‹ Nouvelles considérations sur la rétention d'urineChapitre 14 sur 20 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Moyens curatifs.

On peut partager eu quatre groupes les divers moyens proposés pour remédier à l'affection caleuicuse , 1° ceux dont le secret fait le principal et unique mérite, et dont le nombre ni la propriété ne saunaient être déterminés. L’usage en est aussi anrien que fréquent ; Hippocrate parle de personnes qui périssoient victimes de leur crédulité en prenant des substances que l'on administrait dans l’intention de dissoudre la pierre: la plupart îles auteurs notamment ceux qui traitent de la lithotomie sont remplis de faits curieux qui attestent combien ces remèdes secrets ont été nuisibles à l'espèce humaine , qui a toujours éprouvé un penchant trèsprononcé pour tout ce qui est mystérieux et caché.

2°. Si ces arcanes ne méritent aucune considération , il n'en est pas entièrement de même d’une série assez nombreuse de substances dans lesquelles ont éié reconnues quelques propriétés particulières; elles exercent une certaine action sur les organes sécréteurs de 1 urine, et sous ce rapport elles mentent une altcntien spéciale. Parmi ces substances (je

DES CALCULS URINAIRES. i3A

ne parlerai ici que (les principales , <1 autant plus que leur vertu lithonfriptique est forlemeïit contestée ) , parmi ces substances on compte l’uva ursi, proposé par Dehaen(i), et dont les propriétés ont été singulièrement exagérées par Quer , aut eur espagnol (2) ; le pcireirci brava , proclamé par Helvétius et Geoffroy ; les cloportes prônés par Augénius (5) et Graberg (4). Ce dernier rapporte plusieurs laits bien circonstanciés qui prouvent leur vertu dis suivante , surtout lorsque l’on fait coïncider leüi usage avec celui de l'huile de vitriol; l’acide carbonique, vanté par Lairon (5)et par Bran de ; l’acmelia qui, au rapport d’un olïicier hollandais auroil guéri de la népbrétie et même de la pierre plus de cent personnes auxquelles on l’avoit administrée. Celte assertion, quoique confirmée par le gouverneur del île de Ceylan , où croît cette plante et par le chirurgien de l’iiopilal de Colombo, cette assertion paroît d’abord un peu hasardée (6).

De tous les lithontripliques qui ont paru, celui de M,le Stephens a fait le plus de bruit ; il a même fixé l’attention de la plupart des savans du siècle

(1) Ratio Medendi, part. 2 et 3 , et Journal de Méd février 1760.

(2) Disertacion sobre laPasion Nepliritica , Madrid, 1763.

(3) Col!ect. des Thèses de Chir. de Haller, tom. 5 , pag. 90.

(4) Idem , idem.

(5) Journal des Découvertes dans l’Art de Guérir , par i'ourcroy , tom. 2 , pag. 12 [\ , et tom. \ . pag. 220 et suiv.

(6) Encyclopédie, tom. 1, pag. 108

dernier : un certain nombre de circonstances sembloientsc réunir pour l’accréditer : le secret sous lequel i] étoittenu, les vues bienfaisantes de l’inventrice, et le chemin qui l’avoit conduite à cette découverte , étoient bien suffisans pour attirer les regards du publ ic. Mllc Stéphens, issue de parens honnétcsdans le Berksbîre , s’adonna dès son jeune âge à la composition de quelques remèdes pour les indigens. Ayant remarqué que ceux qui étoient affectés de graviers et de calculs éprouvoient un soulagement sensible , par l’usage intérieur des coquilles d’œuf, desséchées, calcinées et exposées ensuite à l’air, elle les administra avec plus de soin, et parvint insensiblement à composer le Iilhontriptique qui porte son nom , et dont elle varioit à l’infini la composition pour la dérober aux recherches des curieux. Enfin elle s’addressa au Parlement anglais , qui lui promit une récompense de 5ooo hv. sterling (11,4000 fr. ) , si toutefois son remède possédoit l’efficacité qu’elle lui attribuoit. Sur vingt-deux commissaires nommés pour constater le fait , vingt déclarèrent qu’ils lui avoient reconnu une propriété dissolvante des calculs, et le parlement compta la somme promise le 28 mars iy4o. Dès lors le Iilhontriptique fut dépouillé de tous les ingrédiens qui n’y entroient que pour en masquer la composition, qui, au rapport de quelques auteurs fut ainsi réduite :

Savon d’Alicante 1 once. ;

Huile d’auis 3o gouttes ,

le tout mêlé dans un mortier de marbre et partagé

en 20 pilules , que le malade prenoit , une le matin et l’autre le soir , dans une cuillerée de sirop de guimauve, après les avoir roulées dans de la poudre d’yeux d’écrevisse ; le malade buvoit par-dessus un verre d’eau de chaux seconde , ou bien une tasse d’infusion de turquette ou de pariétaire. Ce remède a été modifié de mille manières. On trouve dans la collection des thèses de Haller, tome 111 , page 1 1 7 , sa composition première , telle qu elle fut donnée au parlement par la demoiselle Stéphens.

Les expériences de Haies, dcHartley, etc. en Air glelerre; de Geoffroy , de Morand, etc. , en France, ont paru avoir constaté la vertu dissolvante de ce médicament. Ce dernier fut chargé par l’académie royale des Sciences de faire les essais convenables pour savoir si l’on devoit continuer ou infirmer ie jugement porté par les commissaires anglais. Après des observations nombreuses , Morand déclara à l’académie que dans plusieurs circonstances il en avoit obtenu de très-bons effets, notamment chez les vieillards, que son administration n’avoit jamais produit de dérangement notable dans l’économie; que son usage, continué pendant quelque jours , rendoit les urines alcalines, et que dans tous les cas il conseilleroit aux vieillards et aux adultes de l’employer avant de se soumettre àl’opéralion de la taille, qu’il ne rendoit ni plus ni moins heureuse. 11 résulte encore des observations de Morand que ce remède ne sauroit convenir aux enfans ni..

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