‹ Nouvelles causes de stérilité dans les deux sexesChapitre 30 sur 53 · DE LA TAILLE · texte numérisé non relu

DE LA TAILLE

ouTES proportions gardées, on a remarqué que les grandes femmes accouchaient plus difficilement que les petites, cela tient surtout à un défaut d'énergie dans leur nature ; on dirait qu'il n'y a qu'une somme déterminée de vigueur pour chaque être, tant pis si les leviers sont éloignés du centre d'action, les effets utiles en sont amoindris d'autant.

Au point de vue de la stérilité, la grande femme a plus d'apathie que la petite ; elle est molle, indifférente, froide ; elle attend le Messie plutôt que d'aller à sa recherche. D'autre part, la route est plus longue de Paris à Versailles que de Paris aux Batignolles ; or, comme la fécondation débute toujours par une course, plus la piste sera longue, plus rares seront les coureurs qui arriveront au but.

Donc! Hippodrome plus vaste, moins abordable, moins entraînant, course plus longue, obstacles plus nombreux, terrain plus mou, plus glissant, moins bien délimité, plus sujet aux fondrières ; au total un terrain sur lequel les coureurs ont beaucoup de chances de se perdre ou de rester en route.

Voilà pour la grande femme. Quant à la géante, elle ne se reproduit jamais, son hippodrome dépasse la mesure de ce qui est concevable, un coureur, quelque vigoureux qu'il soit, n'atteindrait jamais au but.

il lui faudrait une locomotive pour en faire le tour et encore faudrait-il créer des stations.

Quant à l'homme, c'est autre chose ! Un médecin-major qui permute de l'infanterie légère dans la grosse cavalerie reste stupéfait lorsqu'il passe sa première visite de santé ; il commence par essuyer le verre de ses lunettes tellement il voit peu de chose ; il croit à une mystification du premier soldat et lui dit : « C'est tout ce que vous avez à me montrer ? » ; mais s'il passe au deuxième et aux suivants, il voit que c'est toujours le même organe rudimentaire, petit, disproportionné à la taille. Après sa visite, le médecin pourrait formuler cette loi :

« Les organes de la reproduction sont inversement proportionnels à la taille des sujets. Les exceptions à cette règle sont toujours indiquées par l'ampleur du nez. >•

N'est-ce pas une excellente preuve de

l'utilité des contrastes que nous donne la nature ? A grande femme, petit homme, et vice versa.

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