‹ Nouvelles causes de stérilité dans les deux sexesChapitre 7 sur 53 · A PROPOS DES HUMEURS · texte numérisé non relu

A PROPOS DES HUMEURS

CI, encore la stérilité trouve de nombreux cas, nous ne parlerons pas seulement de l'acidité du vagin et de l'alcalinité de l'utérus, ce sont des liquides normaux qui sont appréciables par nos moyens d'investigation.

Mais ces humeurs s'étendent au delà des parties qui sont du domaine de notre observation, nous ne savons pas du tout ce qui se passe dans les trompes dont le canal est très peu perméable et où la condensation des humeurs nous fait songer aux fosses nasales obstruées, desséchées ou engluées à tel point que rien ne passe, ni pour l'aller du spermatozoaire, ni pour le retour de l'œuf.

Tous les médecins savent combien il est difficile de triompher de Yo:(ène ou punais en raison de la mauvaise disposition et de l'aplatissement des fosses nasales ; les ulcérations qui s'y développent ne sont pas toujours l'expression d'une diathèse scrofuleuse ou syphilitique, il y a simplement rétention des humeurs dans un milieu chaud, où les trois conditions, pour qu'il y ait putréfaction, se trouvent réunies : air, chaleur et humidité.

Les trompes sont bien toujours humides et chaudes, mais le troisième facteur fait défaut, du moins à l'état normal, car la cavité utérine n'est que virtuelle ; le vagin aussi n'a qu'une cavité virtuelle, ce sont les deux feuillets d'un livre très intimement accolés et cependant, combien de putridité s'y développe parfois 1 Du reste, les fœtus morts au sein de la mère nous donnent la clef de cette prodigieuse facilité qu'a l'air de pénétrer dans les parties les plus profondes et qui semblaient le mieux protégées contre ce troisième élément qui développe la septicémie* En effet, tant que l'œuf n'est pas

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ouvert, il y a macération et non putréfaction; aussitôt la plus petite ouverture dans , son enveloppe, il se produit de la putréfaction et l'accoucheur est obligé d'intervenir vivement, alors que, dans le premier cas, il peut laisser plusieurs années le fœtus mort dans son enveloppe sans se préoccuper de ce qui s'y passe.

L'analogie peut donc nous conduire à penser que la trompe peut quelquefois, elle aussi, se trouver perméable à l'air extérieur; il faut donc que nous tenions compte de ce facteur dans la stérilité, car toute matrice malade n'a plus sa cavité simplement virtuelle, elle l'a belle et bien réelle ; la métrite amène l'épaississement des parois utérines^ et une véritable cavité s'y forme, permettant à l'air d'y entrer, de se répandre dans les trompes, de déterminer de ces douleurs sourdes qui retentissent sur le péritoine et rendent la femme stérile.

Les douleurs qui précèdent les règles de huit jours n'ont pas d'autres causes, ou, du moins, nous n'en connaissons pas d'autres.

Voici probablement comixient les choses se passent : les règles sont toujours précédées d'une congestion ovarique et d'une turgescence utérine; à ce moment la cavité utérine qui n'était que virtuelle devient réelle, c est alors que, faisant l'office d'un siphon d'appel, l'air s'engouffre dans cette cavité, comme dans une poire en caoutchouc qu'on lâche après avoir fait coller ses parois : l'air pénètre d'autant plus vite que celles-ci sont plus épaisses ; mêmes phénomènes du côté de l'utérus; de là des douleurs plus ou moins fortes en raison du degré de métrite ou d'épaississement des parois utérines, et par conséquent, delà quantité d'air qui a pu pénétrer dans les voies génitales profondes.

Cela est si vrai que, si l'on parvient à guérir la métrite parenchymateuse, les douleurs prémonitoires disparaissent aussitôt et la fécondation devient possible et presque la règle.

En dehors de la septicémie de ces divers miUeux, n'est-il pas des qualités spéciales de ferments qui peuvent atteindre les

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diverses phases de l'ovulation ou tuer les spermatozoaires ? Sans même parler des ferments, n'existe-t-il pas des femmes qui, à leurs époques , font tourner des sauces par leur seule présence ?

