‹ Nouvelles (volume 2)Chapitre 5 sur 34 · M LETTRE A L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

M LETTRE A L'ÉDITEUR

disposerois comme je le trouverois bon ; de sorte qu'en vous transférant la propriété de ce triste héritage du malheur, je ne cours point le risque de violer ses dernières volontés.

Quelques jours après cet entretien, ce jeune homme disparut, sans que personne pût savoir ce qu'il étoit devenu : on hasardoit bien des conjectures plus ou moins vraisemblables sur cet événement, mais elles n'apaisoient en rien mon inquiétude.

Je pris le parti de me rendre a la chaumière , et je trouvai les amies de l'infortuné dans les larmes : c'étoit une scène déchirante et qui me fit beaucoup de mal.

Je cherchai a leur donner des consolations, mais cela étoit impossible dans le moment ; elles souffroient trop. Je les quittai, et je m'en remis de leur guérison au temps qui a seul le pouvoir de cicatriser les blessures de Fàme.

Je passai dans le bosquet où sont enterrées Stella et sa mère, et où la dépouille mortelle de Frantz a voit été nouvellement déposée. Le petit cyprès qui croissoit sur la fosse de l'amante venoit d'être déraciné par un coup de vent; j'ordonnai qu'il fut remplacé avec quelque pompe, et le lendemain je fis consacrer secrètement par quelques prières le dernier asile de ces tendres créatures, qui ont été si cruellement agitées par les passions et qui élnienl si dignes de rester sans affliction dans le monde.

Ensuite je poursuivis mes informations sur le sort

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