‹ Nouvelles causes de stérilité dans les deux sexesChapitre 29 sur 53 · DE LA MAIGREUR · texte numérisé non relu

DE LA MAIGREUR

ous avons dit que toute chose exagérée n'avait aucune tendance à se reproduite; Textrême maigreur ne fait pas exception, surtout si cette maigreur ne provient pas d'un défaut alimentaire, car dans ce cas, l'aptitude à la reproduction existe et se trouve même exagérée. Mais nous voulons parler de cette maigreur constitutionnelle qui résiste à tous les régimes les mieux compris.

On rencontre, en effet, dans les deux

sexes, de ces êtres parcheminés qui boivent, mangent et fonctionnent dans d'excellentes conditions et qui n'en restent pas moins toute leur vie à l'état de vieux cuir.

Sur de telles natures, rien ne prend, tout glisse, tout passe sans laisser de traces.

Pour ces êtres desséchés, les sucs de la digestion sont encore des éléments trop figurés pour être absorbés, rien ne pénètre dans leurs membranes filtrantes, tout glisse sur l'intestin sans entrer dans l'économie et les rares éléments très fluides, très subtils qui passent, sont brûlés sur place sans profit pour la masse. Aussi, ces natures exceptionnelles se créent pour ainsi dire d'autres lois d'assimilation que le commun des mortels : les poumons, la peau acquièrent d'autres fonctions, qui permettent la vie ; le tout marche, fonctionne, plie et ne se rompt pas, en vertu de lois providentielles.

On remarque même que ces êtres exceptionnels parviennent à la plus extrême vieillesse sans maladie ; en effet, l'économie

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n'est jamais encombrée par des produits de désassimilation, le tissu cellulaire, les muscles se parcheminent et deviennent d'autant plus résistants qu'ils sont plus secs.

On conçoit facilement que la reproduction soit impossible dans de telles conditions ; du reste, les femmes sont peu réglées, elles ne voient que quelques gouttes d'un sang poisseux qui tache à peine le linge ; les ovules eux-mêmes doivent être de vieilles cosses ne renfermant aucune semence ; en renfermeraient-elles qu'aucun spermatozoaire ne pourrait les ouvrir sans être armé d'une dague d'acier bien trempé.

L'homme sec, que nous appellerons l'homme silex, n'a pas plus d'aptitude à se reproduire que la femme ; sa semence est réduite à l'état de colle forte condensé par l'étuve ; les quelques rares spermatozoaires qu'on y voit font tous leurs efforts pour sortir de cette glu sans pouvoir y parvenir, et ceux-ci meurent attachés au rivage qui les a vus naître sans pouvoir franchir le fameux Rubicon.

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