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Lettre du roi de Prttssey adressée aux États-Généraux des Provinces-Unies; du 29 février 1784, (Traduit de l'allemand.)
Nous Frédéric, par la ^ràce de Dieu, roi de Prusse, etc. à nos très-chers et bons amis, messeigneurs les Etats- Généraux des Provinces-Unies des Pajs-Bas salut.
L. H. P. se souviendront que le 20 Janvier de l'année dernière nous vous avons fait remettre par notre mivoyé extra^ ordinaire le baron de Thulemejer, un mémoire dans lequel nous vous avons prié de voulofar prendre enin des nM»sures
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énergiques poor faire cesser les persécntimis intolérables^ dont le stathouder prince d'Oran^ et de Nassau est l'objet, et de le maintenir au contraire dans la possession pal^Me des bautes fonctions et cbarges béréditaires qui lui ont été confiées adnsi qu'à son auguste madson. Dans une lettre que nous avons adressée aux états de la province de Hollande et de Westfrise du 13 Janvier de la même année, nous leur avons exprimé les mêmes désirs. Nous nous étions flattés que les représentations amicales et si bien intentionnées, seraient comprises dans le sens qui les avait dicté , qu'elles produiraient un salutaire effet, et qu'elles contribueraient à ramier la paix intérieure dans les Provinces-Unies de la république. — Nous apprenons, à notre grand regret par les délibérations publiques, que loin de là, diverses personnes Inqi^tes et ambitieuses ne cessent de continuer à persécuter le prince statbouder de la manière la plus odieuse, et à Foutrager dans sa personne comme dans ses fonctions et prérogatives. n est connu de tout le monde de quelle manière odieuse on l'attaque journellement dans des libelles publiquement imprimés; que ces écrits loin d'en obtenir la suppression ou la punition, par les autorités locales, jouissent de la protection de ces autorités , quoique ces libelles s'efforcent à les exciter et à leur faire oublier tout ce qu'elles doivent au prince stathouder. Comme il est notoire aussi que ceux qui osent parler ou écrire en faveur de ce prince, sont persécutés, maltraités, exilés et même punis. Personne n'ignore aussi qu'on s'efforce à dépouiller arbitrairement le statboudérat de ses prérogatives l'une après l'autre. Nous ne connaissons point i la vérité à fond la consUtution intérieure de la république, et nous ne voulons nullement la juger, bien moins encore la blâmer; mais comme toutefois il est notoire que les Etats-Généraux et par conséquent toute la république ont par arrêté du 4 mai 1747, investi le père du prince stathouder actuel pour lui et ses descendants mâles ou féminins de la chwge de statboudérat avec toutes les préro(gatives dont les stathouders précédents jouissaient, il mus parait donc hors de doute
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que les privilèges que le prince stathouder actuel et ses ancêtres ont réellement possédés et dont ceux qu'on lui dispute actuellement, font partie^ ne sauraient lui être ôtës, sans son consentement, et sans celui de toute la république, et nullement par l'autorité de quelques villes on provinces; d'autant plus que le prince stathouder, dont nous connaissons la pureté et la probité du caractère, n'a certainement, nous en avons la conviction, jamais abusé de ses privilèges. Quand mène il arriverait que l'un ou l'autre des ces privilèges fut mis en doute, il est de toute justice pourtant que des droits, possédés jusqu'à ce jour par S* A. le prince stadthouder, ne saonutent lui être ôtés de force, ou leur exécution suspendue, comme cela se pratique aujourd'hui; mais que l'on devrait lui en laisser l'exercice jusqu'au moment oà que le cas fut jugé et la discussion terpninée à l'uniable entre le prince stathouder et la partie de l'opposition, ou d'après les lois en vigueur par la constitution du pays.
