ÉTAT GÉNÉRAL DE LA SANTÉ
ES êtres les plus épouvantablement malades peuvent avoir des enfants, la santé générale n'ayant rien à faire avec ie degré d'aptitude à la procréation.
On voit chaque jour des phtisiques à la dernière période engendrer des enfants alors même que mari et femme sont tous deux fort malades. Il en est de même pour toutes les autres maladies générales; seules, les maladies localisées à l'utérus sont des' obstacles à la fécondation.
Mais comme l'enflmt est le fruit de deux
facteurs et qu'il participe de leurs qualités ou de leurs défauts, il s'ensuit que, procréer un enfant en état de maladie, c est transmettre à celui-ci tous les germes morbides dont les facteurs sont atteints.
Or, comme la vitalité d'un enfant est en raison directe de ses forces, que sa probabilité de vivre repose directement sur sa bonne constitution, il en résulte que, si l'on veut créer un enfant pour le garder, il faut le garantir contre les chances de mort en lui donnant la plus grande somme possible de résistance. Pour cela, il faut que les parents au moment même delà conception, soient tous deux dans les conditions les meilleures pour arriver à ce but.
aue faut-il faire pour cela ? S interroger tout simplement et se demander si, a aucune époque de la vie, on s'est trouve mieux que dans le moment présent. Et si c est oui, employer tous les moyens dont dispose l'hygiène ou la médecine pour retrouver cet excellent état de santé avant de commencer l'œuvre de la rédemption.
TRAITEMENT
Nous n'entrerons pas ici dans les moyens les plus propres à rendre la santé, c'est affaire au médecin de prescrire ce qui convient à chacun, nous ne voulons pas faire de généralité; ce qui est préférable, c'est de s'adresser à son médecin habituel, qui saura mieux que personne ce qui peut convenir.
Disons, toutefois, que la femme qui a une tendance à l'embonpoint fera bien de rester sur son appétit, de faire beaucoup d'exercice au grand air, de se purger légèrement à l'aide du sulfate de soude ou avec de l'huile de ricin et de prendre à chacun de ses repas, gros comme un pois d'iodure de potassium cristallisé, qu'elle fera fondre dans un verre d'eau rougie. Elle pourra suivre ce régime avec avantage pendant quelques mois si elle est stérile; dans le cas contraire, il n'y a rien à flùre qu'à porter à terme sa grossesse et à nourrir soimême son enflmt.
MENSTRUATION IRRIiGULIERE
ouTE montre qui n'est pas réglée est un caillou dans la poche. Les femmes 'sont comme les montres, elles ne doivent ni retarder ni avancer sous peine de ne pas marquer l'heure de la maternité. Toute montre mal réglée est portée chez l'horloger; qu'on en fasse autant de la femme si l'on veut rétablir sa santé; la porter serait peut-être excessif, mais il faut tout au moins la contraindre à y aller lorsqu'elle ne comprend pas l'avantage qu'elle peut en tirer pour son avenir.
Il y a des femmes qui sont réglées deux fois par mois avec une petite et une grande époque alternées; il en est d'autres qui
TRAITEMENT
avancent beaucoup et qui sont dans le sang pendant une grande partie de leur mois ; d'autres retardent et voient peu ; d'autres encore sont sujettes à de véritables hémorrhagies; en un mot, il y a des femmes qui sont toujours malades du côté de l'utérus, peu ou prou, selon qu'elles tiennent d'une mère malade de ce côté, car les affections utérines sont fort souvent d'origine congénitale.
Tous ces désordres sont du ressort de la médecine qui s'enquiert des causes et qui les trouve toujours, sinon dans un désordre local, tout au moins dans un état constitutionnel.
Nous ne voulons pas empiéter sur le domaine du médecin de la famille ; du reste il nous faudrait faire tout un livre pour répondre sur chaque cas. Qu'il nous suffise de retenir ici trois types d'irrégularité qui sont les plus fréquents au point de vue de la stérilité.
Ces trois types sont :
1° La dysménorrhée ou règles douloureuses ;
2° Les époques toujours précédées d'une crise;
3° Les règles intermittentes.
La dysménorrhée est très fréquente chez les jeunes filles, c'est une grave probabilité de stérilité; donc, tout futur qui n'est pas reçu par sa promise à l'époque critique, doit la tenir pour suspecte s'il tient à avoir des enfants, car le mariage ne guérit pas ces sortes de maladie's, excepté, toutefois, lorsque l'hymen imperforé en est seule cause, mais c'est rare.
