DES HUMEURS ANORMALES
7 ous venons de voir que les humeurs, même normales, pouvaient être Lw/Hl^^^B une cause de stérilité, .^■'/^^^ alors que l'alcalinité de ■^■! ^ la semence du mari et celle du mucus utérin ne suffisaient pas à neutraliser tout au moins l'acidité vaginale pour laisser aux spermatozoaires un milieu faiblement alcalin, condition indispensable pour y vivre. Mais si des humeurs normales peuvent détruire les spermatozoaires, à plus forte raison verrons-
STÉRILITÉ PATENTE
nous k perte de ceux-ci assurée, en présence d'humeurs anormales.
D'abord, qu'entend-on par des humeurs anormales?
Nous voulons autant que possible simplifier la classification de ces produits que « les femmes connaissent sous le nom vulgaire de flueiirs blanches, englobant dans ce terme tous les écoulements dont elles sont affectées.
Mais les flueurs blanches sont-elles une cause de stérilité? Oui et non, cela dépend delà nature de celles-ci. On voit des femmes absolument perdues de flueurs blanches, qu'on pourrait suivre, pour ainsi dire, à la piste, et qui font des enfants tous les dix mois.
Il flmt donc nous arrêter un instant sur ce point, en étudiant ces écoulements pour y apporter quelques lumières.
Les écoulements peuvent provenir de deux sources : ou de l'utérus ou du vagin ; les premiers sont alcalins, les seconds sont acides. On voit aussitôt que les uns sont
8o NOUVELLES CAUSES DE STÉRILITÉ
indifférents alors que les autres sont mortels puisqu'il faut toujours un milieu alcalin pour y faire vivre les spermatozoaires.
Donc, nous aurons deux catégories de flueurs blanches: l'une qui permet la vie, l'autre qui la tue.
Etudions les écoulements qui proviennent de l'utérus puisque ce sont les seuls qui soient intéressants dans l'espèce, car les écoulements du vagin sont pernicieux pour les spermatozoaires qui y séjournent quelque temps.
FLUEURS BLANCHES UTÉRINES
Nous avons dit dans un chapitre précédent que toutes les muqueuses en général sécrétaient un vernis humide qui servait à les lubrifier, à les protéger, ou qui facilitait le glissement des surfaces les unes sur les autres. L'utérus ne fait pas exception à la règle; c'est même un organe essentiellement sensible et qui s'enrhume avec une très grande facilité. Nous nous servons à dessein du mot s enrhumer, car il rend parfaitement notre pensée et surtout la nature de l'écoulement avec sa forme, sa couleur et sa périodicité. De même qu'il
y a des gens qui ont toujours le mouchoir à la main, de même certaines femmes ont toujours une serviette ailleurs. Du reste, qu'on mette sous le microscope ou qu'on fasse l'analyse chimique de l'un et l'autre mucus, on les trouvera toujours identiques; donc il serait bien inutile de faire ici d'autres descriptions de ce flux si généralement connu de tout le monde. Ce qu'il y a de particulièrement remarquable, c'est que les femmes qui usent beaucoup de mouchoirs usent peu de serviettes, et vice versa, car la réciproque est vraie.
Cela étant admis, on conçoit qu'il y ait là une affaire de tempérament et que certaines personnes soient plus disposées à s'enrhumer que d'autres, sans qu'il soit absolument nécessaire, pour se bien porter, d'user de la serviette ou du mouchoir, mais il fallait constater cette disposition qui existe chez beaucoup de femmes et en tirer des conséquences au point de vue de la stérilité.
