‹ Nouvelles considérations philosophiques et critiques sur la Société des Jésuites [microform], sur les causes et les suites de sa destructionChapitre 3 sur 32 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Des Disciples de Jansenius.

les Protestans viennent les disciples de Jansenius.

II m'est impossible de me dissimuler ici qiie je vais froisser bien des prejuges ; et jeter lalarme

l8 NOUVELLES CONSit)ER ATIQHS

dans tin certain pdrti, Je commence jiar rehdi-6 hommage ail rare genie de Pascal, a la profonde "erudition de Nicole et d'Arnauld, aux qualite's brillantes des ecfivaihs de Port-Royal ; mais sans trahir mst cohscieiiee, je tie pourrois ctinsacrer Ferreti!* qii ils dtit apipiiyee de leiirs suffrages , ni c^ihpro^ riie'ttre la verite de 1'histoire , pour plaire a leurs disciples* 11 fdtit, de toiite iiecessite, qiie le talent s'iticline avee respect devarit le tribunal infaillible qite iJieii a e'tabli dans 1'Eglise, jpoiir veiller a la garde dii sacre' de'pot de la reve'latioh, ou qu'egare par 1'amoiir de la iibiiveaute et le genie de la re'volte, il devienne a la fois la victime de 1'erreur, le jouet de la passion, et Tobjet de la censiire des siecles a venir.

II est incontestable qiie la doctrine des cinq propositions extraites du livre de Janse'hius , a etc condamnee par les souverains Pohtifes, dans le sens nieme de 1'auteur. Les bulles e'manees du siege apostolique ne laisseht aucun lieii de douter de ce fait. II est egalement Certain que la presque totalite' des ev^qnes du monde catholique, ayant approuve expressement ou taciteraent les jugemens de Rome stir les querelles du jaiis'enisme , ces jugemens sont maintenant place's au rang des de'finitions dogmatiques auxquelles tout fidele doit une sincere adhesion d'esprit et de coeui\ La distinction du fait et du droit, reprouvee par 1'Eglise , est une vaine subtilite invente'e par 1'esprit de parti, pour e'luder la condaranatioh solennelle prononce'e contre 1'erreur.

SUK LA' S'OClfiTfi DES ^SUITES, ig

Inconnueaux siecles qui pre'cederent I'orfgine du janse'nisme , elle tend a prouver tjue 1'Eglise a constamment usurpe un pouvoir qu'elle 'n'auroit pas pecvL de sondivin fondateitf;puisque, s'appuyant sur le roc imrauable des proraesses divines, elle a j dans tous les temps, juge' et frappe de ses anathemes les liyres' des he're'tiques ^ aussi bien qne les he're'tiques ettx-memes. L'aiFaire deS cinq propositions est done

termine'e depuis long* temps, et les de'feflseurs de cette doctrine qui commence a vieillir, ainsi que toutes les erreurs, ne sotit plus, auxyeux d'un vrai catholique, que des rebelles a rautorite edcle'siastique, et les ennemis de ses decisions.

Les; Jesuites anroient done e'te' des sentinelles endormie^ , ou' des laches de'serteurs des inte'rets de la. religion, si, insoucians sur les rapides progres des dahgeretix systemes de Jansenius, ou intimide's par le n ombre el le cre'dit de ses sectateurs, ils eussent garde un coupable silence dans ce jperil de la foi. Au bruit de la nouvelle erreur, ils crurent done devoir prendre en main les armes du talent et dusavoir, pour 1'arreter dans son premier conrs. Ils montrerent qu'elle n ? ^toit qu'un protestantisme mitige' : ils 1'accablerent du poids de la raison et de I'autorite' des siecles passe's : ils combattirent sans relache pour la defense des jugemens de 1'Eglise. Annat, Deschamps, d'A.vrigny, Lafitau, et beaucoup d'autres auteurs je'suites firent feu sur 1'ennemi, dans ce combat de la nouveaute' centre 1'ancienne croyance ; mais ce zele, qui e'toit un devoir,

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