‹ Nouvelles confidencesChapitre 7 sur 160 · LIVRE PREMIER, . 2i · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER, . 2i

ovale,, ni ropd, mais . presque carré comme dians les races guerrières du Jura, les yeux d'une couleur changeante et d'un vif éclat, ombragés de sourcils noirs et épais qui tendaient à se rejoindre au-dessus du nez quand il plissait le front, formant alors une seule ligne sombré entre le visage et le front. En somnàe,, une superbe tête de chef militaire modelée par la nature ou par Thabitude pour le commandement à ses soldats.

Cette habitude du commandement militaire se révêlait également dans toutes ses attitudes. Il portait la tête haute, il regardait en face, il saluait avec dignité , mais sans hauteur f ses membrps étaient souples, sa marche ferme, lente, régulière comme s'il eût entendu en marchant le tambour ou le claîron pour mesurer le mouvement et la distance de ses pas ; ses habits , de couleur bleue et. de forme austère, n'avaient jamais ni recherche, ni couleurs éclatantes, ni négligence, ni abandon dans les plis. On y sentait le souvenir et la ponctualité de l'uniforme ; ses sourliers à boucles ne lui pesaient pas assez aux pieds; on voyait à sa marche qu'il croyait avoir à soulever encore les lourdes bottes à l'écuyère qu'il avait longtenâps portées, et que le cheval d'escadron manquait à ses janibes. Il ne passait jamais devant ïui un soldat ou un cheval sans qu'il s'arrêtât un naomeht et qu'il prît sa lorgnette pour regarder l'homme ou l'animal»

La guerre était sa patrie, la discipline sa vertu ; Tépée, le cheval, la selle, le harnais, son ambition, son souvenir, sa contemplation perpétuels. Au fond il plaignait, sans les mépriser, toutes les autres professions de la vie humaine. Tous les métiers qui ont pour but le gain lui paraissaient assez vils, et, de tous les métiers qui ont pour but de gagner de l'honneur, il n'en connaissait qu'un : offrir ou verser son sang pour son roi ou pour son pays. Entre le militaire et le paysan pour lui il n'y avait rien. Il regardait tout le reste comme les nobles Polonais regardent les juifs de leurs terres, race nomade, mercantile et usurière entre le peuple et eux. C'était le modèle parfait du gentilhomme de province, père de famille, chasseur, cultivateur, ami du peuple après avoir été l'ami du soldat. Tel était l'extérieur de mon père.

Ses camarades de régiment, dont il y avait plusieurs dans la ville, et les hommes de la société, l'appelaient le chevalier de Lamartine. Les hommes du peuple et les hommes étrangers a son intimité l'appelaient M. de Prât. C'était le nom d'une terre de famille en Franche-Comté, dont mon grand-père lui avait donné le titre pour le distinguer de ses fiwes.

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