est qu'âne formalité ordinaire, ne saurait avoir force qu'en faveur des parties intéressées, qui sont les seuls princes de Brandebourgs, et qui j ont renoncé. Elle ne saurait être réclamée par un autre état de l'Empire non intéressé à cet ordre de succession, qui par la même raison n'a aussi aucun droit d'j intervenir, ni d'en dispenser. On peut dire la même chose de l'Empire, dont la concurrence à la susdite confirmation de Frédéric III ne consiste que dans le simple énoncé de cette confirmation, qu'elle avait été faite du consentement de l'Empire. Par toutes ces raisons , S. M. le roi de Prusse ne saurait jamais admettre aucune parité ni compensation entre l'ordre réglé de la succession incontestable de sa maison aux margraviats d'Anspach et de Bareuth, et la prétention non fondée de la maison d'Autriche sur la succession de Bavière, qui n'appartient qu'à la maison palatine, comme on a prouvé l'un et l'autre point de la manière la plus évidente. L'équité ne permet pas d'attribuer le refus de la susdite proposition au désir d'un agrandissement injuste et dangereux pour les voisins. Le roi a donné des preuves assez convaincantes de son désintéressement dans tout le cours de la négociation précédente, en n'insistant que sur les intérêts de ses alliés, sans chercher aucun avantage particulier. S. M. est d'ailleurs trop persuadée des hautes lumières et des sentiments élevés de S. M. Timpératrice-reine, pour pouvoir s'imaginer que cette auguste princesse veuille envier et contester d'avance à la maison de Brandebourg une succession légiUme, mais incertaine et éloignée, ni qu'elle puisse y attacher le maintien de sa dîgirfté, de sa considération politique, et de l'équilibre en Allemagne. L'observation par laquelle on finit la première proposition, serait bonne et conforme à la justice et aux intentions du roi, si l'arrangement proposé pouvait être concilié avec les droits incontestables de la maison de Brandebourg. Cet arrangement est aussi éurmcé éCuné manière^ que sHl pouvait en être question^ il resterait encore doîUeux si smis le nom des parties intéressées la cour de Vienne

CAUSE TROISIIBMIS. (1778.) 305

ne voudrait pas revenir à ses prétentions et les faire valoir d'une autre manière également préjudiciable.

Le second membre de ralternatÎTe proposée par M. de Thogpat se réduit à on noarel arrangement, selon lequel l'impératrice -reine voudrait acquérir la partie de la Bavière et du Haut-Palatinat qui est exprimée dans le second article des susdites propositions. On n'a qu'à comparer avec la carte géographique de Bavière la démarcation énoncée dans cet article, pour voir d'un coup d'oeil combien cette acquisition serait immense et dangereuse pour tout l'Empire, et combien l'arrangement proposé serait préjudiciable à la maison palatine, et anéantirait toute son existence politique. La cour de Vienne couperait la Bavière par une ligne transrersale depuis le Tyrol jusqu'à la Bohême, elle obtiendrait BOfi-seolement toute la Basse -Bavière, sur laquelle elle forme des prétentions, mais aussi une grande partie de la Haute -Bavière, sur laquelle elle n'en a formé aucune jusqu'ici; elle emporterait si non la partie la plus grande de la Bavière et du Haut-Palatinat, du moins la plus fertile, la plus riche et la plus peuplée, contenant les rivières du Danube, de l'Iser, de l'Inn et de la Salza, avec les riches salines de Reichenhall, et elle ne laisserait à la maison palatine que la partie la plus mauvaise de ces deux duchés, qui ne consiste qu'en bois et en sable, qui ne peut se soutenir sans le secours de l'autre partie, et en serait toujours dépendante, et qui resterait pourtant chargée d'un fardeau immense de dettes. La partie de la Bavière dont on demande la cession, et dont le prix principal consiste dans la contiguïté et les qualités intrinsèques, ne saurait jamais être compensée par des équivalents éloignés, éparpillés, et d'une qualité fort inférieure à tous égards. En général toute la méthode proposée d'acquérir la partie de la Bavière qu'on demande, et surtout l'excédent de la prétention autrichienne par une évaluation en revenus et par des équivalents, est aussi nouvelle que préjudiciable par ses conséquences. D'abord la caor de Vienne n'a aucun droit fondé sur aucune partie de I. 20

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la Bavière; si elle en aTait, elle l'aarait sar une pai'tie déterminée de pays^ mais non sur un million de revenus. Si dans les pourparlers de la négociation précédente il a été question d'un certain revenu, on n'a pas songé d'accorder à la cour de Vienne un préciput; mais on a toujours oiTert des territoires déterminés, et on a demandé des équivalents en territoires déterminés^ en admettant pour le bien de la paix des équivalents moindres que les pajs cédés, et en supposant ainsi que la cour de Vienne gagnerait par là le préciput de revenus qu'elle a en vue. Pour sentir de quelle dangereuse conséquence serait pour la maison palatine l'évaluation des pays à céder par des revenus actuels, on n'a qu'à considérer que la Bavière est jusqu'ici notoirement le pays le plus mal administré de toute l'Allemagne, de sorte qn'un districte qui rapporte à présent un million de revenus, en rapporterait bientôt le double et le triple à la cour de Vienne, et la maison palatine j perdrait ce que la maison d'Autricbe y gagnerait.