La dysménorrhée peut être névralgique, congestive ou mécanique ; un traitement spécial doit être institué pour chaque cas, seulement il faut qu'on sache que la guérison est difficile en raison de la disposition constitutionnelle du sujet.
Dans le deuxième cas, l'époque des règles est toujours précédée par un malaise fort pénible qui se manifeste huit jours avant : par une pesanteur du bas-ventre, des douleurs de reins, des poussées gravatives de l'utérus, des courbatures des cuisses.
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une mauvaise humeur, etc., symptômes fâcheux qu'on ne rencontre guère qu'après une fausse couche ou après une pelvimétrite. Tout rentre ensuite dans le cahne et huit jours après, les règles apparaissent normalement et sans douleurs.
Ce qu'il y a de grave dans ce cas au point de vue de la stérilité, c'est que cette crise prémonitoire détruit l'ovule par une déhiscence anticipée.
Il faut, dans des cas semblables, donner, la veille du jour prévu, un peu de sulfate de quinine (dix à quihze centigrammes) avec un milligramme d'aconitine; enfin quelques lavements d'hydrate de chloral et de bromure de potassium pour conjurer la crise.
Dans le troisième cas, où les règles sont intermittentes, celles - ci paraissent trois jours normalement, puis s'arrêtent brusquement pendant deux jours pour reparaître ensuite pendant vingt-quatre ou quarantehuit heures, quelquefois avec pertes blanches dans l'intervalle.
Il sera utile, dans ce cas, de donner des
bains de pieds sinapisés et quelques capsules d'apiol le troisième jour pour que la congestion utérine se continue sans interruption, mais on doit craindre la chute de l'ovule en pure perte ; il sera utile de traiter dans ce cas la congestion utérine dans l'intervalle des règles.
Lorsqu'il y aura catarrhe pendant l'interruption menstruelle, l'iodure de fer est indiqué; ou un anticatarrhal quelconque.
Il faut bien qu'on sache que tous ces malaises locaux, sont difficiles à traiter. Il en est de cela comme de la sueur des pieds, c'est une prédisposition du sujet, et leur suppression brusque entraîne souvent des dangers plus sérieux que l'indisposition elle-même n'en comporte ; c'est au médecin d'agir avec tact et surtout avec prudence.
AiMÉNORRHÉE
L y a deux sortes d'aménorrhée ou absence de règles : daHs le premier cas, nous décrirons l'aménorrhée congénitale, c'est-à-dire celle qui a pour cause des organes rudimentaires, mal venus ou complètement absents. C'est ainsi qu'on trouve des femmes sans utérus et sans ovaires, alors que rien dans leur extérieur n'en faisait soupçonner Fabsence, si ce n'est peut-être dans les allures un peu plus masculines, dans une voix dont le timbre est un peu plus bas que d'habitude, dans des seins moins développés, et, enfin, la lèvre supérieure est souvent ombragée d'un
duvet assez apparent. Nous devons dire cependant que toutes celles qui portent ce dernier signe ne sont pas toujours malformées, au contraire, mais elles sont souvent
stériles. . ,
On rencontre chez quelques déshéritées de la nature des ovaires normaux, mais l'utérus fait complètement défaut, ou n'est marqué que par la présence d'un noyau charnu ; le contraire n'existe pas, c'est-adire qu'avec un utérus normal il y a ^ toujours des ovah-es, bien que ceux-ci puissent s'atrophier ou dégénérer parla suite; mais, dans ce cas, l'atrophie des ovaires retentit
sur l'utérus.
On comprend qu'avec des organes absents, les fonctions ne se fassent pas ; en effet, les règles n'étant que l'expression d'une fluxion ovarique, celles-ci ne s'établissent qu'autant que l'ovaire jouit de ses attributions, c'est logique. Mais comme la muqueuse utérine fournit seule le sang des règles, il en résulte que lorsque cet organe est absent, la menstruation n'est indiquée
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que par la fluxion des ovaires, mais, en réalité, le sang ne s'écoule pas ; de là, des malaises mensuels qui marquent l'époque de la formation, jusqu'au jour où des règles supplémentaires apparaissent dans quelque point de l'économie ; ou bien, la nature s'arrange de cet état anormal et en prend son parti, sans d'autres troubles pour la santé générale que les malaises du début.
D'autres fois, on rencontre des femmes ayant un utérus et des ovaires normaux, mais les trompes de Fallope, qui sont le trait d'union de ces organes et leur seul canal de communication, sont restées ou sont .devenues imperméables ; dans ce cas, les troubles menstruels sont indiqués par des maux de reins, des douleurs hypogastriques, des pesanteurs pelviennes et des brisements portant sur les membres inférieurs, surtout sur le devant des cuisses ; dans ce cas encore, les règles ne s'établissent pas et la femme reste stérile.
