‹ Nouvelles confidencesChapitre 137 sur 160 · LIVRE TROISIËME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIËME

(( Illustre, je t'aimais; malbeureux» je fadore! ce Et moa cœur à ton cœur attaché sans retour» « Ce que ravit le sort, le rend par plus d^atnour ! « Mais toi dont la tendresse,^ aux risques de ta vie, « Â l'injure, à la mort, dans tes bras m'a ravie.

< Toi qui semblas m'aimor tant que je fus ta sœur,

< Tristan ! ton cœur esHl si docile au malheur? « Se peut-il qu'un s^l jour efface tant d'années !

« Tant de doux souvenirs, tant d'heures fortunées, ^

« De tes yeux pour jamais sont4ls donc disparas?

« Et quand ce cœur perd tout, ah ! m m'aimes-tu plus? »^

Les mains jointes, le front baissé sur sa poitrine, Tristan restait nauel, debout devant Hermine, Comme un homme accusé, parmi ses ennemis, D'un crime imaginaire et qu'U n'^ pas commis. Mais coupable d'ufi autre e| i»*êt à se confondre, Refuse de parler. Qt tremble de répondre.

Hermine interprétant ce sil§nc9 incertain :

a Ah! s'il est vrai.! cruel! pourquoi, pourquoi ta main < Ne m'a-t^die à la honte, aux flots abandonnée? « Je mourrais moin$ coupable et moins infortqnée ! « Va, pars, arrache-moi tout dans le même instant, « Et pour suprènie adien ne me laisse en parlant « Que l'éternel chagrin dont je meurs consumée, «c Que la honte et l'affront d'aimer sans être aimée I >

Le page, à ces accent^ dont ¥>n C^ur est frappé, .

Retient en \ain un cri de son âme échappé.

< Aimer sans être aimée ! Ah I je devais peut^ôlre « Mourir ayant ce cri qui vous Ta fait connaître,

< Et cachant, même & moi, mes sentiments secrets, « Ne révéler qu'à Dieu le nom que j'adorais !

< Mais, ce reproche, Hermine, a vaincu ma constance, « Mon cœur en se brisant a trahi mon silence.

« Car si jamais, 6 ciel ! vous me le reprochez, t Je ne vous Tai pas dit, c^est vous qui Tarrachez !

< Oui I seule vous étiez ma pensée et ma vie.

« Dans le fond de mon cœur, c'est vous que j'ai servie. « Dans la lice, au tournoi, c'est vous que je pensais! « J'y portais votre nom et je le prononçais ! « Quand oa me demandait quelle serait ma dame, « Je murmurais tout bas ce seul nom dans mon âme ; « Et vainqueur et vaincu dans ces brillants hasards, « Je ne voyais jamais mon prix qu'en vos regards ! « Né me demandez pas depuis quand je vous aime I « Mon cœur pour l'avouer ne le sait pas lui-même* « De cet amour si doux dès l'enfance animée

< Je ne me souviens pas de n'avoir pas aimé.

< Et ne trouvant en moi d'image que la vôtre,

« Je ii'ai jamais pensé qu'on pût aimer une autre ? « Longtemps ces noms si doux et de frère et de sœur « Comme ils charmaient ma vie ont pu tromper mon cœur, « Et je ne cherchais point à démêler la trame « Des doubles sentiments qui régnaient dans mon âme.

< Qu'importait àmon cœur de le savoir jamais?

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