Si l'on voulait aussi renvoyer l'évaluation et l'écbange en question à une commission à établir entre les commissaires de l'impératrice-reine , de l'électeur palatin et du duc de Deux-Ponts, le sort de la maison palatine, et surtout celui du duc de Deux-Ponts, serait exposé à des événements éloignés et incertains, dont on sent aisément les suites sans les détailler ici, et le roi perdrait par là tout le but de son intervention.

Le même renvoi de l'arrangement général de la succession de Bavière, ne permettrait pas d'arranger dans la négociation présente la satisfaction de l'électeur de Saxe, que M. de Thugut a proposé dans le quatrième article, et en général l'arrangement qu'il vient de proposer, mettrait la maison palatine entièrement bors d'état de contribuer à la satisfaction de celle de Saxe.

Quand on voudra peser avec équité et sans préventiontoutes les considérations qu'on vient d'alléguer en préds, on ne saurait trouver étrange que S. M. ne puisse pas don-

wkti les mains à ces propositions, et à nn arrangement qai démembrerait d'one manière énorme Pimportant daché de Ba- ^ère; qui anéantirait presque la maison palatine, et la pri- ^verait de la plas grande et de la plus précieuse partie de son patrimoine incontestable; arrangement auquel par ces raisons le duc de Deux-Ponts ne consentirait jamais, comme il Fa déclaré positivement; qui enlèverait les moyens de procurer à la maison de Saxe une satisfaction raisonnable sur ses prétentions allodiales ; qui procurerait à la maison d'Autriche sans aucun titre valable un agrandissement exorbitant, qui renverserait ainsi tout l'équilibre du pouvoir en Allemagne; qui aifecterait par ses conséquences la liberté et la silreté de tout FEmpire et de son système, et par ses suites aussi celle du roi; et serait par là et à tous égards directement contraire à la dignité et aux intérêts les plus essentiels de S. M., ainsi qu'aux engagements qu'elle a pris, et au but qu'elle s'est proposé en intervenant dans l'aiTaire de Bavière.

Le roi rend justice aux sentiments de S. M. l'impératrice-reine, et il est persuadé que ses dispositions pour la conservation de la paix sont aussi pures et aussi sincères qne les siennes; mais S. M. regrette que les propositions in'on a faites en son nom ne répondent pas à un but si salutaire.

Dans la précédente négociation le roi a offert pour le bien de la paix, de s'employer à procurer à S. M. l'impératrice-reine, par un arrangement général de la succession liavaroise, la cession de deux districts de la Bavière considérables et avantageusement situés pour arrondir la Boliéme et l'Autriche, contre des équivalents en pays trèsmédiocres.* Dans la présente négociation S. M. a fait offrir un de ces districts contre un équivalent très -peu considérable en argent et en cession de droits de nulle valeur, sans exiger qu'il 9éi donné en pays; et elle croit avoir donné par là des preuves éclatantes de la plus grande modération, et de son désir sincère de complaire à LL. MM.

II., et de coniribaer à leur satisfaction; mais comme toutes ces propositions n'ont pas été acceptées, S. M. ne saurait s'empêcher de s'en dédire et d'attendre qu'un chang'ement de principes amène une nég-ociation plus heureuse et plus efficace.

N^- XXX

Note du balcon de Thugut, adressée aux ministres de S. M. Prussienne, après avoir reçu la réponse cidessus; du 15 août 1778.

Le baron de Thu^t est sensiblement affligée de ce que la rupture dont la présente négociation à peine commencée est menacée, parait éloigner de nouveau la fin si désirable des malheurs qu'a entraînés la mésintelligence survenue entre les deux cours. Pour ne laisser rien manquer du côté de son zèle, et pour constater la droiture des désirs pacifiques de l'impératrice -reine, il a l'honneur de déclarer d'après les intentions que S. M. lui a confiées, que le but principal de S. susdite M., dans les limites qui ont été proposées pour la cession et respectivement échange en Bavière^ n'a point été une vue d'agrandissement, mais plutôt celle d'une communication et d'une liaison convenable entre ses différents états, laquelle d'ailleurs paraissait pouvoir être obtenue sans préjudice de la maison palatine, au moyen de la compensation exacte et fidèle qui a été offerte de tout ce qui surpasserait un revenu d'un million de florins ; qu'en conséquence de cela, si pour la cession et respectivement l'échange en Bavière, un projet de limites comme celui qui se troure marqué sur la carte ci -jointe, est jugé acceptable, il poursuivra avec plaisir la négociation sur le pied de l'évaluation proposée, et si une telle évaluation, 'malgré la facilité et l'exactitude qui semble devoir en résoÉlv pour les compensations, est absolument jugée inadmissible, il écrira à Vienne pour demander des ordres, et pour être autorisé sur des

ëqaiTalents qu'on pourra offrir d'après le principe dont la coar de Berlin jusqu'à présent est convenue elle-même, qp'll est juste qu'il revienne à S. M. l'impératrice -reine un avantage raisonnable de ses droits sur la succession de Bavière et de sa convention avec l'électeur palatin. Braunau, le 15 août 1778.

Encore dans la même Journée les ministres du roi adressèrent la réponse suivante à M. de Thugut.

N« XXXI

Réponse des ministres de S. M. Pt^nssienne à la note du baron de Thugut; du IS août 1778.

