‹ Nouvelles (volume 2)Chapitre 26 sur 34 · ËL1SA ET WIDMER · texte numérisé non relu

ËL1SA ET WIDMER

rets, et cette réciprocité de services nous attachera encore plus l'un a l'autre. Voici, ajoutai-je. en caressant le chien, notre ami commun, Marguerite ; tous ne voudriez pas me le céder ; j'aurais regret a vous le laisser, arrangeons-nous pour le posséder a nous deux — »

Mes paroles contentaient visiblement Marguerite. Dès ce moment elle reprit plus de calme, et, rentrée dans une condition plus analogue a ses habitudes, elle vaquait a divers soins qui la distrayaient de ses regrets. Le dévouement était un besoin pour ce cœur aimant et modeste : servir un maître, soigner quelqu'un, s'oublier pour un autre, c'était pour elle l'emploi et le but de ses journées , et sans être capable de s'élever au dessus de l'état de domesticité, elle ennoblissait cette humble condition et lui donnait plus de vraie grandeur qu'il ne s'en trouve dans celle même des bons maîtres.

Après avoir consacré quelques jours a ces nouveaux arrangements, je vins me réunir à Marguerite, goûtant un charme plein de douceur et de sérénité a entrer dans ce séjour avec le projet de n'en plus sortir. J'y arrangeai ma vie, j'y déposai selon mon gré les meubles de ma tante dans la pièce que je voulais habiter, et je jouis du plaisir, depuis longtemps perdu pour moi, d'une société qui n'effarouchait pas ma tristesse et d'une amie qui mangeait a ma table. Quelque temps après, nous finies ensemble une visite au cimetière, d'où nous

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