‹ NouvellesChapitre 2 sur 32 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

— Votre ouvrage n'aura pas le suffrage des gens de gpût. J'en ai peur. .

' YcoB avez cbercbé à être neuf. ^ CSela eat vrai.

— Et vous n'avez été que bizarre. —

Gela est possible.

— Ou a trouvé votre style inégiid. — Les passiOQS le aapit auasi.

— Et semé de rcpéiitionB. —

La lan;;ue du cœur n'est pas riche.

^ — Votre héros s'efforce de ressembler à Werther. ' U y a tâché quelquefois.

— Votre Stella ne ressemble à personne. — C'est pour cela que Je lui consacre un monument.

— On a vu votre fou partout. — • Il y a tant de malheureux.

— Enfin, vos caractèi es sont mal choisis. — Je ne choisissois pas.

— * Vos incidents mal inventés. — > .

Je nlnventois rien.

— Et vous avez feit un mauvais roman. — Ce n'est point un roman.

CUAPITRË !• j'écrirai.

J'écrirai! Le souvenir des douleiint passées a quelque»» fois auUut de douceur qpie celui d'un aucîeB ami* Ma vie fîil agitée par les orages du malheur, mais elle

s'y est accoutumée; elle trouve aujourd'hui sa force dans ses chagrins. Aujourd'hui, j'aime à m'^ntretenir de mes revers comme ua vieiu soldat aime h montrer du doigt, «ur la carte, la positimi où il fui blessé.

Cependant, je n'ai point formé le dessein orgueilleux d'écrire pour la réputation. À vingt ans, j'ai beaucoup

* Cette nouvelle, la première qu'ait publiée Nodier, parut, pour la première fois, sous ce titre: Les Proscrits, par Charles Nodier. Paris, 1802, 1 toI. in-18 de 132 pages. Elle a etc réimprimée ea 1820, sous le titre, Stella ou le* Proscrits, dans les Nouvelles vieilles et nouvelles, par Charles Nodier^ Topfer, etc. Paris, 1843. Cette dernière édition renferme quelques correo* tiens de style, faites par l'auteur lui-même, et c'est le texte corrigé que notts •pritoni. id : mail si, par la reproduction de ces corrections, noas nous sommes 4etftf d« rédBtion jftrinceps, nous nous y sommes conformé povr tout le reste iD douiaat ; !• la dédicict, H préfMe, 3* la.iUt$ilon des ebapitre^ ce qui ne se tronre plm dam rddiliai de i84d« la leila qoPtt aoit MOb aiqoardlMrf de se proeoNT dm If aiimernei

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vécu, beaucoup souffert, beaucoup aimé, et j'ai fait un livre avec mou cœur.

Ne me lisez point» gtoération d*heureux, qui ailes parcourir une oarrière embellie par les prestiges de la fortune ; entourez votre existence de tableaux riants et gracieux. J'ai vogué sur une mer infidèle, et je n'ai vu • que des écueils.

Ne me lisez point, fenones jolies, qui isojuriez à Tessaim brillant de tos Jeunes adorateurs, et qui n'occupez le présent qu'à compter les jouissances du passé, qu'à épier le borïheur de l'avenir.

Roses du matin, balancez-vous au souffle des zéphyrs sur Yos tiges parfumées. Stella étoit une rose comme ims, mais elle s'épanouit sous un soleil brûlant, et elle mourut.

C'est pour vous que j'écris, âmes sensibles, qui avez été froissées de bonne heure par le choc des passions, et qui vous êtes longtemps nourries des leçons deTinfor» tune.

Vous n'avei trouvé autour de la jeunesse confiante

provient de la bibliothèque de M. J.-B.-A. Soulié, horaine aimable et laTant, qui fut Vêoà de Nodier et son collègue à l'Arsenal. Cet exemplaire oontioil quelques noCet nmoieritet de M. Soulié, qu*il nous a para intéressant de reproduire. Noos remerdoot son fils, k qui nons devons d'utiles renseignemeiila, d*avoir bien voulu nous autoriser à enrichir notre édition de oes notes.

Si les Progcrilt n'occupent pas le premier rang, sous le rapport littéraire, dans l'œuvre si variée de Nodier, leur place néanmoins est belle encore. L*au» leur, à son dt but, y révèle (Icj.'i eu bien des papes ses grandes qualités d'écrivain, et on y surprend, comme l'a dit M. Sainte-Beuve, tses affinités sentimentales et j)oéti(|ues dans leurs origines. » Les Proscrits ont en outre une certaine importance comnie œuvre d'opposition politique à Honaparte. Nodiei-, qui avoit commencé la guerre par la ^(ipoléone^ ode ou plutôt satire en vers, continua cette guerre par les i'roscriti. t Le \crs, dit M. J. Janin, le vers passa à la faveur de l'étonneraent général '. Tout d'abord on ne voulut pas savoir quel étoit l'imprudent qui se jotuil tète baissée dans cette mêlée. Lui, alors, au lieu de rendre grAce au ciel d'être sorti sain et sauf de Tantre du lion, il écrivit

1 Cbablu NoDin, en IMs de x FianoitMm CMimm, êtrmUn mmodk, etc. Pans ||l»,t^i|i.tl,f.tH*»

que séduction et perfidie. Les regrets douloureux vous ont suivies dans Tàge mûr ; la société vous a rebutées;

les hommes vous ont haïes, et vos douces erreurs se sont efl'acées comme le rayon fugitif qui suit de loin la rame et s'efDace derrière elle.

Yenéz sur mon cœur; je vous aimerai, j'adoucirai vos chagrins en les partageant, et nous pleurerons ensemble» s'il nous reste des pleurs à verser.

GUAPITRË II.

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