Le ministère du roi a examiné avec le zèle le plus siflcère, pour le rétablissement de la bonne intellig'ence entre les deux cours, la note que M. le baron de Thug^ut vient de lui remettre, après avoir reçu la réponse de S. M. aux nouvelles propositions de S. M. l'impératrice -reine. Il refçttiit de ne trouver rien dans cette note qui puisse apporter un changement à la réponse susdite. Quoique l'étendue du territoire qu'on j demande, soit moindre que celle des propositions précédentes, elle embrasse toujours une partie du Danube, tout le courant des rivières de l'Inn et de la Salza, la moitié du district de Straubing et tout le district f^De et considérable de Burghausen, avec les salines de ReicbenbaU, qui sont absolument nécessaires à la Bavière, et trop importantes pour pouvoir être compensées par quelque objet que ce soit.

L'évaluation des territoires de Bavière d'après les revenus présents ne saurait jamsds avoir lieu, sans tourner à un profit exorbitant de la maison d'Autriche, et à une perte

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trop grande de la maison palatine, par les raisons qu'on a déjà allëgnées, que ces pajs administrés an pins mal josqa*id, produiraient à une meilleure administration en pea de temps nn surplus trop ^and pour pouvoir serrir à ëraluer le prix du pajs même, et à le {proportionner au prix d'un autre pays dont les revenus ont été poussés au de^é dont il est susceptible.

Le principe supposé: que S. M. l'impératrice -reine doit, par une suite de ses droits sur la succession de Bavière et de sa convention avec Télecteur palatin, prélever un million de revenus sur l'échange en question, est une supposition que la cour de Berlin n'a jamais reconnue et ne pourra jamais admettre, non plus qu'une reconnaissance des droits de la maison d'Autriche sur la Bavière. On a fait voir dans la réponse précédente, qu'on mettait Parvantage de S. M. l'impératrice -reine dans la qualité intrinsèque des pajs qu'elle obtiendrait par l'échange, sans compter que l'avantage qui résulte de la contigaité et de l'arrondissement, est déjà assez grand. Si le million de florins devait être prélevé de la portion de la Bavière diminuée qu'on demande dans la dernière note, surtout si efle était évaluée selon le revenu présent, l!équivalent de la maison palatine serait tellement diminué, qu'il serait réduit à peu dé chose.

Enfin tout renvoi des échanges à faire et en général de l'arrangement final de la succession de Bavière sans la concurrence du roi, est contraire au but que S. M. s'est proposé dans son intervention, et à celui d'un acconimodenent stable et solide, qu'on doit supposer aux deux cours.

Quand on réunit toutes ces considérations, on trouvera que les mêmes obstacles qui ont rendu inadmissibles les précédentes propositions de la cour de Vienne, s'opposent aussi au nouveau projet de M. le baron de Thugut. S. M. l'Impératrice.-reine obtiendrait toujours par cet arrangement, non une simple ligne de communication entre ses états, laquelle subsiste déjà assez indépendamment de cette acquis!-

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tion, mais plutôt an agrandissement trop considérable , gratuit et dépoanru de titres. On ne saurait donc que se référer à la première réponse qui a été donnée ce matin à M. le baron de Thugut^.et attendre qu'un changement de principes amène des circonstances plus favorables pour le succès d'une négociation future.

Brannau, le 15 aodt 1778.

FlKKKNSTEIN. HbBTZBEBG.

Les conférences étant ainsi rompues le 13 août 1778, M. de Thugut, ainsi que les ministres prussiens s^en retournèrent à Vienne et à Berlin (^). Ce ne jfut qu^au mois de décembre de la même année, que les négociations furent reprises à Breslau, sous la médiation de la Russie et de la France.

L^impératrice Catherine II pour donner du poids à sa médiation (^) , fit marcher sur les frontières de la Galicie, un corps de troupes commandé par Nicolas Wasiliewitsch , prince de Repnin. Le 20 décem- I^re, ce général déploya le caractère 4e ministre plénipotentiaire, et la veille, la cour de Saint-Péters-

(1) Dès le commencement de la guerre, la cour de Berlin fit pa- ^l^dr nn exposé de cette négociation infructueuse , sous le titre de : ^^^araiion ultérieure de S. M, le roi' de Prusse aux hauts eoétats ^^ VEmpire^ concernant les procédés contraires à la justice et à la Palor publique de S. M. V impératrice-reine de Hongrie et de Bohême ** ^'égard de la succession de Bavière» Avec quelques pièces annexés, ^^riin, au mois d'octobre Ï778.

(2) Catherine II était mécontente de la cour de Vienne, qui Fa-

"^ait contrariée dans ses démêlés avec la Porte , tandis que le roi de

^^Usse avidt puissamment contribué à les faire terminer, à la satis-

^^tion de l'impératrice^ en engageant le ministre de France à con-

B^îller au divan de faire un arrangement avec elle.

bourg fit remettre à celle de Vienne nne déclaration sur les motifs de sa conduite.

