S.UR LA SOCI6T6 DES
de la vertu par 1'autorite de 1'exemple; Onii'apercevoit point en eux cettemdiistiiieuse opposition de la doctrine et de la conduite qui avilit rinstitu-) teur, rend suspecte la verite de ses principes, et jelte une sorte de ridicule sur son caractere etsur son en^ seignement. Soumis a une discipline severe, observantfidelement, non-seulement les lois , mais encore les conseils de 1'EVangile, les Jesuites pratiquoient ce qu'ils enseignoient, ils commencoient jpar agir avant de commander. La purete de leurs moeurs a e'te tellement al'abri de toute censure, que les enne-^ mis de la Socie'te* ont e'te forces de leur rendre justice sur cet objet. Quant a leurs mceurs, dit M. de Fitz- James, ev^que appelant, dans tine lettre livree a Timpression, ou il donne son avis sur les Je'suites, M et les maltraite avec violence ; quant a leurs mceurs, elles sont pures. On leur rend volontiers )> la justice de reconnoitre qu'il n'y a peut - etre point d'ordre dans 1'Eglise, dont les religieux soient plus reguliers et plus austeres dans leurs moeurs (0 . Au suffrage de ce prelat, nous joindrons celui de 1'auteur janseniste , de la brochure sur le Pape et les Jesuites, qui convient francliement ( 2 ) que la conduite souvent scandaleuse des mailres qui remplacerent les Je'suites > fa regretter ces religieux ; et ajoute , quelques pages plus bas : Les Jesuites menoient une vie frugale \ ils e'toient modestement v^tus, et d'une etoffe commune. Leurs
(') P. 20. CO P. 73 , 2. e edition.
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batimens n'avoient rien de magnifique , et dans leurs meubles on ne voyoit rien qui excedat la simplicite de 1'e'tat religieux (0 . Ces aveux sont pre'cieux a recueillir , puisqu'ils sortent de la bouche des adversaires de'clares de la Societe. Satis Jirmwn est testimonium quod perhilelur veritati, ab ipsis inimicis ( 2 ).
3.o Les Jesuites ne bornoient pas leurs soins a instruire la jeunesse , et a lui donner 1'exernple de la vertu ; ils travailloient encore, avecun zele que rien netoit capable de rebuter, a reformer le caractere de leurs eleves, a epurer leurs moeurs, a fortifier dans les ames le sentiment religieux. De la , cette continuelle application des professeurs a inspirer le o-out de 1'e'tude, a exciter le feu de 1'e'muladon, pour detourner leurs ecoliers de cette indolente oisivete, qui est la source ordinaire du libertinage. De la, cette surveillance active qui epie, la nuit comme le jour, les moindres demarches des eleves , afm d'arreter ,le mal dans son principe; cette juste se'verite qui interdit Texplication ou la lecture des livres obscenes, punit la frequentation des spectacles licencieux, dissout les amities dangereuses oususpectes, cliasse impitoyablement des colleges les sujets incorrigibles qui propageroient le de'sordre. De la encore, cette attention a recommander la modestie et la de'cence dans le maintien, la moderation et 1'honnetete' dans les disputes classiques, la douceur et la politesse dans
( J )P. 76. WLactaiice.
le
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]e langage : cette charite active et patiente , qui*se plie aux caracteres et aux cireonstances, emploie les a?is' particuliers ou les exhortations publiques met eh jeu alternativement le sentiment de 1'honneur, de la crainte ou de 1'amitie', pour vaincre et reformer les inclinations de'reglees, au moment ou elles se produisent et coramencent a se deyelopper: cette coutume imprescriptible d'exiger tous les mois un billet de confession; pratique de devotion qui n'est pas, je 1'avpue, a la hauteur de notre siecle superbe et impie;.mais pratique salutaire, qui contient les homines dans les boriies du devoir, et previent les ecarts de ces honteuses passions qui plongent, U^las! trop souvent les families dans le deuil, en les couvrant des larnbeaux de la pauvrete et des liyrees de 1'opprobre. De la enfin ces retraites consacrees a la pie'te , oti Ton fait grpnder le tonnerre de la parole divine, pour eveiller dans les cceurs coupables le remords qui conduit au repentir; oil Ton etale, sous les yeux de la jeunesse, les charmes de la piete* et les delices de la patrie celeste, pour ramener au bien,. par 1'attrait de.s recompenses, ceux que la terreur precipiteroit dans la tristesse et le desespoir :.ces utiles congregations que Ton appelleroit volontiers, de nos jours, des reunions d'enthousiastes et de fanatiques; mais ou, en depit d'une philosophie aveugle , la vertu encore foible et chancelante trouvoit, dans ,la, pompe des ce'remonies religieuses, dans les exemples imposans d'une jeunesse appartenant aux plus hautes -classes de la socie'te',