Voilà à peu près tout ce qu'on remarque 4ans ce cas d'aménorrhée congénitale.
Quant au traitement, on conçoit qu'il n'en existe pas ; on peut parer tout au plus aux effets désastreux qui se manifestent, mais la cause reste en l'état.
Quant au deuxième genre d'aménorrhée, il est tout fonctionnel, les organes existent dans toute leur intégrité ; seules les fonctions ne se font pas ou ne se font plus, car il peut arriver que les règles ne s'établissent pas à l'époque normale de la puberté, ou qu'elles aient paru et qu'elles se soient arrêtées brusquement.
Donc, le médecin peut se trouver en face de ces trois situations :
1° La jeune femme a quinze ou seize ans, elle est bien constituée, son développement extérieur est à peu près normal, ses seins sont développés et son pubis couvert, cependant les règles ne s'établissent pas.
Si la santé est excellente, il n'a qu'à attendre un effort de la nature, c'est une menstruation retardée, voilà tout : mais si l'apparence extérieure est satisfaisante, si la jeune fille a tous les dehors d'une femme.
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il peut arriver que son intérieur ne soit encore que celui d'une enfant; sa voix et son caractère doivent du reste l'indiquer.
Mais, si malgré l'apparence extérieure, la santé est variable ou mauvaise, si les époques sont surtout marquées par un malaise ou des troubles sérieux, il faut intervenir aussitôt pour aider la nature; c'est alors qu'il faudra instituer un traitement, variable selon les cas : on fera de la gymnastique, de l'hydrothérapie, des frictions aromatiques : au besoin on appliquera des ventouses scarifiées sur les reins, des sangsues sur le col, à la vulve ou aux cuisses ; on donnera des toniques, des amers, du quinquina, etc. Si la menstruation est indiquée par une leucorrhée qu'on nomme, dans ce cas, menstrues blanches on aura recours au ter et à l'arsenic.
2° Dans cette nouvelle forme d'aménorrhée, les règles se sont établies à l'époque normale, mais elles se sont supprimées brusquement, soit sous l'influence d'impressions morales, soit sous l'influence
d'impressions physiques; dans ce cas il est bon d'agir aussitôt en faisant cesser la cause qui a produit l'arrêt ou en dissipant ses effets.
Les vives émotions, les grands chagrins, de simples contrariétés peuvent amener ces désordres, il faudra donc, tout d'abord s'enquérir des causes, les supprimer si elles sont du domaine de la suggestion et traiter les effets par les antispasmodiques : valériane, bromures alcalins, éther, électricité, aalvanisme, magnétisme, massage et fric-
tions
Si l'arrêt brusque a été déterminé par le froid, on le reconnaîtra facilement par les symptômes suivants: fièvre, peau chaude, pouls fréquent, soif vive, nausées, congestion du cerveau, crises hystériformes, etc.
Le traitement consistera, dans ce cas en pédiluves, bains de siège chauds, boissons aromatiques chaudes, purgatifs légers et enfin on stimulera les fonctions utérmes par l'apiol, la strychnine, l'aloès en lavement ou tout autre emménagogue selon
TRAITEMENT
les indications ; à la rigueur on peut recourir aux injections utérines excitantes : teinture d'iode ou même ammoniacale.
Si l'arrêt brusque des règles a été déterminé par l'éclosion d'une maladie aig-uë, il faut d'abord traiter celle-ci en ayant soin de ne pas prendre l'effet pour la cause.
Nous devons encore mentionner un arrêt brusque des règles par influence psychique. Cette forme est certes la moins dangereuse pour le corps sinon pour l'esprit ; c'est ainsi, qu'cà la suite d'une faute commise, la première surtout, une jeune fille peut être persuadée qu'elle est enceinte, sa terreur lui supprimera ses règles, bien qu'elle ne soit réellement pas grosse. D'autres fois, c est le contraire qui arrive, une jeune femme atteinte de la folie de la maternité peut absolument croire à une grossesse, ne pas avoir ses règles de ce fait, tant sa conviction est qu'elle est enceinte, bien qu'elle ne le soit pas. Nous avons vu de nombreux exemples de ces deux variétés d'aménorrhée psychique que nous devions signaler.
3° L'aménorrhée peut être progressive.
Dans ce cas la jeune fille a été réglée à son heure, elle a même eu ses règles normalement pendant une période variable de quatre à cinq ans et plus, puis un beau jour, elle remarque qu'elle perd sensiblement moins et finalement ses règles s'arrêtent.