Peu avant la remise de cette note, Timpératrice Marie-Thérèse elle-même avait réclamé la médiation de la France et de la Russie. Frédéric II communiqua confidentiellement à la cour de Versailles un plan de pacification, que cette cour transmit comme son ouvrage au cabinet de Vienne, qui Tagréa également. On indiqua alors un congrès à Teschen, dans la Silésie autrichienne, dont Fouverture se fit le 14 mars 1779, pour y mettre la dernière main à la conclusion du traité. H fut signé le 13 mai 1779, anniversaire de la naissance de Marie - Thérèse ; et la paix, publiée à Berlin, le 22, et à Vienne le 24 du même mois, après quoi les armées se retirèrent (^)«

C^est ainsi que se termina une guerre qui eut ceci de particulier, que la maison palatine, pour les intérêts^é laquelle elle avait été entreprise, n^j prit aucune part; que la Bavière, qui était le pays contesté, n^y fut point enveloppée; et que tout Pavan-

(l) Trois traités principaux, qui étaient censés n'en faire qaMn, furent signés à Teschen, savoir: 1) Le traité de paix entre Fimpératrice-reine et le rui de Prusse, dans lequel fut compris l'électeur de Saxe. — 2) Une convention entre Timpératrice-reine et l'électeur palatin, qui règle le différend sur la succession de la Bavière, et dans laquelle est compris le duc de Deux-Ponts. — 3) Une convention entre l'électeur palatin et l'électeur de Saxe, relative à la succession allodiale que l'électeur de Saxe avait réclamée. — Les deux puissances médiatrices se chargèrent de la garantie du traité ainsi que de toutes les conventions et stipulations qtu en faisaient partie. — Voyez le texte du traité, dans le Recueil des trtUtés, etc. de Martens. nouv. édit. T. IIJ, p, €€ï.

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ta^e de la paix fut pour Pélecteur Charles-Théodore, contre le gré duquel la guerre avait été faite.

Ainsi que nous Pavons indiqué à la p. 218, nous faisont suivre ici un abrégé de la négociation secrète dont 9 à Poccasion de cette mémorable discussion, le comte de Goertz fut chargé par le roi de Prusse.

Négociation secrète du comte de OoertfnQ).

Comme il a été dit plus haut, Frédéric II reçut la nouvelle de la mort de Télecteur de Bavière Maxinrïlîen - Joseph , le 3 janvier 1778. Sentant la nécessité de trouver une personne qui put sans éclat se présenter à Manheim et à Deux-Ponts , pour lui procurer des notions justes sur les sentiments d(^, princes de cette maison, et Tinstruire, s^ils souiiiii|^raient leurs droits à Fhéritage de Télecteur, ou si au contraire ils s^étaient peut-être liés les mains par des conventions sur lesquelles le roi n^avait pu obtenir encore ^ue des renseignements peu exactes, et si, enfin il j dViut moyen de porter Fun ou Tautre de ces princes, ^ protester contre toute infraction à leurs droits, et à téclamer Tassistance de TEmpire ; le roi jeta les yeux sur le comte Eustache de Goertz , qui , retiré des affaires, s^était établi depuis plusieurs années à Wei-

(1) Extrait de l'ourrage publié par le comte de Goertz, sous le titre de Mémoire historique de la négociation en Ï77S, pour la succession de la Bavière. Francfort 1812.

mar Q). Le roi se trouvant à cette époque à Berlin fit appeler secrètement de Potsdam le comte de Goertz général à son service ^ et frère du comte Eustache avec Tordre de se rendre la nuit- même encore auprès de lui. — S. M., s^ouvrit au général sur sei intentions, et rengagea à faire à son frère la proposition de cette commission. Le général, sentant dans quel embarras une proposition si inattendue dWe commission tant épineuse et aussi importante pouvait jeter son frère, répondit, que quoiquUI connût rattachement de son frère pour S. M., et son désir d( le lui prouver par des services, il lui demandidt h permission de porter lui-même les ordres de S. M. f Weimar, afin de s^assurer que son frère ne balanceâ point, et ne perdit pas de temps à les exécuter. L< roi applaudit à cette idée, et lui envoya dès le lendemj>faMm aperçu par écrit, de ses projets, pour porter ^cHj^te diligence à son frère, cette pièce qui devait lui servir d^instruction. Munis de cette pièce, écrite en entier de la main propre de S. M., mdc sans être signée, le général quitta Berlin, et arrivn le 8 janvier à Weimar. — Voici cette espèce d^nstruction que reçut le comte de Goertz, et qui lui fii

(1) Quoique Frédéric II ne connut d'abord le comte de Goerta que très - superficiellement , et lorsque celui-ci était encore gouverneur des princes de Saxe-V^eimar, celui-ci sut cependant tellement inspirer de la confiance au roi que S. M. n'hésita point à le chargei de cette mission délicate et épineuse. Le comte d'ailleurs n'étant point, et n'ayant jamais été avant cette époque, au service du roi cette mission secrète pouvait se faire sans donner le moindre om* brage.

CAUSE TBOISIIBME. (1778.) 315

connattre nne partie des idées du roi, 0t les points que S* M. voulait avoir éclaircis sans être compromise.

Twtstructions données par le roi de Pî*iisse au comte de

Goei'tz.

(Sur feuille volante.)

Va la mort de l'électeur de Bavière, on désirerait de savoir dans quelles dispositions se trouve la cour palatine; ft^entend si elle est convenue avec TAutriche sur Iq partage de la Bavière, on si elle compte prendre d'antres mesures. '*ai un traité qu'on prétend authentique qui doit être si^ë de la cour palatine et garanti par la France, en faveur de la cession des Deux -Ponts à cette couronne, mais il sen facile de juger de l'authenticité de la chose, par la conte^ i^nce paisible ou inquiète de la cofir palatine. Si cette cour ^t le duc des Deux -Ponts étaient gagnés par l'Autriche, 11 ^'este à savoir si le second prince de Deux-Poi^|y|tOa le prmce de Birkenfeld ne pourrait pas en être asMHpécontent pour protester contre cet accommodement, oiTTBclamer l^assistance de l'empire romain, en provoquant sur d'anciens pactes de la Bavière et des palatins relatifs à la succession de ces provinces, signés l'année 1348, ou si ces gens sont si faibles qu'il n'y ait aucune partie à en pouvoir tirer; ces . éclaircissements sont de la dernière importance dans la conjoncture actuelle, et peuvent procurer toutes les lumières nécessaires dans cette situation délicate où se trouve le saint -emph*e romain, et l'on aurait comme de raisoB de grandes obligations à celui qui pourrait débrouiller cette fttsëe.

