‹ Nouvelles confidencesChapitre 113 sur 160 · LIVRE TROISIÈME. îîfâ · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. îîfâ

En renfiontant le cours de ces tranquilles eaux,

Xe vois à l'Occident onduler ces coteaux, ,

Dont les sommets, pareils aux vagues écroulées, .

Semblent en se courbant fondre sur les vallées.

C'est là que je naquis ; voilà l'humble séjour

Où mon regard s'ouvrit à la beauté du jour.

Sur le flanc décharné de celte humble colline, '

Le lierre embrasse encore une antique ruine.

C'était ! . . . Pardonne aux pleurs qui tombent de mes yeux, .

C'est un dernier débris du toit de mes aïeux !

De là, longeant les bords de la mer de Tyrrhène ,

Il s'abat comme un aigle au sommet de Pyrrhènc j

Me montre avec horreur aux rives de deux mers L'Ibérie étalant ses nrionuments déserts.

L'Alhambra, fier encore de ses splendeurs antiques. Prolongeait sous mes pieds ses élégants portiques. Où l'Arabe, accouplant les. gracieux arceaux,. A façonné le marbre en flexibles berceaux.

c( Deux peuples ont bâti ces murs que tu contemples ! « L'Arabe et le chrétien ont prié spus-ces temples ! « Les pierres sont debout : les peuples ont passé ! ï^ Il dit, et franchissi'uit Pyrrhène au front glacé. D'un vol irrégulier serpentant dans la plaine, ; Le souffle impétueux m'emportait vers la Seine ! . Mais, quand du haut des airs mes regards eflrayçs Reconnurent ces bords qui fuyaient sous mes pieds : ' Que de ton vol ardent la course se modère.

Lui dis-je, cl de plus près rasons ici la terre !

Laisse-moi rechercher dans ces vallons flétris

Des lieux où j'ai passé les vestiges chéris :

C'est ici que d'ombrage et de fleurs embellie,

La terre m'apparut, au matin de ma vie,

Comme un lieu permanent ou l'homme avant le soir

Pouvait sur de longs jours fonder un long espoir !

C'est ici, que plus tard, dans l'été de mon âge,

Trouvant un port tranquille après un long orage,

Dans le sein de l'amour entraîné par l'hymen.

Et cultivant les fruits de mon champêtre Éden,

Dans le calme des nuits recueillant mon délire,

Au Dieu qui l'inspirait je consacrais ma lyre !

Là je voyais jouer sur le gazon des prés

De nos chastes amours les présents adorés !

Lh je plantais pour eux le chêne au large ombrage,

Dont le dôme éternel, élargi d'âge en âge,

Devait, prêtant son ombre aux fêtes du vallon.

Porter de fils eu fils mes bienfaits et mon nom !

Là je semais Tépij là je creusais la rive

Où mes soins enchaînaient une onde fugitive !

Le temple du Seigneur s'élevait sqr ces bords ;

Là veillait le pasteur sur la cendre des morts !

Là dormaient ses aïeux; là, l'humble croix de pierre

De son ombre immobile a couvert leur poussière !

Ses débris mutilés couvrent encore leurs os !

Mânes ! goûtez en paix ce reste de repos !

Bientôt... Mais, m'arrachant des lieux de ma naissance,

L'Esprit impatient me gourmande et S'élance,

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