‹ Nouvelles considérations philosophiques et critiques sur la Société des Jésuites [microform], sur les causes et les suites de sa destructionChapitre 14 sur 32 · CLAUDE AQUAVIVA · texte numérisé non relu

CLAUDE AQUAVIVA

Un desaveu aussi precis de la doctrine de Ma* riana, auroit du, sans doute, fermer la bouche aux. eternels detracteurs des Jesuites. Mais non, dans, cette declaration d'Aquaviva, les Janse'nistes, haa embrouiller les questions les plus claires,

decouvrirent des termes insidieux , qui perraettoient a certaines personnes de tuer un prince qui abusoit de son pouvoir , pour le malheur du peuple. Us incidentqient sur les termes cuicumque personce, Au lieu de les rendre par ces mots qui se presentoient naturellement a 1'esprit : a qui que ce soit f ils traduisent a toules sortes de personnes; comme si Aquaviva avoit voulu faire entendre qu'il est des personnes qui peuvent attenter a la vie du tyran, C'est en verite une bien miserable chicane. Non-seulement cette traduction repugne au sens naturel de I'original, elle est encore liautement dementie par la suite du texte. Aquaviva proscrit la doctrine de Mariana , dans la crainte qu'elle n'ouvre le chernin a la ruine des princes , et ne trouble la paix. S'il se bornoit a declarer qu'il est defendu a certaines personnes , et dans certains cas > de leur oter la vie , au lieu d'etendre cette defense indistinctement a tons, n'ouvriroit-il pas le cliemin a la ruine des princes, tandis qu'il veut mettre leurs personnes en surete ? ne poseroit-il pas un principe destructeur de la paix des Etats , au lieu de lui donner une sun? garantie dans les vrais principes de Fordre et de la tranquillite publique? II ajoute qu'il interdit 1'enseignement de la doctrine du tyrannicide, souspeine d'excommunication et autres chatimens tres-graves ; parce que cette doctrine revoque en doute la surete de ceux lesquels, selon I'ordonnance de Dieu , nous devons honorer et respecter comme personnes sacrees et elablies de Dieu pour heureti*

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scm&tt regir et gdtiverner son people. S'il autorise eertains pavfiicaliers a plough le poignard dans le t sein du prince Mgitimey qwaad il em|)l<s>i!e son a'utdrite* a vexer'et tyranniser ses sufel's^ met>il eh sfo> rete? la ; p&rsmne saciree des Rois ? Est-elle scferee et inviolaMe la perSortne de celui que Ton 1 peut tuer sins crime? Sa vie est-elle en su-ret^ quand on la met a la disposition des ^nieeonteris-dt de^ s^ditteux j en declarant qu'iT esU seulement defendu- a toiite sorte de personiae d6 le mietWe a mort, sans designer cewX' qiul on* le di^oit de lui arrachet la vie? Et conlttient'iin tet prince 1 fegira-t-il heurettsement son pewpl6 t lorsijfl^ ses jom'S'et sbn trone serontl ex-* poses a lift pe^>il tdajon^'s Resent? II estdonic evident que' 1st tadii6tiort^ jatfse'mste du> deeret d'Aquaviva est enlii^eai6fit irifidei'e^ etoiuieHe tourmeiate: cruellenieni les^*pressi!ons ; d>e: refiginal , pouu faiate de ce geWe/-ald i el'drd l i ) ed ( e saint Ignacev unirdgicide depro^fessiohv Bile eSt d^illears diame'tralement oppose'^ ari sen qfte M drit cotistattiaiieBt-^dnBe tes JesuiteSy et ento'e aTiities le pew Goton , dont- nous avbns rajp* pbfte' k' tiad ) u!Gtk>tt. ESe n^' vint pas nieme dans respuili du parleinent de Paris, pmsqu'il M si satis* fait d"e ! ee d^cfet d'Ai^a^iva^ qu-'a foccasidti dfe la publication ditlivred Swaies, intiftufe : D&fertsede la foi cuthottiqite, il 6nj'6ignity pat* un< arte't du 26 juin 1614, auxpel'es Araiand ; , Gofoti, Fronton et Sirmorid , defdife en s&rte eftvets fete/* general, qu'il renou&elle led ft decfef, et qtfU soil pitlflie^ et d'en rapporter actedctns &ix moiV. Et le cardinal de Bichelieu fut si eloigne de la soiipeonner, qu'il

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renvoya au decret d'Aquaviva les quatre'ministres de .Charenton , qui aecusoient la Societe' d'enseigher la doctrine du tyrannicide , pour apprendre sur-rce point important le veritable sentiment de f ,cette illustre Gompa'gnie. L'opinionde Mariana n'estidono pas renseignement des Je'suites. Elle est au contraire blameeet condamnee par ces religieux ? ayant'a leur tdte:le i general de la Socie'te. ' - ; ) -A '> -

. D'a litres opinions moins hardies et moins ian^ gereuses que celles de Jean Petit et de Mariaha , furent accre'dite'es et repandues en Allemagncy ainsi que dans les autres paysde 1'Europe. Lestheologiens et les juriscbnsultes distinguoient conimunement deux sortes de tyran^ 1'un .d' usurpation et 1'autre d'admiriistrdtiQri.^Lv premier est; un brigand qiii attente a la liberte' d'uri;Etat , l s'efforce d'enVahir le trone du prince le'gitiihe. Le secolid a droit;de : gouverner ; mais il : exerce le pbuyoir souyerain d'.^ne maniere si vexatoire, qu'il est aussi redoutable s i ses su^ets, qu'une bete fe'roce, qu'un mpnstre fiarieux. A.U seizieme siecle , les theologiens et les ju riscQnsultes de'cidoient assez commumement qii'il etoit permis a jin particulier de mettre a mort le tyran d'usunpation , parce qu'il n'a auciin droit a la couronne j ;et que c'est d'ailleurs la vplonte' pre'sumee du prince et de la nation, qu'on luiote-la;vie,,si Ton ne peutpas autrement en de'liyr;er;rEtat, Quant autyTan:rf- a(?ministration quise portoit a des exces intple'rables, ils disoient vqueilaination en corps pouvpit le deposer dans une ' assemble'e ge'nerale , et m^me. le condamner a mort, dans le cas ou il continueroifc

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