Le général de Goertz sut si bien combattre les objections que lui fit son frère, que ce dernier, s^étant persuadé par tout ce que le général lui disait

de positif sur la détermination bien décidée du roi, de ne point vouloir souffrir le démembrement de la Bavière, se décida d^antant plus à accepter la mission, quHl conçut Tespoir de pouvoir peut - être servir dMnstrument à prévenir de grands malheurs. Dès le lendemain, 9 janvier, il annonça devoir faire un prochain voyage, prétextant que son frère étant venu pour s^entendre avec lui sur des affaires de famille et sur des procès quMls avaient au tribunal de FEmpire (Reichàhmmmergerichi)^ Pavait décidé à partir promptement pour Wetzlar. Le comte de Goertz se mit en conséquence le 12 au soir en route, en chargeant son frère, qui retourna la même nuit à Potsdam, de la lifttre ci-après pour le roi:

comte de Goertz^ adressée à S. M. le roi de Prusse; du 10 janvier 177S.

W^eimar, le 10 janTÎer 1778.

Sirel

Mon frère m'a remis les ordres de Y. M., je les exécutera! avec la plus respectueuse soumission. Le plus ardent désir de mon âme a été depuis long'temps, de pouvoir vous prouver, sire, toute l'étendue de mon zèle et de mon dévo&ement. Heureux, si les circonstances si intéressantes peuvent m'en fournir l'occasion.

Je pars ce soir, sire, , et comme j'ai reçu la nouvelle que l'électeur s'est rendu dans ses nouveaux états, j'ai cru ne pouvoir mieux remplir les vues de Y. M., qu'en allant à jHunicb. D'après l'extrait ci-joint de ce que m'écrit un homme instruit de ces environs, d'après la nouvelle que des

troupes autrichiennes sont déjà entrées en Bavière, et la patente qae l'électeur palatin a fait publier, je préfère la route par le coeur de la Franconie, afin que, si Pélecteur ne trouvait pas à propos de poursuivre sa route pour la Bavière, je puisse prendre mes mesures en conséquence. Je ne connais que peu de personnes à Munich. Ce que je connais de la cour palatine, à commencer par Télecteur et tout ce qui l'entoure, est à la vérité, d'un caractère trèsfaible. Le duc de Deux -Ponts doit avoir de l'énerg-ie, mais passe pour être farouche et de difficile accès* Le prince Maximilien de Deux -Ponts doit être intéressant, et joindre du nerf à une grande élévation d'âme, niaif 11 est ào service de France. Les Bkkenfeld n'annoncent pas une grande ressource; le père est fort vieux, le fils aîné est ao service d'Autriche, et le cadet, le prince Guillaume, ai service palatin. Malg-ré cela, sire, je doute qu'on souor crive, au moins sans se plaindre, aux dures conditions que 1a cour de Vienne voudra imposer. Mon frère remettra le <^hiiFre entre les mains de Y. M. et lui rendra de bouche ^es précautions que nous avons cru devoir prendre, pour la <^oiirespondance. ' '1^ .

Je suis, etc. etc. etc.

Comme il fallait trouver une personne par Tentreii^ise de laquelle^ la correspondance qui devait s^éta- Mîr entre le roi et le comte de Goertz, put être voi- '^e , le choix de M. de Goertz tomba sur un ncgo- ^^stnt^ nommé Streiber, d^Eisenach, homme intelligent, H^tègre et discret. S'étant entendu avec lui sur Tobj^t de la correspondance, M. de Goertz prit la route ^^Ts Wurzbourg, où il s'attendait à recueillir quelques notions importantes. Aussi y rencontra-t-il d'an- <^iennes connaissances^ et même des amis intimes, dont tout en leur cachant le motif de son voyage , il re-

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cueillit assez de données pour en faire un rapport au roi (le 14 Janvier), dans lequel il manda à S. M.:

,,Que, diaprés les nouvelles quMl avait pu re- ^^cueillir, il paraissait que la cour palatine n^avait ^^point encore pris aucun engagement avec la cour de ^^Yienne au sujet de cette succession 5 que Ton sa- ,,vait qu^aussitôt le décès de Télecteur de Bavière, ,,le ministre de cette cour avait proclamé successeur, ,,rél6étenr Charles-Théodore, lui avait fait prêter hom- ,^mage et publier des patentes en sous nom 5 que Fé- ,,lecteur s^était rendu en toute diligence dans ses nou- „veaux états; qu^un de ses amis qui se trouvait à „Manheim, au moment du décès de Pélecteur, Tasy^^surait, qu^il y avait eu une grande consternation: ,,que Ton avait les nouvelles les plus positives qu^un ,,corps de 20,000 Autrichiens avait ordre de pénétrer ,,en fi|j|yière, et devait déjà y être entré 5 que le mi- ,,nist^^6 France près Télecteur palatin, M. Odune, ,,était resté' à Manheim, et n^avait pu se déterminer ,,à suivre Félecteur, tandis que le baron de Lehrbach, ,,ministre impérial, ne s^étant point trouvé à Manheim ,,lors du «fépart de S. A. E. de cette ville, Pavait „suivi en toute diligence à Munich, aussitôt que la „nouvelle lui en était parvenue/^