Toutes choses égales d'ailleurs, il vaut
STÉRILITÉ PATENTE
mieux ne rien avoir que d'avoir même un rhume ; or, si l'écoulement est léger ou même très abondant, pourvu qu'il soit clair et sans caractère inflammatoire, la fécondation ne sera que très faiblement entravée par celui-ci, mais si l'écoulement est floconneux, épais, visqueux, il devient alors un obstacle mécanique, car toute porte bouchée par un sortant empêche les entrants d'y passer; c'est clair, c'est logique. Or, il existe des flueurs blanches que nous nommons discrètes parce qu'elles ne se montrent pas à l'extérieur; il faut les aller chercher pour les voir, les arracher du col, pour ainsi dire, pour en débarrasser l'utérus comme certains nez ne se débarrassent de leurs humeurs qu'à l'aide d'efforts violents et répétés. On voit encore ici l'analogie frappante qui existe entre ces deux organes et la difficulté qu'aurait un priseur d'introduire un grain de tabac dans son nez alors qu'il l'a complètement bouché.
La stérihté ne tient donc pas tant à la quantité de flueurs blanches qu'à leur den-
site. Il faut alors rechercher très attentivement les causes de cette stérilité si on veut en triompher et il suffit parfois de bien peu de chose [pour faire le bonheur d'une famille.
aUALITÉ DES FLUEURS BLANCHES
blanches sur la stérilité ; voyons maintenant la qualité de celles-ci.
Toute muqueuse qui sécrète juste la quantité de mucus nécessaire pour s'entretenir humide est dans un état normal de santé. Lorsqu'elle sécrète un excédent de ce mucus, c'est que cette muqueuse est irritée. Lorsque l'excédent de sécrétion est abondantj il y a catarrhe ; c'est-à-dire que la muqueuse se dépouille de son épithélium, ui se trouve .li: oUé et entraîné, pour
laisser la surtace interne de l'organe à vit et quelquefois saignante. On conçoit aisément que la qualité de l'écoulement soit profondément modifiée; il ne s'agit plus ici de densité, il s'agit de septicité. Or, un liquide qui tient en suspension des débris humains, que ces débris soient de simples cellules ou des lambeaux de membrane, ceux-ci ne tardent pas à se putréfier et à prendre une odeur ammoniacale qui dénote, sinon la putridité complète, du moins un commencement de décomposition. Dans cet état, on conçoit que si les spermatozoaires y sont transportés, ils y fassent triste figure.
On dira, pour combattre cette théorie, que beaucoup de femmes de la campagne , qui sont absolument brouillées avec les lois les plus élémentaires de la propreté, font des enfants à la douzaine.
Nous avons, en effet, constaté cette pro- Ufique disposition chez celles-ci, on dirait même que le fumier est partout un engrais ; mais on peut expliquer cette faculté d'une
STÉRILITÉ PATENTE
façon fort simple : cette malpropreté n'est pas une maladie, c'est une simple habitude, d'insouciance pour les unes, de préjugé pour les autres, qui veut que toute femme qui fait sa toilette intime est tout au moins une cocotte; mais, si nous voulons bien nous rappeler notre première hypothèse en parlant de l'acidité du vagin, nous verrons qu'ici encore lesspermatozoaires sont incités à se sauver d'un tel miheu pour pénétrer dans un endroit plus propre, car si grande que soit la malpropreté d'une femme, cellelà s'arrête toujours à quelques centimètres des orifices naturels, jamais une paysanne n'aura la langue plus sale qu'une citadine, alors même qu'elle ne se laverait pas, il en est de même de l'intérieur de son utérus qui est absolument propre, car sa belle santé, sa sobriété et l'excellent air
de la campagne la prédisposent d'une façon admirable à la fabrication des enfants. Les gourmets seuls pourraient avoir à se plaindre de la mauvaise tenue du vestibule, mais certes, la cuisine est en parfait état.
Ce n'est donc pas du vagin que nous parlons, c'est de la qualité de l'écoulement provenant de l'utérus, ce qui est bien différent ; si cet écoulement a des qualités septiques, il tuera toujours les spermatozoaires qui s'y engageront, il faut donc avant tout traiter cette maladie ou cette prédisposition avant de songer à avoir des enfants.
Nous dirons pour conclure que lesflueurs blanches sont peu de chose au point de vue de la quantité, mais qu'elles sont funestes lorsqu'elles sont modifiées dans leurs qualités.