‹ Nouvelles causes de stérilité dans les deux sexesChapitre 47 sur 53 · NÉCESSAIRES · texte numérisé non relu

NÉCESSAIRES

HAQ.UE spécialité demande un outillage particulier et parfaitement approprié au but qu'on veut atteindre; le bagage nécessaire pour pratiquer une fécondation artificielle est des plus simples, mais encore est-il bon d'avoir sous la main l'indispensable. Nous allons le décrire :

Injecteurs. Chaque opérateur a la douce manie d'avoir son instrument, d'y attacher même son nom, et j'avoue avoir eu cette petite faiblesse au début de ma pratique; mais cela n'a pas d'importance en l'espèce :

il faut surtout que l'instrument remplisse le but auquel on le destine; c'est-à-dire que seringue ou canule prenne la semence en un point donné et la transporte où il faut qu'elle soit, pour fructifier utilement, et cela sans blesser la patiente, sans changer la nature de la semence, ni sa qualité, ni sa température, car tout est là,

due ce soit la modeste seringue en verre, prescrite au début par John Hunter, ou que ce soit les canules en or ou en vermeil de nos grands opérateurs ; peu importe. Ce qu'il faut, avant tout, c'est un instrument commode, incassable, se nettoyant facilement et permettant de voir ce qu'on fait.

De tous les instruments qui nous sont passés par les mains — et la collection en est grande — nous ne nous servons plus guère que de trois injecteurs, qui répondent à peu près à toutes les indications de la pratique. Nous en donnons le dessin ci-contre, afin d'en mieux faire saisir les avantages :

N" I. Seringue eu cristal trempé, de cinq millimètres de diamètre, incassable, se tenant très propre et permettant de voir, par transparence, ce qu'on fait.

N' 2. Seringue en gutta-percha à canule demi-souple, avec orifice de sortie sur le côté, variable à volonté dans la direction du jet, de facile introduction, ne blessant jamais; ayant cependant le désavantage de sa non-transparence et la fiicilité d'embarquer de l'air.

N" 5. Fine sonde en toile gommée pouvant être poussée sans danger jusqu'aux orifices des trompes, franchissant les cols les plus étroits et les plus irréguliers, se pliant à toutes les sinuosités des déviations les plus capricieuses ; mais aspirant mal la semence et ne se plaçant guère qu'à l'aide d'un mandrin, ce qui fait que, lorsqu'on retire celui-ci, tout le volume du mandrin est remplacé par de l'air qu'on embarque forcément lorsqu'on pousse l'injection.

Cependant, malgré ses imperfections, cette sonde rend de grands services dans certains cas difficiles où d'autres instruments ne passeraient pas. Avec cette sonde, l'injection se pousse à l'aide d'une seringue ordinaire de Pràvaz, munie d'un embout spécial se vissant sur le pavillon de la sonde.

Couveuse : Nous avons fait construire, par Favre, une couveuse artificielle, contenant environ trois litres d'eau chaude, dont on entretient la température uniforme, à 40 degrés centigrades, au moyen de deux veilleuses. La disposition de l'appareil est telle que le calorique développé est exactement égal au refroidissement des surfaces, ce qui donne une température toujours constante.

Au centre de l'appareil se trouve une caisse rectangulaire qui permet de placer, en lieu sec, les instruments nécessaires à l'opération et dont voici la nomenclature : un thermomètre très sensible, un spéculum Fergusson avec son embout, la seringue choisie, une fine capsule de verre, pouvant recevoir — dans des cas spéciaux — un préservatif contenant la semence, afin de l'abriter momentanément contre une déperdition de chaleur et pour la soustraire à la kmière ; et enfin une houppe d'ouate armée d'un fil, destinée à obturer le col après l'injection.

FÉCONDATION ARTIFICICIELLE 383

Etriers portatifs : L'expérience nous a démontré qu'il était fort difficile de pratiquer l'opération sur un lit ordinaire et,

comme le succès dépend presque toujours du soin qu'on met à la faire, nous avons dû souvent nous servir du fauteuil à opération

OÙ le médecin a toutes ses aises, sinon le mari.

Aussi, voulant concilier ces difficultés, nous avons fait construire par M. Dupont,

rue Hautefeuille, un appareil à patins, très portatif, se pliant, s'adaptant à tous les lits au moyen de deux vis. La patiente y est fort à l'aise, le mari a toutes ses commodités et le médecin toutes les facilités désirables. La femme peut rester parfaitement deux ou trois heures dans cette position sans ressentir de fatigue, ou, si on ne veut pas la laisser ainsi, il suffit, l'opérr.tion étant faite, de lui faire laire un quart de 'conversion sur le siège pour qu'elle soit normalement dans son lit.

C'est à peu près tout ce qui est nécessaire pour mener à bien une opération, quelle que soit sa délicatesse. Nous devons cependant faire suivre cette stérile description de quelques conseils pratiques :

1° Toutes les fois que la température de la semence ne sera pas exactement maintenue entre 37 et 40 degrés, on ne comptera que des insuccès ;

2° Tout spéculum et toute seringue qui pénètrent dans le vagin sans avoir été préalablement portés à la température de 40 de-

grés, abaissent la température de la semence de plus de 5 degrés pendant la saison chaude, et de plus de 10 degrés en hiver, quelle que soit la température de Tappartement ;

3° Passer ses instruments dans de Teau chaude, pour s'en servir ensuite, même étant essuyés, c'est ne plus se rappeler que l'eau est l'agent le plus actif de la destruction des spermatozoaires. Si bien qu'on essuie ses instruments,, il reste encore trop d'humidité dans la seringue pour que celleci n'altère pas la semence ; ensuite, il est très difficile de se rendre compte du degré de l'eau chaude au moment de l'opération, pour ne pas craindre de se tromper ; c'est ainsi que nous avons cuit des spermatozoaires en grand nombre et que, dans d'autres cas, nous les avons congelés sans miséricorde, alors que nous comptions sur notre sensibilité tactile pour juger de la chaleur du bain, à défaut de thermomètre, car celui-ci se casse neuf fois sur dix pendant le moment psychologique, surtout

lorsqu'on n'est pas là pour régler la lampe où chauffe le bain ;

4° Eviter d'introduire le moindre globule d'air dans l'utérus, mais ne pas craindre d'y injecter un centimètre cube de semence.

Ne pas tenir compte de ces principes fondamentaux, c'est courir au devant d'un échec certain.

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