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LIVRE TROISIÈME

La licence, l'erreur, les peuples et les rois.

De ce monde naissant corrompirent les lois ;

Et, souillé sur ces bords par le sang des victimes,

L'arbre heureux de la foi n'y porta que des crimes.

En vain, dans ces forêts, des peuples transplantés

Y fondèrent des lois, des trônes, des cités.

Ces empires d'un jour l'un Tautrc se chassèrent ;

Les générations comme Tombre y passèrent.

Tel qu'un fruit corrompu qui tombe avant le temps,

La terre y secoua ses rares habitants ;

L'Océan engloutit ces races criminelles ,

Leurs projets insensés périrent avec elle ,

Et, confiant aux vents la garde de ces mers,

Le silence éternel rentra dans ces déserts !

Fière et libre à présent du vil poids qui l'oppresse,

La nature y triomphe en sa mâle jeunesse;

Le cèdre monte en paix sur les vallons flétris,

L'Océan de ses ports y ronge les débris.

Et la terre, du moins dans son luxe sauvage,

Au Dieu qui la créa rend un plus digne hommage !

Il dit, et sur les flots de nouveau s'élança

Jusqu'aux sommets de Flnde où son vol s'abaissa,

Sur l'antique Immaûs, dont le front large et sombre

Couvrait aux anciens jours des peuples de son ombre,

Et versait à ses pieds de ses rameaux divers

Sept fleuves dont les flots allaient grossir trois mers !

De là, mon œil, suivant leur onduleuse [K3nte,

Sur les champs de l'Asie avec leurs flots serpente !

252 iNOUVELLES CONFIDENCES.

Cherche Tyr ou Meniphis, ou le tombeau d'Hector, Salue avec des pleurs l'olivier du Thabor, • Aedemànde au désert les traces de Palmyre,.

Ces jardins suspendus que Babylone admire, Revoît Jérusalem, ses cyprès, son Jourdain, Et cette tonibe où dort Tespoir du genre huniain! Le silence et le deuil régnaient sur ces collines, Les fleuves serpentaient h travers des ruines,

. Le sable du désert, volant en tourbillons, Traçait au gré des vents ses livides sillojis. Des peuples disparus elEfaçait les ouvrages : Seule, élevant sa tête au-dessus des nuages, La pyramide assise au milieu de ce deuil.

Des enfants de Memnon magnifique cercueil, Brise comnie un écueil le sable qu'elle arrête !

- Et 3ur les flots mouvants qu'agite la tempête. Seul et dernier témoin d'un peuple anéanti.

Flottait comme le mât d'un navire englouti !

Voilà ces monts glacés d'où dèscetidait l'aurore ; De son pâle reflet l'astre les frappe encore ! Mais leurs fronts, dépouillés par l'aile des autans. Semblent s'être abaissés sous. le fardeau du tenips ! Ici teignant leurs pieds d'une écume azurée.

Le Rhône en bouillonnant sillonne la contrée Où s'avan^nt vers lui par d'obliques détours, La Saône en serpentant fait douter de son cours, Se rapproche, s'éloigne et revient avec grâce S'unir en murmurant au fleuve qui l'embrasse.

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