Nous ne saurions nous imaginer que L. H« P. ni aucun membre bien ii^ntionné de la république pût avoir l'intention de supprimer entièrement le stathoudérat ou d'en limiter le pouvoir an point qu'il n'en resterait que le simulacre. Nous espérons an contraire que tout citoyen éclairé se rappellera avec reconnaissance, que c'est par le courage inébranlable et la rare sagesse, et par le sang m^e des illustres princes de la maison de Nassau et d'Orange, que la république a été fondée, que se sont eux qui l'ont sauvée des plus imminents dai^ers; et qu'enfin dans les temps mêmes où l'autorité du stathoudérat se trouvait supprimée, la république s'en était bien plus mal trouvée, et qu'après avoir porté par des troubles intérieurs au bord de l'abnne, on s'était toujours vu forcé à revenir au stathoudérat pour ne point succomber. Nous savons fort bien que le stathoudérat fut supprimée par fois par la crainte de voir la liberté publique compromise; mais sans examiner si de telles craintes étaient fondées ou non, elles ne peuvent plus exister aujourd'hui, ou une politique sage et réglée gouverne l'Europe et ou les
puissances entre elles surveillent leur indépendance et s'opposeraient de vive force à toute destruction d'une d'entre elles. Nous serions les premiers, si pareille chose existait contre la Hollande à nous j opposer de toutes nos forces; mais nous pouvons vous assurer aussi ëg'alement que le prince statlionder ni son plus proche héritier n'entreprendront jamais quoique ce soit contraire au bien-être de la république; bien-être qui est intimement lié aux leurs, et qu'ils ne soient au contraire envieux, de remplir leurs devoirs d'après les lumières et les vues de L. H. P. et de la république, dont ils ne s'éloigneront Jamais, et qu'ils seront prêts à en donner des preuves. Nous pouvons d'autant plus vous en donner l'assurance, que nous connaissons parfaitement les nobles sentiments et les prindpes du prince stathouder et de son auguste épouse, comme ceux qu'ils insphrent à leurs enfants, et que nous ne cessons de leur conseiller de baser tout leur bonheur et leur bien-être, sur la liberté, l'union et la prospérité de la république, comme surtout sur l'union la plus parfaite avec L. H* P. La situation politique de notre royaume vis-à-vis de la république nous dicte ces sentiments et ces conseils, et comme nous nous flattons que L. H. P. voudront bien s'en rapporter à nos lumières et notre longue expérience, nous espérons aussi que les représentations que nous venons de vous faire, ne seront envisagées par vous que comme une preuve de nos sentiments de bons voisins, et du vif intérêt que nous prennons au sort d'une maison princière alliée à nous, et nullement dans l'intention de vouloir nous mêler des affaires intérieures dé la république, ^u entraver" de quelque façon que ce soit la liberté si justement acquise et si bien établie. Comme tout ce que nous venons de vous dire, est parfaitement clair, et ne peut admettre de doute, nous prions instamment L. H. P. de tâcher de mettre fin aux troubles qui viennent d'éclater f et de prendre des mesures décisives pour fsdre supprimer les libelles audacieux et Caire punir leurs auteurs qui paraissent journellement contre le stathoudérat dnsii que contre- les deux partis qid ne ten-
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dent qù*à Irriter et aigrir les esprits 9 comme de notre côté nous ferons prendre les mêmes mesures dans nos provinces voisines de la république. Nous prions encore L. H. P. de vouloir mettre un terme aux persécutions et aux offenses personnelles qui se commettent contre la personne du prince stathouder et ses amis; de s'opposer aux innovations qui font naître les troubles et les factions; de tâcher à amener une réconciliation entre le prince stathouder, et les personnes qui lui sont opposées; de veiller à ce qu'on le maintienne dans la possession paisible de tous les droits et privilèges dont il a joui jusqu'à ce jour, qu'on ne l'en dépouille pas arbitrairement, mais qu'on lui rende au contraire ceux dont on Ta privé; et qu'enfin Ton s'arrange dorénavant à gouverner de concert avec lui en bonne harmonie et intelligence, ainsi que la constitution ancienne le demande. Nous sommes persuadés que, si tout cela se fait, que la paix et la prospérité de la république seront bientôt rétablies et L. H. P. obtiendront par là non -seulement l'approbation de tous vos concitoyens éclairés, mais encore celle de toute l'Europe. Comme par la position de nos états respectifs et les anciennes relations que nous avons avec la république, nous prenons un Intérêt aussi également vif au maintien de sa constitution actuelle, qu'au sort et à la conservation de la maison d'Orange-Nassau et du stathoudérat, et que nous ne saurions rester indifférents aux changements qui pourraient s'j opérer, nous espérons que L. H. P. ne verront dans cette lettre que les conseils sincères d'un ami de la république, et qu'elles voudront avohr égard à nos représentations et prêter une oreille favorable à celles que notre envoyé le baron de Thulemeyer sera dans le cas de leur fahre en notre nom.