Le comte de Goertz comprenant que des arguments soutenus de 20,000 hommes, remporteraient infailliblement, et intimideraient un prince reconnu d^un caractère aussi faible qu^était celui du nouvel électeur, représenta Hu roi que, pour pouvoir inspirer de la confiance, il serait urgent que S. M. le munit d^une lettre de créance, qui le revêtit d^un caractère officiel, afin

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de pouvoir en son nom parler au mcince et i ses ministres. Après avoir expédié son rapport au roi, M. de Goertz partit pour Nuremberg, où il ne recueillit d^autres nouvelles positives que celle de la marche des troupes autrichiennes et de la consternation générale. On y avait débité la fausse nouvelle, que Télecteur s^était déjà retiré de Munich à Neubourg. M. de Goertz manda donc au roi, ^^quMl se rendrait à Ratisbonne, ^poar voir, s^il pouvait approfondir avec plus de cer- ^^titude le véritable état des affaires , et quMl y atten- ,,drait ses ordres.^^ Il y arriva le 16 Janvier, mais ne tarda pas à s^apercevoir que Ton était dans la pltts profonde ignorance, tant sur ce qui se passait à Munich, que sur les véritables intentions de la cour de Vienne 5 ce qui rengagea d^en écrire au roi et d^instruire S. M. quMl allait se rendre de suite à Munich, où il sollicitait le roi de vouloir bien lui faire parvenir ses lettres de créance.

Arrivé à Munich avec son compagnon de voyage, le comte de Loeben, frère du ministre électoral de Saxe à la diète , M. de Goertz se fit présenter le même jour à rélecteur, qui lui parut très-embarrassé et trèsinquiet. Une consternation générale s^était emparée de tous les esprits à rapproche des troupes autri- <^biennes , et on n^en parlait qu^avec désolation. M. de Goertz apprit en outre avec certitude, que feu l'électeur avait fait un pacte de famille et un testament à l^insu de ses ministres, à Texception du chancelier M. Kreitmeyer et du conseiller Obermeyer; que Télocteur palatin y avait concouru sans la participation ^6 son ministère , hors le baron de Zedlitz 5 que Fâme

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de toute cette négociation avait été la duchesse Clémentine de Bavière; que le pacte de co-possession de Fan 1774 j diaprés lequel les patentes pour la prise de possession^ publiées d^abord après la mort de Maximilieu - Joseph , avait été fait de la même manière; que tout cela avait été traité entre les deux électeurs sans que ni la cour de Vienne, ni celle de France en eussent eu la moindre connaissance; que la mort avait surpris ce prince, et que son intention avait été de faire garantir ces pactes par quelques puissances étrangères. Le comte de Goertz s^assura encore, que déjà dès Tannée 1775, la cour palatine, et surtout Télecteur avaient négocié à la cour de Vienne un accommodement au sujet de cette succession; que cette négociation avait été dirigée par M. de Beckers, ministre de S. A. E., mort depuis quelques mois, et M. de Ritter, envoyé palatin à la cour de Vienne, et que Ton supposait à Munich, que ce dernier avait signé un arrangement, sans y être autorisé par son maître (^). Les troupes autrichiennes avançaient pendant ce temps-là en Bavière, sans que Ton sut pour quel motif, ni à quel titre. Les deux ministres impériaux, le comte de Hartig, accrédité près Télecteur défunt, et le baron de Lehrbach, accrédité près le nouvel électeur, se bornaient à assurer, que les prétentions de

(1) D^autres soupçonnaient Télecteur capable d'aycir déjà donné des pleins pouvoirs illimités à ce ministre, tout dévoué à la cour de Vienne, pour signer telles conditions qu'il pourrait obtenir; et que l'on n'avait encore que des idées erronées et très-vagues, tant sur le principe et le titre sur lesquels la cour de Vienne fonderait ses prétentions, ainsi que sur les territoires sur lesquels elle ferait des réclamations.

leur cour se régleraient plutôt d^apcè^ la modération de MAj. mm. n. et RR., et sur Téloigneml^nt qu^elles avaient de voir diminuer les possessions d^un état de TEmpire, ^ue ftur leurs droits, qui s^étendraient bien au delà. J)a reste, le comte de Goertz, diaprés les renseignements qui lui étaient parvenus de plusieurs côtés, était ibndé à croire que Ton n^avait point fait encore de €lémarche pour s^assurer du consentement du duc de J)eax-Ponts, «n qualité d^héritier présomptif, ni de celai des autres princes de la maison palatine. D^un JHitre côté, les ouvertures que M. de Barbës-Marbois, chargé d^affaires de France près la cour électorale, lui £t en suite des liaisons entérieures que M. de Goertz entretenait avec ce diplomate, durent le persuader que le cabinet de Versailles n^était nullement d^accord avec la cour de Vienne sur les démarches présentes, ni sur le démembrement de la Bavière, qu^il regardait tout au contraire, comme très-opposé aux intérêts de la France.

