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caractere, pour en connoitre le fort et le foible, et qu'il le de'termine au sacrifice des inclinations vicieuses , par les motifs qui font sur son esprit tine impression plus Vive et plus profonde : il est surtdut indispensable qu'il fasse jouer dans son ame le grand et puissant ressort de la religion ; car en vain il lui parleroit, dans les termes les plus nobles et les plus energiques, de justice, de probite, d'honneur et de philosophic j s'il n'enchaine pas ses passions avec les liens de la religion , bientot, fier de sa liberte' , il secouera le j oug de la soumission aux regies de la morale; bientot, pour jouird'unplaisir sensueletmoinentane, il foulera aux pieds, sans pudeur, et la justice , et la probite , et lUionneur , et la philosophic; car, quoi qu'en dise I'mcre'dulite', c'est la pensee d'un Dieu terrible dans ses chatimens , et magnifique dans ses recompenses , bien plus que la beaute de la vertu, la laideur du vice , la crainte du de'shonrieur , et 1'amour de la gloire , qui captive les passions tyranniques, et arrete 1'homme sur le bord du crime. Sans cette sanction religieuse de la morale qui seule embrasse tous les cas , qui seule s'e'tend a toutes les circonstances , qui seule inte'resse tous les homines, quels que soient leur naissance , leur ge'nie , leurs privileges et leurs titres , la morale n'est plus qu'une legislation sans legislateur, une loi depourvue de sanction, un magnifique edifice bati sur le sable, qui s'e'croule au premier vent de la tempete. Jamais done un instituteur , fiit-il doue des qualite's les plus rares et les plus estimables, ne fera de son eleve
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un homme solidement vertueuXj si la religion est etrangere a son Education, ou si elle n'est qu'uti foible accessoire parmi les moyens de le former a la vertu. Inexperience le prouve : la jeunesse n'a-t-elle pas ete plus deprave'e dans ses gouts , et plus corrompue dans ses mreurs depuis cette de'sastreuse e'poque, oi\ 1'impiete' , devenue populaire, pe'he'tra dans les ecoles publiques, pour y secher dans sa racine toute vertu sociale et religieuse ? 4- Enfin il faut que 1'instituteur possede ce talent de la persuasion, qui inspire Taraour de la vertu, en la peignant sous des traits airaables , qui fait plier sous le joug du devoir les coeurs rebelles et les caracteres fiers, par nil melange de fermet^, de douceur et d'autorite, qui surmonte tons les obstacles a la reforme des mceurs, avec autant d'adresse que de Constance. Sans ce talent esseritiel, les lecons, les exemples, le devouement de 1'instituteur seront souvent steriles ; il ne recueillera d'autre salaire de ses peines , que la douleur d'avoir travaille sans succes. Or, les Jesuites instruisoient la jeunesse de ses devoirs dans les catechismes, les retraites et les congregations. Si la jeunesse de nos jours, dit le judi- / cieux Fleury, est incomparablement mieux instruite que celle des siecles precedens, on en est redevable,, pour la plus grande partie , aux catechismes des Je'suites (0.