LA GUIRLANDE
Je marchois auprès d'elle ; j'aperçus des toniïes d'niicolies sur le rocher, je les cueillis et Je les lui apportai : elle les tressa en guirlandes» les ceignit en couronne . autour desescheveux blonds, et leslaissa retomber en festons sur ses épaules, à la manière dont on pare les victimes. Cet ornement fimèbre lui rappela ses amis sacrifiés, et elle sema des fleurs sur son chemin, comme un hommage expiatoire aux mânes des innocents.
—Oui, Stella, m'écriai-je, des monstres ont épouvanté la patrie de leur audace et de leurs forfaits : ils ont dévasté les temples, ils ont égorge la fîlle dans les bras de son père, Tépoux sur le sein de son épouse bien-aimée; Us ont fait de notre terre natale le patrimoine des bourreaux, et ils Font Fertilisée avec les cadavres de nos parents...; ils t'ont bannie, ô Stella! et pourrois jamais sceller un baiser de pardon sur leurs lèvres ensanglantées 1 jamais! Vengeance et malédiction sur les tyrans 1
Quand la justice n*est plus qu'un mot, la vengeance devient un droit; et dès que les lois contemplent, dans un lâche silence, la fîère impunité du crime, il faut que le poignard de Topprimé lui tienne lieu de juge el d'ami!
Je l'ai dit; car il y a dès instants ou je TOu(trois être
amié du ^Maive de l'exterminateur, pour renverser autour de moi tout ce qui est méchant; mais c'est un égarement qui outrage la nature et qui dégrade Thumanité.
> ^ Que la clémence de Dieu descende sur eml dit
Stella. — Et je le répétai avec elle.
Une j-rande expression de piété I)rilloit dans son regard ; on Tauroit prise alors pour un ange bienfaiteur qui appeloit sur les hommes Tindulgence du Très-Haut, et elle tenoit la place de cet anneau invisible qui unit le ciel et la terre, Fauteur et la créature.
Je fléchis le genou pour l'adorer; mais ses yeux voilés d'un nuage d'amour rencontièrent les miens» et l'oubliai la prière qui erroit déjà sur ma boudie.
Stella n'éloit plus qu'une femme ^