Les propos du ministre impérial, aussi bien que Timyossibilité de pouvoir sans être avoué publiquement, agir «iScacement et s^ouvrir avec quelque espoir de succès, décidèrent le comte de Goertz à quitter Munich, et à j*etounier à Ratisbonne avec ces notions, pour en faire ;part au roi, et surtout pour mander à S. M. que, dans ^accablement où il avait tout trouvé, il avait pu reamarquer, que Ton mettait seul encore son espoir en S. M., qui était regardée comme étant le seul prince ^oi pût sauver encore ce pays du malheureux sort qui le menaçait. Le comte, après s^être rendu le 20 au matin à Taudience de Télecteur, et pris congé de S. I. 21

A« E. se rendit A Batisbonne, où à peine arrivé, il apprit que la coui^ impériale avait ratifié et échangé le 15 Janvier, une convention avec Télecteur, par laquelle Taffaire de la succession de Bavière avart été arrangée à Tamiable. H se hâta donc d^expédier de suite une estafette à son correspondant à Eisenach, pour annoncer au roi cette importante nouvelle.

Dans son rapport au roi, M. de Goertz désignait d^une manière générale les limites connues du pays cédé par cette convention, déjà signée le 3 janvier, entre le ministre palatin près la cour de Vienne, vendu & elle, et M. de Ritter, avant d^ avoir été autorisé, et que rélecteur avait eu la faiblesse de ratifier le 15 du même mois. Il toucha en même temps Tarticle de la Saxe, et fit connaître à S. M. que cette cour, ne se voyant point écoutée sur les prétentions qu^eUe s^eflbrçait de faire valoir sur les biens allodiaux, il serait facile de rengager à mettre opposition à cet arrangement. Il demanda enfin des ordres ultérieurs, et si diaprés cet événement, qui lui ôtait toute probabilité de succès près de Télecteur, il devait poursuivre sa route et aller trouver le duc de Deux-Ponts.

Dans une seconde dépêche adressée au roi, M. de Goertz manda à S. M.:

„Que non-seulement tous les ministres des cours ,,protestantes , mais même les ministres catholiques pa- ,,raissaient révoltés de cet événement, dont les suites ,,ne sauraient être que bien funestes à la liberté et & „la constitution de TAUemagne.^^

„I1 représenta surtout, que la Saxe devait en être „le plus allarmée, et conséquemment prendre le parti

CAUSB TROISIÈME. (1778.) 32S

jjtpie le roi avait désiré que prissent les princes pa- ^ ^latins; mais quMI serait essentiel pour Tinter et du roi, jjie prévenir les démarcbes de la cour de Vienne à ^^Dresde, de crainte que le sacrifice de quelques mil- ,,Uons^ ne gagnât V électeur ^

M. de Goertz crut devoir faire observer au roi dans ce rapport, qull y avait encore des points à discuter, et une probabilité d'en faire revenir Télectenr palatin , si on pouvait parvenir à lui faire quitter Mu- Bicli, & le ramener à Manbeim près de Télectrice, et à Téloigner des troupes autrichiennes , en lui faisant comprendre tout Todieux de sa convention. Il poursuivit mèike cette idéej et par les soins du ministre de Saxe, il se ménagea une entrevue secrète le 24 au soir, arec M. Brentano , ministre palatin. Le lendemain, il fit part au roi de cette démarche , en réponse , à un Ordre quMl en avait reçu, dans lequel ce monarque approuvait ce qu'il lui avait mandé par sa première lettre du 10, et par celle du 26, où il lui marquait: „Qae tout lui faisait présumer que Télecteur n'au- ^^rait peut-être pas encore ratifié la convention du dé- ^^membrement; et que pouvant et devant être choqué ^^des prétentions outrées de la cour de Vienne, il en ^ ^pourrait résulter la possibilité et les moyens de ^ ^rompre cette convention désavantageuse et équivoque; ^ ^qu'ainsi il s'était adressé à un homme sûr, qui, par ^^zèle patriotique, s'était chargé de faire parvenir di- ^^rectement à l'électeur l'assurance, que s'il voulait "^^revenir du pas qu'il avait fait, et réclamer à cet ef- ^^fet, ou l'intervention de l'Empire ou directement celle 9)du roi, il pouvait compter sur sa protection efficace,

324 CAUSE TROISliiME. (1778*)

^et que sans se nommer, il lui aviut fait insinuer ^^qu^il se trouvait & Ratisbomie quelqu^un de confiane ,,prét & entrer en négociation^ et disposé a se ren ,,en secret auprès de la personne de Télecteur, ou ^^s^aboucher en lieu tiers avec un de ses ministres.^^

Déjà le 25 janvier, M. Brentano avait rendu comi à rélecteur de toute Touverture que lui avait faite I comte de Goertz; et ce fut le 28, qu^il lui communiqua la réponse ostensible qu^il ven^t de recevoir, et qui portait:

,,QuMl devait charger Thomme de confiance qui lui ,,avait parlé au nom du roi de Prusse , de témoigner „à S. M« toute la reconnaissance dont Télecteur étaS ,,pénétré de Fouverture qu^il lui avait fait faire, et „ses regrets de ne pouvoir plus profiter de ses offres, ,,a7ant pris des engagements solennels avec Timpé- ,,ratrice-reiue , signé un accommodement, et faisaBt ,,sentir d'ailleurs, que les troupes autrichiennes oc- • »^7 „cupaient la moitié de son pays.'' ' s

