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INTRODUCTION
L’affection calculeuse a de tous les temps fixé d’une manière spéciale l’attention des praticiens et des naturalistes; sa fréquence, l’intensité de ses symptômes , l’énergie et la violence des moyens qu’elle requiert l’ont constamment rendue le sujet d’une infinité de recherches qu’il seroit au moins inutile de parcourir ici, et dont je me contenterai d’exposer le résultat après avoir fait connoître les motifs qui m’ont conduit à l’étudier, et la marche que j’ai cru devoir suivre.
Dans le courant de 1817 , j’eus occasion d’assis^ ter à une opération de la taille remarquable sous le rapport des douleurs atroces qui l’avoicnt. précédée , des souffrances inouies qui l accompa-
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gnèrent et des suites fâcheuses qui en furent le résultat. Frappé de ce spectacle je me livrai dès ce moment à la recherche d’un moyen propre à éviter cette terrible opération.
Une des premières idées qui se présentèrent à mes méditations fut celle de l’instrument dont je donne ici la figure et la description; à la vérité je l’ai depuis modifié de bien des manières, mais il ne porte pas moins l’empreinte de l’idée qui me le fit concevoir. A peine fut-il approprié au Lut qu’il devoit remplir, que je le soumis au jugement de l’un des savans dont s’honore le plus notre profession (1). « Comme vous, me dit-il après l’avoir examiné, j’eus dès ma jeunesse le dessein de détruire les calculs vésicaux; mes essais furent infructueux, et j’abandonnai ce projet. Vos procédés sont diflerens ; vous serez peut-être plus heureux; vous pourrez aussi retirer quelque avantage des progrès de la chimie moderne. )) Encouragé par les sages avis et la bienveillance de cet estimable patron, je poussai un peu plus loin mes recherches. Je pris connoissance des travaux qui avoient été laits à ce sujet, des résultats que l'on avoit obtenus, et de ce que laissoient espérer les divers moyens
(i) M. le baron Percy.
INTRODUCTION
employés. Voyant que des auteurs du premier mérite avoient échoué, ou n’avoient obtenu que de très-petits succès , j’aurois reculé devant des difficultés qui paroissent inabordables. Elles m’auroient effrayé, si les souffrances inouies auxquelles je voyois abandonnés les malheureux paiiens, si les dangers et les douleurs terribles de l’opération de la taille n’avoient à chaque instant soutenu mes efforts et ranimé mon courage. Lorsque j’ai pu juger que mon idée première étoit entièrement neuve , et qu’elle pouvoit au moins conduire à la connoissance exacte de la composition du calcul dans la vessie , ce qui avoit été impossible jusqu’alors , il m’a semblé que l’on pouvoit encore s’occuper avec avantage d’un sujet aussi important. Dès que j’eus fait un nombre suffisant d’expériences, j’en consignai le résultat dans un petit mémoire qui fut envoyé avec les dessins des instrumens à la société de -l’ancienne Faculté de Médecine de Paris, ayant pour titre : Quelques détails sur un Lithontriptique. Dans sa séance du 5 o juillet 1818, la société chargea MM. Percy et Chaussier de lui rendre compte de mes instrumens et de mes procédés, ce qui a été différé quelque temps, au bout duquel je fus obligé de quitter Paris pour quelques mois, et les choses en sont restées là. Depuis
INTRODUCTION
cette époque je n’ai pas discontinué nies recherches et mes expériences; j’ai fait subir quelques modifications à nies procédés, ce qui m’engage à les faire connoître avec quelques développements. Il m’a semblé qn il y auroit quelque avantage à faire précéder l’exposition des nouveaux moyens d’un coup d’œil sur l’urine ; sur la formation , la nature , les caractères, les ddl érences des calculs, etc. et sur les principaux moyens qu’on avoit proposés connue lithon triptiques. Quoique j’aie cherché à abréger autant que possible, ces divers articles ont nécessité quelques détails , ce qui rend ce traité beaucoup plus étendu que mon mémoire.
Quelque temps après, plusieurs personnes se sont aussi occupées du même sujet, et depuis sa création l’académie de Médecine a déjà reçu plusieurs mémoires sur la description d’instrumensdont l’idée mère remonte au commencement du 16e siècle (1), et sur l’introduction en chirurgie des sondes droites à l’égard desquelles nous avons vu comment s’exprimoient quelques auteurs du siècle dernier (2).
(1) Voy. la noie annexée à la Description du Lithontriplique.
{2) V oy. ce que nous avons dit à failicle des sondes droites, oii se trouve rapporté un passage de Lieulaud.
TRAITÉ