Une odeur siii generis s'en dégage et va porter le trouble autour d'elles. QjLie ne doit - il pas alors se passer au dedans d'elles ?

On connaît aujourd'hui assez bien la composition chimique

des odeurs du corps : aisselles, pieds, vagin, etc. Ce sont autant des principes volatils provenant d'acide gras mariés à des bases; tels sont les caprylates et capronates de soude ou de potasse, les butyrates et les hircinates de même base, etc. Or, toutes ces odeurs ne sont pas sensibles au même degré chez toutes les femmes; il en est qui ont leur bouquet, comme les vins ; les uns agréables et attirants; les autres, indifférents ou neutres ; d'autres enfin, qui sont désagréables et repoussants, ce qui a fait dire au professeur Galopin que « l'amour commençait toujours par le nez ».

Mais à propos des parfums, n'est-il pas encore un proverbe qui dit que « des goûts et des couleurs il n'en faut pas médire », car telle odeur plaît à l'un qui déplaît à l'autre. Nos cellules embryogéniques auraient-elles donc les mêmes affinités et les mêmes répulsions que leur propriétaire ?

Ce qu'il y a de certain, c'est que certaines odeurs, que nous ne pouvons pas définir, n'ayant pas d'unité de mesure olfactive

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comme terme de comparaison, nous ont paru être la seule cause appréciable de la stérilité pour laquelle on nous consultait. Nous dirions même que cette odeur spéciale s'est présentée à nous dans un si grand nombre de cas que nous n'hésitons plus à la reconnaître entre mille ; c'est ainsi que nous Favons provisoirement baptisée : Rutinate d'ammoniaque, nom conventionnel, il est vrai, mais qui nous paraît assez bien approprié' au cas et à l'odeur du moment, car les femmes ne possèdent vraiment ce goût spécial qu'à l'époque du Rut.

DK:S DIVKKSF.S DIATHESES

"^'"^ E mot diathèse, -j^^^P^Î pris dans son sens général , veut dire : disposition spéciale, congénitale ou acquise des tissus, se manifestant par des troubles de nutrition ou de dénutrition, amenant à leur suite la production de tel ou tel ordre de produits morbides qui entretiennent la constitution dans un même état.

Les diathèses jouent donc un rôle consi-

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dérable dans la stérilité, car si la dénutrition se fait mal, elle empoisonne les liquides de l'économie et ceux-ci étant appelés à former des solides, il en résulte un cercle vicieux duquel on sort difficilement.

L'hygiène la plus sévère, une alimentation spéciale, une médication appropriée peuvent tout au plus modifier à la longue un état constitutiojinel diathésique.

Parmi les principales diathèsès qui influencent gravement les lois de la reproduction, nous devons citer : la scrofule et la syphilis.

Ces deux affections constitutionnelles paraissent liées par une parenté très intime en ce que la syphilis est sûrement la mère de la scrofule, autrement dit : tout facteur syphilitique qui devient fécond . dans la première période de la maladie engendre un produit destiné à l'avortement dans les quatre premiers mois, ou si par hasard l'enfant, corrigé par l'un des conjoints, arrive à terme, il est syphilitique lui-même; mais si l'enfant est conçu à la période

secondaire, il a encore quelques chances de naître syphilitique, mais s'il ne l'est pas, il est tout au moins atteint de scrofule.

Quant à la période tertiaire, la scrofule est la règle; celle-ci paraît cependant s'atténuer si la syphilis a été bien soignée et si Ton est de plus en plus éloigné des premiers accidents.

Quoi qu'il en soit, les affections organiques constitutionnelles sont héréditaires et ne s'atténuent proportionnellement qu'avec le nombre des croisements.

