ULCÉRATIONS ET ENGORGEMENT DU COL
N s'étonne de la fréquence des maladies utérines, on croit même qu'elles augmentent dans des \ proportions considérables. Nous n'en croyons rien; elles ont existé de tout temps, mais elles passaient inaperçues, car nous n'avions>ucun moyen de les reconnaître ou de les constater avant l'application du spéculum; et quantité de femmes mouraient d'épuisement sous la rubrique d'une maladie quelconque qui les emportait, alors que la véritable cause était une maladie
utérine.
Nous avons dit depuis longtemps que la
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femme, seule parmi toutes les femelles,, était sujette à trois fltcteurs qui assaillaient d'une façon permanente sa santé générale; ces trois facteurs sont : la station verticale, la menstruation et le régime conjugal.
Nous avons donné le^ raisons de ces trois causes et leurs déplorables effets dans les. chapitres précédents; nous n'y reviendrons pas ; nous parlerons ici du traitement.
Si l'on prenait au hasard dix femmes qui passent dans la rue et qu'on les examine attentivement au spéculum, six au moins resteraient en traitement.
Cette proportion n'est-elle pas effrayante?
Bien plus, sur dix femmes qui se plaignent d'une maladie quelconque : névralgies, gastrite, céphalalgie, etc., dix resteraient en traitement, car tous ces troubles ne proviennent que d'une cause unique : l'utérus malade.
Lorsqu'on examine une femme au spéculum, au lieu d'apercevoir un col sain, de couleur normale, de volume déterminé, on rencontre dans la plupart des cas le pour-
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tour de l'orifice ramolli, ulcéré, rouge sur une étendue variable ; le col tout entier au lieu d'être régulièrement conique et arrondi est hypertrophié ; il prend la forme d'une massue ou d'un battant de cloche et sa coloration a toutes les teintes de l'inflammation ou d'un tissu malsain.
Le col peut être seul malade en raison des chocs répétés qu'il subit, dans ce cas, seul il doit être traité ; mais dans la majorité des cas, il n'est que l'expression visible d'un mal plus profond siégeant à l'utérus ; c'est alors qu'il faut traiter l'organe entier par des moyens appropriés.
Les meilleures cautérisations du col, lorsqu'il y a des ulcérations, doivent se faire avec l'acide azotique fumant, à la condition d'être rapidement pratiquées et fortement irriguées aussitôt après ; ces cautérisations doivent être faites deux fois par semaine pour en tirer tout l'avantage possible à l'aide du spéculum Fergusson.
Pour les rougeurs et pour les ulcérations superficielles, on peut se contenter de eau-
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tériser légèrement à l'aide de la teinture d'iode.
Nous faisons toujours nos lavages et nos irrigations avec de Teau tenant en dissolution un gramme de permanganate de potasse par litre d'eau ; ces lavages répondent à tous les besoins d un bon nettoyage antiseptique.
Disons que depuis longtemps nous avons abandonné les cautérisations au nitrate d'argent qui sont mal supportées et qui déterminent trop souvent des hémorrhagies locales ; l'acide azotique pur et la teinture d'iode suffisent généralement pour les cas les plus sérieux ; le nitrate acide de mercure trouve cependant quelquefois son indication mais rarement le fer rouge. *
Quant aux engorgements passifs du col nous- en triomphons assez facilement par l'application d'un tampon de ouate imbibé de glycérine et d'aloès au dixième : on conserve ce tampon pendant douze heures, il détermine une abondante sécrétion qui décongestionne d'autant Torgane; c'est ce que nous nommons notre purgatif utérin, car il a
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été prescrit et appliqué par nous le premier.
Lorsqu'il y a congestion avec inflammation, nous nous trouvons très bien des sachets-cataplasmes de M'"^ Lachapelle.
On peut encore retirer de sérieux avantages des grands bains émollients qu'on prend à l'aide d'un spéculum irrigaleur.
En un mot, la thérapeutique utérine a fait de tels progrès dans ces dernières années qu'on peut espérer guérir tous les cas qui se présentent, le cancer excepté, et encore le guérit-on souvent par Thystérectomie, mais cela sortirait de notre cadre, pour en parler utilement.