Cette forme d'aménorrhée est de toutes la plus grave en ce qu'elle préjuge d'un état alarmant de la constitution; presque toujours c'est l'annonce de la phtisie, quelquefois son dernier terme.
Il faut, dans ce cas, traiter tout d'abord l'état général par un régime convenable et mettre tout en œuvre pour lutter contre la maladie. Si les règles reparaissent, ce serait là un symptôme favorable, mais il faudrait néanmoins rester attentif en surveillant l'ennemi qui sommeille, car trop souvent, c'est pour prendre de nouvelles forces et porter de nouveaux coups que le génie du mal semble s'arrêter.
FLUEURS BLANCHES
EUF femmes sur dix ont des flueurs blanches, surtout dans les grandes villes, mais la quantité en est variable avec chaque sujet. Il est même des flueurs blanches qui sont la santé ds celles qui les ont, il faut donc savoir les respecter. On peut parfaitement devenir enceinte avec de la leucorrhée, surtout lorsque celle-ci est fluide et sans âcreté; en outre, l'écoulement est souvent intermittent. Son arrivée procure toujours un soulagement, celui-là doit surtout être respecté, du moins, on
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doit diriger le traitement en modifiant la constitution elle-même, afin de tarir l'écoulement à la longue; brusquer la guérison, c'est fermer la porte d'un égout en s'empoisonnant de gaîté de cœur.
Nous voyons chaque jour des femmes nous demandant le service de les débarrasser de leurs flueurs blanches. Si nous nous rendons à ce vœu, après avoir épuisé la liste des excellentes raisons que nous invoquons toujours en faveur de leur conservation, nous ne tardons pas à voir revenir ces mêmes femmes avec des bourdonnements d'oreilles, des vertiges, des crampes d'estomac, des névralgies, des douleurs rhumatismales, etc. ; leur rendons-nous leur écoulement? aussitôt tous ces malaises cessent comme par enchantement ; elles sont persuadées, cette fois, que cette leucorrhée est salutaire et qu'elle est le gage de leur belle santé.
Il faut donc que le médecin soit prudent lorsqu'il s'agit d'écoulements anciens et pour ainsi dire constitutionnels, il doit mo-
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difier l'organisme, tonifier la constitution avant d'entreprendre un traitement local.
Le traitement général variera selon la diathèse en cause, soit à l'aide de l'iodure de fer, de l'arsenic, dés iodures alcalins, de la térébenthine, des balsamiques, des résines, des toniques ou des amers. En un mot, le médecin n'est pas désarmé devant ces cas, surtout lorsqu'on lui donnera le temps matériel pour conduire une cure à bonne fin.
Qiiant au traitement local, rien n'est préférable à la teinture d'iode en injection intra-utérine ; deux ou trois injections suffiront dans la plupart des cas pour tarir un écoulement. On peut commencer par des injections légèrement iodées-iodurées pour tcâter la tolérance utérine; mais en général, la teinture d'iode pure, bien maniée, est sans danger, surtout lorsqu'elle est récente et composée avec de l'alcool de choix.
Nous devons rappeler ici que la teinture d'iode, ayant plus de huit jours de date, devient caustique par la présence de l'acide iodique qui s'y forme progressivement avec
le temps; qu'en outre, il est des pharmaciens peu scrupuleux qui composent leur teinture d'iode avec des alcools inférieurs lorsque ce n'est pas avec de l'esprit de bois. Il est donc prudent de faire soi-même sa teinture d'iode au moment de s'en servir, on évite ainsi bien des désagréments et souvent des crises fort douloureuses et fort longues.
Ces injections iodées doivent être faites à. huit jours d'intervalle l'une de l'autre ; il est rare que l'écoulement ne soit pas tan à la deuxième ou à la troisième. Cinq ou six grammes suffisent pour chaque injection.
Il est bien entendu que ces injections doivent toujours être faites parle médecinet la patiente ne doit quitter son cabinet que deux heures au moins après l'injection. Il est du reste préférable de faire faire cette petite opération chez soi. Dans ce cas, le médecin ne doit se retirer que lorsque toute crise est conjurée. C'est à ce prix seulement qu'on se débarrasse d'une leucorrhée toujours fatigante et toujours épuisante.
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En dehors des soins du médecin, toute femme atteinte de leucorrhée se trouvera bien des injections qu'elle prendra, soit avec un peu de permanganate de potasse, soit encore avec une cuillerée derésorcinol pour un litre d'eau; la propreté intime jouant un rôle considérable dans la santé des organes génitaux.