Le comte de Goertz ne connaissant pas assex te *«» * caractère de duplicité et de faiblesse de cette cour^ '.^ prit cette dernière raison pour la meilleure et la plo^ décisive. Tout en rendant encore le même jour compt^^

au roi de cette réponse négative, il lui restait en

core de Tespoir de rendre cette démarche utile dani^^ la suite. Le même jour encore M. de Goertz reçu une dépêche chiffrée du roi, en réponse à celle qu'i lui avait adressée de Wûrtzbourg , par laquelle S. M. lui envoyait pour Télecteur palatin la lettre de créanc en forme, qu'il avait demandée, mais en lui enjoig nant de n'en faire usage qu'envers l'électeur même

et de caefaer autant que possible aux Autricbiens, qu^il avait quelque commission du roi , n^étant pas encore temps, comme S. M. s^exprimait, de se découvrir à eux. An bas de eette dépêche ^ le roi avait mis de sa propre nain les mots suivants: ^^Qu^on ne fane rien sans ïaveu de la France" (').

En attendant la réponse négative de Télecteur, qui était parvenue au comte de Goertz par le ministre palatin, M. Brentano, celui-ci ne pouvait d^autant moins faire usage de la lettre de créance qu^il venait de recevoir du roi, que S. M. avait ordonné que la commission restât un profond secret pour la cour de Vienne. D crut donc devoir attendre les ordres ultérieurs du roi, en réponse au rapport qu^il avait envoyé à S. M. pour Tinstruire de Texistence de la convention.

(1) Cet ordre positif, parut à M. dfs Goertz n'avoir pu être donné par le roi, qu'avec la certitude que S. M. devait avoir des dispositions favorables de la cour de France, et que d'après des assurances positives qu'il en aurait reçues. — Quelque était le motif du roi, dit le comte de Goertz dans son mémoire, eu «joutant ces mots significatifs en clair à 'sa dépêche chiffrée, s'U a'eut lieu que par hasard, comme cela est le plus vraisemblable, ils n'ont pas peu contribué au succès de la négociation. Il en fit usage envers les ministres du duc de Deux-Ponts, pour leur faire «ntreroir que le roi s'était entendu avec la France, et que cette «îrconstance seule devait être une garantie pour le duc, que S. M. n'avait aucune vue particulière d'intérêt, en offrant son appui et sa protection à la maison palatine. Vis-à-vis des ministres de France même, tant à Munich qu'à Manheim, ces peu de mots écrits et signés de la main du roi, ne pouvaient que leur paraître une preuve d'un concert établi entre ces deux cours: et ces ministres n'étant au fait ^e rien, croyaient prévenir les intentions de la cour de Versailles, «n travaillant avec intelligence et ardeur à la réussite de la négociation du ministre prussien.

Les ministres impériaux de leur côté, afin d^in timider encore plus les esprits, répandirent partout qu tout se faisait d^accord avec la cour de Berlin, et qu^ même le baron de Riedesel^ ministre de Prusse ^ Vienne, avait eu ordre de féliciter l'empereur de eett^ acquisition (^).

Le 31 janvier, une estafette apporta les ordre^js suivants à M. de Goertz:

Lettre du roi de Pi'tisse^ adressée au comte de Goeî^tz,

M. le comte de Goertz ! Je n'ai que deux mots à répondre à votre lettre du 21. — Il est de la dernière Importance que voas alliez prendre une audience particulière de l'électeor pour lui remettre votre lettre de créance. Il ne vous sera pas difficile alors d'approfondir ses sentiments et ses arrang-ements, ou de voir au moins ce qui reste à faire pour les intérêts de l'Allemagne. Mais en cas que S. A. S. vous refusât, il faudrait vous adresser au duc de Deux -Ponts; pour apprendre si ce prince n'interposera pas de protestation contre tout ce qu'on vient de faire sans sa participation. On prétend au moins queia convention ne regarde que l'électeur seul, et que les intérêts des autres branches palatines y ont

(1) Dans un rapport que M. de Goertz adressa au roi le 30 janvier, pour rendre compte à S. M. de ces démarclies, crut, pour sa justification, devoir lui faire observer, que dès le lendemain du jour 011 la nouveUe de la mort de l'électeur était arrivée à Vienne, les troupes autrichiennes avaient eu ordre de se mettre en marche, et que les pleins pouvoirs de Félecteur palatin pour son ministre à cette cour, pour signer la convention, avaient été expédiés, le 10 janvier, le même jour où le comte avait pu se mettre en route pour se rendre auprès de ce prince; et que par conséquent il lui avait été de toute impossibilité de prévenir ce coup.

été entièrement nëg-llg-ës. D serait sans doate bien fâcheux, si TOUS trouviez partout des portes fermées. Je me repose entièrement sur votre prudence et savoir-faire. Sur ce, etc. etc. etc.

"< M« de Goertz jugeant diaprés cela quMl était de toute urgence de se rendre le plutôt possible près le doc de Deux-Ponts, sp décida de quitter sans délai Ratisbonne, après avoir toutefois dans un rapport au roi, expliqué les motifs de son départ, et communiqué à S. M. les notions intéressantes qui lui avaient été faites par le baron de Leyden, ministre 'bavarois, ainsi que la lettre quMl avait cru devoir adresser à la duchesse Clémentine de Bavière (^).

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