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LIVRE TROISIÈME

Par un souffle divin qui soulevait leurs nœuds,

En deux cornes d'argent s'arrondissant d'eux-mènic,

Dessinaient sur son front ce noble diadème,

Symbole de la force et de Tautorilé,

Sur le front du bélier, par Dieu même jeté.

Et dont, pour imprimer son signe sur leurs têtes,

Jéhovah couronnait le front de ses prophètes :

Tel semblait ce vieillard, et ses traits souverains.

Sa taille surpassant la taille des humains.

Tout en lui rappelait un de ces premiers sages

Heureux contemporains de Tenfance des âges !

Bouclé sur son épaule, un grand manteau de lin

Laissait à découvert la moitié de son sein ;

Une large courroie en serrait la ceinture,

Puis, sur ses pieds divins roulant à l'aventure,

Formait ces larges plis, où, flottant tour à tour,

On voyait se jouer les ombres et le jour.

Il pressait, d'une main, sur sa poitrine nue.

Un livre dont sept sceaux interdisaient la vue ;

Et de l'autre il semblait, avec deux de ses doigts.

Tracer sur Thorizon l'image de la croix.

Auprès du saint vieillard, mais dans l'ombre cacbé.î, Une femme, une vierge à sa trace attachée.

D'une timide main s'appuyant sur son bras.

Sur un pied suspendue, avançait sur ses pas.

Non, jamais la beauté qu'un amant vierge encore De ses désirs brûlants en rôves voit éclore,

â80. NOUVELLES CONFIDENCES.

Jamais le souvenir qu'un jeune époux en deuil, Pour nouri'ir ses regrels, évoque du cercueil, Jamais l'image, enfin ^ la séduisante image Que se forme une mère, en portant son doux gage, N'égala les attraits de cet être charmant Qu'aux regards d'Eloim offrit ce seul moment, Quand fixant sur ses traits sa paupière ravie. Ce regard suspendit son haleine et sa vie ! •

Elle était dans cet âge où prèle à se flétrir. Cette fleur de beauté qu'un printemps fait mûrir Semble inviter l'amour à cueillir ses délices Avant qu'un jour de plus effeuille ses calices : Age heureux de la grâce et de la volupté Qui confond en saison le printemps et l'été!

La jeunesse mêlait sur ses lèvres écloses Une tendre pâleur à l'éclat de ses roses ; Ses traits divins dont l'ombre arrêtait le contour, . Ses yeux bleus, ou brillants, ou voilés tour à tour. L'astre dont le foyer est le cœur d'une femme Laissait en longs éclairs échapper plus de flamme ; D'un sein plus arrondi les globes achevés^ • D'un souffle plus égal sous leur voile élevés, Et ses cheveux flottants, dont les tresses moins bloiidrs Jusque sur le gazon gUssaient en larges ondes, Mais dont Tor, brunissant de plus de feux frappés, Ressemblait aux épis que la faux a coupés :

Tout en elle annonçait ces saisons de tempête.

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