‹ Nouvelles confidencesChapitre 139 sur 160 · LIVRE ThOISlÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ThOISlÈME

« Ce nœud mystérieux ehchaitiéra ton sort! ^

— « Je jure, dit Tristan, d'obéir h mon mallré, ■ « De respecter le rang où le cietvous fit natlre, . « De refuser toujours le nom de voire époux

« PoMr vivre et pour mourir moins indigne.de Tbiis!» Hermine, à cet arrêt d'une perte éternelle, Sent défaillir son cœiir; elle pâlit, chancelle,. Murmure un cri confus qu'elle li'àchève pfis; ' Et Tristan, à genoiix, la soutient dans ses bras. - / Mais du haut des ci^éneaux d'où son regard domine. Le vieillaird lés découvre, il vbit, il voit Hermina ' ■ Au ;noment où, tombalit soûs l'excès dû maihirâr, Le page, avec rçspect, Ha reçoit sur son cœur. - ; ' Tristan ! s& flUe! ^semble I en ces lieux j à cette heure j.;.

— a J'en al trop vb^>4it-»U;.^hI que le traître moiire ! : a Dût se mêler au sien mon sang déshonoré ! i>

Il s'écrie, et, d'un bras de fureur égaré.

Arrachant l'arbalète aux mains de l'homme d'armes,

Sur le bord du rempart, il la supporte, il l'arme,

El, trop lent à son gré, mais plus prorapt que l'éclair.

Le trait qu'il a lancé, siffle, vole et fend l'air.

Mais, ô fureur aveugle ! ô trop malheureux père !

Le trait mal assuré qu'a lancé la colère

Le venge et le punit dans le même moment ;

Il frappe d'un seul coup et l'amante et l'amant.

Et, traversant l'épaule où s'appuyait Hermine,

Sur le corps de Tristan lui perce la poitrine.

Réunissant ainsi dans les nœuds de la mort

Ces deux enfants en vain séparés par le sort !

Percé du même dard dont le fer les rassemble

Le couple infortuné chancelle et roule ensemble,

Et, du haut de la tour dont ils touchent les bords,

Sur Tabime profond tonfibant comme un seul corps,

Le lac qui les reçoit ouvre sa vague obscure,

Et le flot les recouvre avec un sourd murmure.

Tels pendant qu'au printemps un couple de ramiers

Soupire ses amours sur les hauts peupliers

Le perfide oiseleur qui voit battre leurs ailes

Perce d'un même trait les deux oiseaux fidèles,

Les gouttes de leur sang teignent leurs flancs ternis.

Leurs cols entrelacés se penchent réunis ,

Et, comme un doux faisceau qu'un trait mortel enchaîne,

La même flèche encor les unit sur 1 -arène.

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