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DES AVANTAGES DE LA FÉCONDATION ARTIFICIELLE

L faut nécessairement que la semence traverse toute la longueur du col pour qu'il y ait imprégnation ; or, de tous les mâles , l'homme est le seul qui ait une verge en massue et non pointue comme celle de tous les animaux ; en outre, le mâle animal ne se contente pas du

coït vaginal, il pratique le coït utérin, tout au moins dans la portion du col ; l'homme a donc de ce côté un incontestable désavantage, il ne pénètre jamais dans l'utérus, et si°son méat éjaculateur n'est pas directement en face de l'ouverture du col, il ne fait rien pénétrer dans l'utérus ; le jet spermatique est brisé, il flmt alors que les spermatozoaires, de leur propre instinct, se portent sur l'orifice du col, le cherchent, s'y engagent , le remontent et fassent ensuite un trajet de 17 à i8 centimètres de longueur à travers tous les obstacles des cils cibratiles qui sont contraii'es à leur progression, avant d'avoir dépassé le tiers externe de la trompe, où se fait seulement la rencontre de l'ovule, et, enfin, la fécondation.

Cette course folle, à travers tant d'obstacles, nous paraît au-dessus des forces de la plupart de nos spermatozoaires ; donc il faut les aider, leur faire la courte-échelle, en un mot, les mettre à même de fournir leur course et de remplir leur but.

L'animal, au contraire , a toutes les chances pour lui : sa verge est toujours plus grande que le vagin n'est profond ; en outre, la pointe de celle-ci cherche et trouve facilement l'orifice du col, et ce n'est que lorsque sa pointe y est engagée que, par un brusque mouvement de pression, il projette avec une grande force la semence aussi haut que possible dans l'utérus.

Donc, aucune partie de cette semence n'est perdue, toute la masse des spermatozoaires concourt à la fécondation, et la lutte de sélection commence seulement à l'orifice des trompes, car, aussitôt le col franchi par la pointe de la verge, rien he s'oppose plus au jet qui conserve ainsi toute sa vigueur et vient, par ce fait, inonder le fond - de la cavité utérine où se trouvent précisément les ouvertures de ces trompes.

L'homme, moins heureux, ne pénètre jamais dans le col utérin, ses habitudes de rapports fréquents ont créé des culs-de-sac

OÙ il s'engage et où son jet se trouve brisé; la semence est donc déposée, souvent bavée dans le vagin, qui n'est que l'antichambre de la vie ; elle a donc beaucoup de chances de ne pas pénétrer dans la vraie chambre, surtout avec cette circonstance aggravante pour la femme, que la station verticale qu'elle a tend à fliire tomber la semence plutôt qu'à la faire monter, au moindre mouvement qu'elle fait.

Toutes ces circonstances réunies nous montrent combien nous sommes inférieurs aux animaux sous le rapport de la reproduction; il y a évidemment là une disposition heureuse et voulue par la nature, car si nous possédions les mêmes aptitudes de nous reproduire que les animaux, la terre ne suffirait pas à nous loger.

Mais, et c'est là où nous voulons en venir, lorsque des époux désirent ardemment des enfants, ne peut-on pas corriger, dans une certaine mesure, cette infériorité humaine en la plaçant momentanément dans les conditions avantageuses de l'animal, c'est-

à-dire en portant la semence aussi haut que possible et dans un point précis où cette semence pourra devenir utile ?

La fécondation artificielle est donc logique au premier chef, lorsque l'acte naturel ne suffit pas. C'est réparer dans une certaine mesure une erreur de conformation ou d'adaptation et c'est faire œuvre intelligente et utile que d'y recourir dans les cas désespérés.

LES CONTRE-INDICATIONS DE l'opÉRATION

I l'on veut faire de l'excellente besogne, en toutes choses, c'est de ne pas entreprendre ce qu'on est certain de ne pas conduire à bonne fin.

Or, si l'on ne veut pas discréditer la fécondation artificielle par des essais infructueux, c'est de ne la pratiquer que lorsqu'on est à peu près sûr de la réussir.

Nous aurons donc à parler des contreindications fonctionnelles et des contreindications absolues.

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Les contre-indications fonctionnelles sont les suivantes :

1° Toute femme atteinte d'une inflammation aiguë ou chronique, de l'utérus ou de ses annexes, doit être soumise à un traitement rationnel jusqu'à sa complète guérison, avant de tenter sur elle une opération.

2° Toute femme dont la menstruation est anormale doit être normalement et suffisamment réglée avant d'être soumise à l'imprégnation artificielle.

3° Toute femme stérile qui souffre, du fait de sa menstruation, avant ou pendant ses règles, bien que celles-ci soient régulières, doit être préalablement guérie de sa dysménorrhée avant de tenter sur elle une opération.

Nota. — II est bien entendu que, dans tous les cas, lorsque la guérison est obtenue, les rapports entre époux doivent être repris pendant un certain laps de temps, pour bien démontrer au médecin que la fécondation artificielle est le seul moyen qui reste pour obtenir un succès.

4° Tout mari dont les spermatozoaires laissent à désirer — tant au point de vue du nombre que de la qualité — doit suivre un traitement, jusqu'à ce qu'on ait constaté une amélioration sérieuse de sa semence. S'il est démontré que le traitement reste sans résuhat, il faut s'abstenir d'opérer,

5" Toute fécondation artificielle, qui ne peut être faite dans de bonnes conditions physiologiques, doit être absolument refusée par le médecin.

En suivant ces préceptes, qui sont le fruit d'une assez longue pratique, on aura un succès probable; mais si l'on n'en tient aucun compte, il faut s'attendre à un échec assuré qui compromet, à la fois, la méthode et le médecin.

Il est donc prudent d'avoir ces conseils présents à l'esprit et de ne s'en départir sous aucun prétexte.

Quant aux contre-indications absolues, elles sont les suivantes :

1° S'abstenir de toute intervention dans

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les déformations du bassin pouvant empêcher l'accoucbiement normal ;

1° Dans les. rétroflexions utérines avec brides cicatricielles ou adhérences immobilisant l'utérus ;

3° Dans les affections organiques incu- 'rables de l'appareil génital ;

4° Dans toutes les diathèses graves :

cancer, syphilis, tuberculose de l'un ou de l'autre des conjoints, car il existe déjà trop d'affections héréditaires pour en propager l'espèce.

Du reste, c'est au médecin de s'interroger et de se demander s'il doit viol'ér la nature, alors qu'elle refusait un enfant dans les conditions normales de la procréation. Il ne doit donc intervenir qu'au cas où la mère et l'enfant n'ont aucune mauvaise chance à courir.

Mieux vaut s'abstenir, dans une circonstance douteuse, que d'aller au-devant d'un échec ou d'une faute.

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