CHAPITRE XV
Là FAUTE.
Le ciel se pnépaioit à l'inrage.
Un vent brûlant rouloit dans les airs des tourbillon?
de sable et courboit la cime des forêts qui cédoit en gé- ' missant, des nuages épais voiloient le soleil, de vastes ténèbres s'amonceloient sur 1 horizon , et le ramier des bois jetoit de temps à autre un cri douloureux.
Je pense que si l'amour n'existoit pas, ce désordre des éléments en feroit sentir le besoin.
Quand nous lûmes arrivés à la chaumière, je m'assis tout près de Stella, et Stella s'approcha davantage. J'étois au comble du bonheur, et je voulois encore quelque
■ yéditioa de tSOt porte t n'étoU plus qu^um morieVem
LES PROSCHITS. 37
chose. H y avoii une tcniijètc dans mou sein comme dans la nature.
Je cherchois tous ses regards, j'épiois tous ses mouvements. Si j'avois trouvé dans ses yeux une pensée qui ne fût pour moi, j'en aurois été jaloux.
Un éclair descendit sur la chaumière. Il me sembla qu'il élabiissoit entre nous une communication plus parfaite : je la ceignis de mes deux bras, et déjà les siens me pressoient malgré elle.
La foudre gronda; elle pou voit me frapper dans cette minute d'extase, et les heureux de la terre auroient envié mon tombean. •
Cependant un désir confus parcouroit mes veines, et mon sang reHuoit vers le cœur. Je soulevai Stella en la serrant étroitement contre moi, et ma bouche enflammée rencontra sa bouche...
D'abord Stella trembla... bientôt elle demeura privée de vie; toute son âme s'étoil réunie à la mienne dans rivresse de ce baiser...
Je ne sais pius ce que j'éprouvai... c'étoit un songe vague, mais délicieux, qui me d^oboit jusqu'au sentiment de mon être...
Tavois été coupable, puisque le bonheur peut être un crime.