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contre nature, dont la première idée appartient, suivant M. Laugier, à un praticien de Philadelphie, Shmalkadden, qui la réalisa en 4 809. Dupuytren pratiqua cette opération en 1813, et de plus inventa Y entèrotome.
L’adossement des membranes séreuses, qui joue un si grand rôle dans le traitement de Y anus contre nature , a été l’objet d’un mémoire intéressant dû à M. Jobert de Lamballe.
Les chirurgiens, moins préoccupés de la théorie de l’inflammation présentée par Y École physiologique, se sont mis, les premiers, à combattre les phlegmasies, tantôt par des moyens purement mécaniques, tantôt par des méthodes dites substitutives. Ainsi ils n’ont pas craint de porter le caustique au centre même des inflammations, de cautériser la conjonctive enflammée, les pustules de la variole, du pemphigus , du zona , etc.
M. Velpeau ayant démontré qu’à l’aide de l’alun en poudre et du nitrate d’argent, porté directement sur les inflammations couenneuses , on pouvait arrêter leur marche en quelques jours, les médecins, enhardis par cette expérience et éclairés par les recherches de Bretonneau sur la
Diphlhérile , dont M. Trousseau a indiqué les différentes formes, ainsi que par l’ouvrage du docteur Brichetau sur le croup et Y angine couen lieuse , ont eu plus de succès dans le traitement de ces terribles maladies, où M. Trousseau s’est distingué, surtout dans les cas extrêmes, par l’opération de la trachéotomie qui compte déjà un grand nombre de succès.
Les médecins et les chirurgiens contemporains ont fait des recherches importantes sur des inflammations à peine soupçonnées autrefois, telles que la Phlébite et Y Angioleucite (*) ; et ils profitent des lumières répandues par M. le docteur 'Alard sur l’inflammation des vaisseaux absori bants dont on ne connaissait rien avant les travaux de ce praticien distingué.
Les maladies de l’utérus sont mieux connues ci mieux traitées depuis le commencement du ^siècle, où Récamier et beaucoup d’autres ont rei rnis en usage le spéculum uleri perfectionné.
La chirurgie aujourd’hui remédie à certaines difformités du visage par diverses opérations
(*) Voir les travaux de Breschet sur la première, et ceux de M. Velpeau sur la deuxième, dans les Archives de médecine, tomes VIII et X, 1835.
connues sous les noms de rhinoplaslie , chéiloplaslie , génoplastie, etc.
Blandin a eu l'heureuse idée de recourir à F autoplastie , dans le but de prévenir les récidives de certaines affections cancéreuses.
Le même opérateur s’est distingué, ainsi que le professeur Malgaigne, dans l’art de remédier au bec de lièvre.
La chirurgie réparatrice a obtenu un nouveau succès par la staphyloraphie , opération à laquelle le professeur Roux a laissé son nom attaché, l’ayant imaginée et pratiquée le premier.
Tels sont les principaux perfectionnements qu’a reçus la médecine opératoire, depuis le commencement de ce siècle. Mais quel triomphe pour elle de pouvoir s’exercer, de nos jours, sans inspirer le moindre effroi, sans porter le moindre trouble dans l’imagination, ce qui compromettait souvent le succès des moindres opérations sanglantes, par l’effet des préoccupations mentales!
Depuis une quinzaine d’années, la découverte aussi heureuse qu’imprévue des anesthésiques paraît avoir mis le sceau à tous les prodiges accomplis dans notre siècle.
Ces agents admirables, en effet, donnent à
noire art le pouvoir merveilleux de soustraire l’espèce humaine à la douleur qui semblait être inhérente à sa nature, à sa destinée, qu’on regardait, depuis l’origine du monde, comme un legs héréditaire que chacun devait recevoir à sa naissance.
On ne s’étonnera pas d’entendre un médecin qui a passé soixante-dix ans de sa vie au milieu des souffrances de ses semblables, qui a pratiqué et vu pratiquer les opérations les plus graves, à la douleur desquelles succombaient souvent sur le coup, ou peu de temps après, les hommes les plus courageux, les femmes les plus patientes; on ne s’étonnera pas, dis-je, de l’entendre proclamer la découverte des anesthésiques , comme la plus précieuse que l’on ait jamais faite. Depuis cette immortelle époque, on n’entend plus de cris durant les opérations les plus prolongées ; plus d’appareil effrayant ne vient frapper les yeux ; on n’est plus obligé de contenir le patient par des liens ou par des aides vigoureux ; on l’endort doucement, et l’on prolonge son sommeil aussi longtemps que la nécessité l’exige, en observant les règles et les précautions que l’expérience a prescrites pour que l’anesthésie
ne soit point poussée à un degré capable d’inspirer des craintes (22).
C’est pendant celte insensibilité complète du sujet, que l’homme de l’art, qui n’est plus troublé ni par les cris, ni par les mouvements du patient, porte sur lui le fer, avec autant de sécurité et de sang-froid que sur un cadavre; et, quand tout est terminé, l’opéré se réveille sans se rappeler la moindre souffrance éprouvée!
Jamais, je le repète, l’art n’avait obtenu un triomphe pareil à celui qu’il remporte aujourd’hui jusque dans le travail de l’enfantement.
On fait des tentatives pour obtenir une ânes thésie locale, mais, jusqu’à présent, elle s’est bornée aux téguments sans atteindre les tissus sous-jacents, ce qui a déjà un certain avantage dans les opérations qui n’intéressent que la peau.
Bien avant la découverte des anesthésiques, j’avais obtenu l’insensibilité de cette partie du corps, dans les brûlures, au moyen de l’eau froide maintenue au degré de la glace fondante, et appliquée assez longtemps pour que la douleur, qui cesse tout de suite par ce contact, ne se réveille point quand on suspend l’usage de l’eau glaciale, ce qui a exigé, quelquefois, neuf ou
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dix heures. Mais quel triomphe, pour l’art, de voir les brûlures les plus étendues permettre le sommeil après quelques heures de ce traitement qui, jusqu’à présent, m’a toujours réussi, sans toutefois empêcher la formation des escarres et la suppuration consécutive, quand la brûlure ;a été profonde.
Un traitement semblable et prolongé est préconisé par M. le docteur Baudens pour la guérison des entorses, ainsi que pour favoriser la réduction de certaines hernies étranglées.
Les maladies delà peau, mieux étudiées depuis le commencement de ce siècle, et mieux distinguées entre elles, cèdent plus facilement qu’auüirefois aux méthodes curatives perfectionnées.
Mais c’est dans le traitement de la gale qu’un i^cand progrès s’est opéré, de nos jours, à l’hôpial Saint-Louis. Le traitementinstitué parM.Baûn n’exigeait que trois jours pour la guérison lie cette maladie, et n’a compté que six insuccès ■sur six cents malades qui l’ont subi : c’était déjà un grand avantage; mais M. Hardy, successeur île M. Bazin, est parvenu à tuer, en deux heures, es acarus producteurs de la gale , par des fricions générales de savon noir, suivies d’un bain,