Cette lettre du roi^ ainsi qu^une autre du 31 mars, dans laquelle S. M. se plaignit du peu d^eflTet qu^avait produit celle du 29 février ^ étant restées sans
réponse 9 et les gazetiers de Hollande ayant représenté la démarche du roi sous des eoulenrs trësodieuses, Frédéric II fit encore le 11 Juin et itérativement le 17 juillet de la même année, de nouvelles représentations aux Etats-Généraux, qui, conçues dans des termes très - conciliants , prouvaient que S* M., malgré Tintérèt qu^elle portait i la mdson de Nassau -Orange, nVvait nullement Fintention d^intervenir d^une manière directe dans les affaires intérieures de la république. Ce ne fut que le 30 août que les Etats-Généraux, dans le mémoire ci-après, s^excuseront par les lenteurs inséparables des formes constitutionnelled , de n^avoir point encore fait rendre justice au prince stathouder.
Mémoire des Étais- Généraux des Prooinces- Unies des Pays-Bas^ adressé au roi de Pmsse; du 30 aokt
L. H. P. auraient souhaité d'être en état de répondre plutôt à la lettre amicale dont il a plu à S. M. Prussienne de les honorer, si dès la première lecture elles n'avaient compris , que les objets dont 11 j est question, n'ëtdent ponr la plupart aucunement de leur compétence, mais concernaient directement les états des provinces respectives, auxquelles pour cet effet la susdite lettre a été communiquée par le canal de leurs députés à l'assemblée des États -Généraux, afin de prendre telle résorution que chacune d'elles jugerait conforme à la constitution de son gouvernement. Qu'ainsi L. H. P. n'ayant pas été en droit de s'immiscer dans la dhrection d'une affaire qui dépendait uniquement de l'issue des délibérations des états de chaque province particulière, il en
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a iù résulter nécessaireiiieiit le délai qu'elles ont apporté à leur réponse* Que d'après les représentations réitérées de S. M., elles se sont crus oblig-és de s'en occuper sans perte de temps, quoique toutes les prorinces respectives ne les aient pas encore mis à portée de s'acquitter de ce dcYolr. Li. H. P. ayant observé par le contenu de la lettre susmentionnée, que S. M. a daig'ué déclarer n'être pas assez au fait de la constitution du g'ouyemement de la république, elles prendront la liberté d'exposer à ce ntonarque, quelle est la véritable constitution de ce gouvernement, en tant qu'elle est relative aux objets dont il s'agit ici; précautions qui leur parait nécessaire, afin de désabuser S. M. des informations erronées qui lui ont été fournies, comme si L. H. P. étaient les maîtres de discuter et de décider dans leur assemblée générale, les points qui se trouvent indiqués dans la lettre de S. M. — L. H* P. se voient donc dans le cas de représenter au roi, que leur assemblée étant composée des députés de cbaque province, munis d'instructions obligatoires de la part de leurs commettants, les Etats-Généraux ne s'occupent et ne sauraient s'occuper uniquement que des aCaires qui sont déférées et confiées à leurs délibérations par le consentement unanime des confédérés; qu'il faut excepter et séparer de leur ressort, toutes les affaires qui regardent l'état intérieur du gouvernement et de l'administration des provinces respectives; chacune d'elles étant parfaitement indépendante, et nullement obligée de rendre compte de quoique ce soit, ni à ses alliés, ni à l'assemblée représentative de L* H. P. D'après cet exposé, S. M. Prussienne voudra bien comprendre, que L. H. P. ne sauraient entrer en discussion à l'égard des points contenus dans sa lettre, que pour autant qu'ils sont de leur compétence. Elles ne peuvent que témoigner à S. M. leur reconnaissance, de l'intérêt qu'elle daigne prendre à la prospérité et au bien-être de la république, ainsi qu'au maintien de ses libertés et de son indépendance; dispositions dont S. AI. vient de leur donner encore des assurances les plus amicales et les plus énergiques;