L'on peut facilement se rendre compte de la durée et du retentissement de la syphilis à travers les descendances en se figurant le mariage d'un nègre avec une blanche et vice versa, en observant à quelle génération le sang noir aura disparu. Dans le cas qui nous occupe, le sang noir représenterait la syphilis ; or, il est démontré que les mariages entre blancs et noirs, après un seul croisement, donnent une lignée qui est encore marquée à la 22' génération. Qu'on juge du temps qu'il fa,ut pour éteindre

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la scrofule, en admettant encore que les conjoints fussent toujours indemnes,

La scrofule et la syphilis sont donc des modificateurs puissants des humeurs, et partant, ils ont une puissante action sur l'ovulation, qu'elles altèrent dans ses phases ; sur les spermatozoaires qu'elles influencent d'une façon pernicieuse, et enfin sur la conception qu'elles entravent trop souvent.

Q.u'il nous suffise de les signaler.

Une autre diathèse, aussi commune à elle seule que les deux autres — c'est nommer la tuberculose — modifie aussi profondément la semence humaine. Les jeunes filles se forment mal ou ne se forment pas du tout; le mariage, dans ce cas, est quelquefois prescrit comme remède, mais Dieu sait ce qu'on doit en attendre !

La stérilité n'est malheureusement pas le lot de celles qui sont formées, elles conçoivent miême assez facilement, mais chaque grossesse fait faire un pas de géant à cette affection, et ces malheureuses femmes meurent finalement à la deuxième ou à la troi-

sième grossesse, laissant ainsi une semence fatale qui décime le tiers de la population.

Il en est de même pour Thomme. On dirait au contraire que cette affection prédispose à la fécondité, en développant en eux des appétits génésiques plus ardents jusqu'au jour où, épuisés, ils succombent à la peine, laissant, comme le trait du Parthe, le venin sur toute leur lignée.

Il serait donc à souhaiter que la tuberculose fût une cause de stérilité, malheureusement il n'en est rien, et, tant que les dots seront les seuls appas du mariage, nous aurons de la tuberculose jusqu'à la consommation des siècles, ou plutôt jusqu'à la fin de l'humanité, car, au train dont marche la maladie, l'humanité n'ira pas loin, notre race disparaîtra pour faire place à une nouvelle espèce d'êtres.

D'autres diathèses ont aussi leur importance au point de vue de la stérilité, car si la scrofule, la syphilis et la tuberculose ne sont pas des facteurs suffisants pour entraver la reproduction de l'espèce au point de

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vue de la quantité sinon de la qualité, les diathèses suivantes apportent un trouble profond dans la semence, au point de la rendre très souvent stérile; nommons les diathèses catarrhales, rhumatismales, arthritiques, uriques, herpétiques et nerveuses.

Tous ces états particuliers des humeurs apportent un contingent considérable de causes qui altèrent ou modifient tantôt l'œuf, tantôt les spermatozoaires au point de les annihiler complètement.

Le catarrhe noie et altère tous les ovules et s'oppose à la marche des spermatozoaires, environnés qu'ils sont par une matière gluante de laquelle ils ne peuvent sortir sans les plus grands efforts.

Le rhumatisme , même latent, paralyse le mouvement des franges de la trompe et l'œuf est perdu.

L'arthritisme paralyse les cils vibratiles des trompes, et r ovule, même fécondé , meurt sur place.

La gravelleurique donne à l'œuf un épaississement, une sorte d'enveloppe cristalline, qui ne permet pas aux spermatozoaires de le pénétrer.

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Le nervosisme, à son tour, détermine des orages spasmodiques dont l'œuf est trop souvent la victime.

L'herpétisme , au contraire, altère la membrane de l'œuf en la dépolissant, la rendant par cela même trop fragile, d'où sa rupture avant sa fécondation.

Les mêmes altérations portent des troubles semblables du côté de l'homme et sa semence reçoit toutes les atteintes du vice constitutionnel.

Que ne se passe-t-il pas, alors que les deux conjoints sont atteints, tantôt de vices identiques, tantôt de diathèses opposées qui

s'ajoutent, en multipliant les fâcheux effets

de chacune ?

Il nous suffit de signaler ces trop nombreuses causes de stérilité pour que le médecin attentif apporte toute sa sollicitude de ce côté, car la médecine n'est pas désarmée, surtout lorsqu'elle prescrit une alimentation spéciale et une hygiène rationnelle.

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