LIVRE QUATRIÈME
répiibVique, qu'il n'avait pas prpslernée sous l'empire. Briffault, après avoir lente avec succès la scène française par des drames jetés au moule de Voltaire, renonçait , pour la gloire légère des salons, aux travaux austères du tragique et semait, comme Boufflers, son esprit et sa grâce au vent. Casimir Delavigne chantait, en strophes latines et grecques, les revers de la patrie, dans les MessénienneSy ces préludes de sa vie de poëte. Hugo, encore enfant, balbutiait déjà des strophes qui faisaient faire silence aux vieilhs cordes de la poésie de tradition. Soumet, tendre comme André Chénier dans l'élégie, harmonieux comme Racine dans l'épopée, flottait entre les deux écoles. Millevoye mourait un chant divin sur les lèvres. Vigny méditait, en s'écoutant lui-même, ces œuvres de recueillement et d'originalité qui n'ont point de genre parce qu'elles ne rappellent qu'une âme solitaire comme son talent. Sainte-Beuve conver^ sait, en vers nonchalants et tendres, avec ses amis de sa jeunesse , qu'il devait critiquer plus lard en les regrettant. Andrieux, Guiraud, Etienne, Duval, Parce val-Grandmaison, Viennet, Esménard, Saint- Victor, Gampenon, Baour-Lormian, Michaud , Pongerville, Jules Lefèvre, Emile Deschamps , Berchoux , Charles Nodier , Sénancour , Xavier de Maistre , E. Stern des Alpes, frère du philosophe Montlosier, Genoude , M. de Frayssinous, prédicateur, Feletz ; madame Dufresnoy, madame Desbordes -Valmore ,
madame Cotlin, madame Taslu, madame de Genlis, mademoiselle Delphine Gay, depuis madame de Girardin , et dont le talent devait illustrer deux noms, plusieurs autres noms qui s'éteignaient ou qui commençaient à poindre dans le siècle , assistaient ainsi au déclin de Tempire et à Taurore de la restauration. La nature, qui avait paru stérile parce qu'elle était distraite par la révolution, par la guerre et par le despotisme, se remontrait plus productive que jamais. C'était la végétation d'une nouvelle sève longtemps comprimée, la renaissance de la pensée sous toutes les formes de l'art moderne. Une nouvelle ère de la pensée, de la politique, de la religion , devait couver dans ce foyer dont la paix et la liberté avaient ravivé les flammes. On reconnaissait la France au moment où elle était vaincue par la frénésie d'ambition de son chef; elle reprenait le sceptre de l'intelligence cultivée et de l'opinion dans le monde.
Le retour de la famille des Bourbons et d'une aristocratie qui avaient toujours patroné, honoré et cultivé les lettres et les arts, contribuait puissamment à ce mouvement de l'intelligence. La société française retrouvait tous ses foyers dispersés dans les salons de