‹ Nouvelles causes de stérilité dans les deux sexesChapitre 32 sur 53 · SODÔME ET LESBOS · texte numérisé non relu

SODÔME ET LESBOS

Il nous en coûte beaucoup de traiter de pareils vices, nous ne voulons même qu'effleurer le sujet sans descendre dans les détails de ce bourbier infect. Qu'il nous suffise de dire ici l'influence qu'ont ces pratiques de honteux libertinage sur la stérilité, seul point de vue qui nous occupe.

Tout homme dépravé, qu'il soit pédéraste ou sodomiste, actif ou passif, est un être dégradé qui n'a qu'une pensée : assouvir sa passion honteuse sans se soucier des lois naturelles. Il en résulte que la femme, pour lui, est un être qui n'existe pas, qui ne lui dit rien, qui est sans charmes, sans saveur, sans stimulant. Or,

comme l'érection est une affaire d'imagination, de griserie cérébrale, il arrive que le malheureux reste dans un état complet de frigidité près de la femme la plus charmante et la plus attrayante.

Plaignons ces misérables névrosés dont les sens génésiques sont frappés de cette aberration et disons de suite que, si ces libertins viennent parfois à se marier dans un but quelconque, ils sont et restent stériles malgré la valeur de leur semence, car si quelquefois, sous l'influence du sou-

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venir ou d'une rêverie d'orgie masculine, ils entrent en érection et s'ils veulent alors dans un but légitime se rapprocher de leur femme, ils ne peuvent mener l'acte à bonne fin, tant la réalité les refroidit et fait tomber progressivement l'éclair de leur ardeur.

C'est du reste bien heureux que de pareils monstres ne puissent pas se perpétuer, l'espèce même n'en est pas assez rare.

D'autres névroses doivent aussi rentrer dans le chapitre des causes constitutionnelles de la stérilité. Ces névroses sont : le priapisme et le satyriasisme.

Le priapisme n'est autre chose qu'une érection continuelle, douloureuse, fatigante, déterminée par des oxyures de l'anus, une cystite ou un prurit de l'urèthre ; quelquefois c'est une altération de la prostate ou un simple calcul vésical. Ce qu'il y a de remarquable dans cet état, c'est que le malheureux qui en est atteint n'a aucundésir de rapprochements; tout acte vénérien lui est pénible, douloureux, énervant; il n'arrive pas au spasme final; c'est ainsi qu'il reste stérile.

Quant au satyriasique, c'est autre chose : il a des désirsconstants, ceux-ci restent inassouvis quel que soit le nombre des rapports qu'il a; et, chose particulièrement remarquable, il ne se fatigue pas, il ne détruit pas sa santé physique, le moral seul est atteint; il arrive progressivement à la folie après avoir tué, sous ses lubriques transports, trois ou quatre femmes légitimes, sans compter la monnaie courante des voisines ; c'est ce qu'on nomme vulgairement un Barbe-Bleue en chambre; il tue, mais ne produit pas.

Voici maintenant le tableau un peu moins sombre de la Lesbienne. Si son vice n'est pas moins contre nature, il est tout au moins plus excusable. D'après nos mœurs, la femme doit rester sinon chaste, du moins sage jusqu'à son mariage; toute faute commise peut avoir pour elle les plus graves conséquences; aussi se garde-t-elle d'en commettre, à moins que Cupidon ne soit bien tentant et qu'il promette d'être peu compromettant pour l'avenir.

Or, Cupidon ne tient pas toujours ce

qu'il promet, il empoisonne quelquefois ses flèches d'une rosée que Ton ne trouve pas dans les bois, d'où il résulte des piqûres très préjudiciables à la bonne réputation des jeunes filles; de là une méfiance légitime à son endroit.

Pour obvier à ce danger, la jeune fille qui n'est pas plus en bois que les jeunes gens de son âge , rêve de plaisirs permis.

Est-elle blonde? elle s'éprend volontiers d'une amie brune dont le duvet lui rappelle le sexe fort. Est-elle brune ? elle recherche la grâce vaporeuse de la blonde qui représente à ses yeux le sexe délicat et frêle de la poupée. Ce sont d'abord des caresses innocentesqui ne dépassent pas la nuque, on s'embrasse bientôt à pleine bouche avec des

frissonnements qui vous secouent la moelle; et, si imprudemment ces deux amies viennent à partager le même lit, ce qui arrive souvent pendant les vacances, il en résulte bientôt de voluptueux transports et des satisfactions génésiques qui passeront bientôt en habitudes.

Ce qu'il y a de remarquable et de particulièrement dangereux dans ces rapports entre Lesbiennes, c'est que la volupté est tellement développée chez elles que, lorsqu'elles arrivent au mariage, elles retrouvent rarement près du mari les éblouissants transports qu'elles ont eus jeunes filles ; il en résulte des désappointements et des désillusions dont l'époux supporte inévitablement les contre-coups. M^' Giraud, ma femme, n'est pas une rêverie de poète, c'est bel et bien une réalité vivante en chair et en os qu'on rencontre trop souvent dans les sentiers du mariage.

Avec de telles passions désordonnées, une femme est bientôt usée au point de vue de l'ovulation, et, si elle se marie dans ces

conditions, il est fort rare qu'elle devienne mère, car ce n'est pas le mari qui décroche les œufs quand il en reste encore, c'est l'amie.

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