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aux malades en général qui rendent des urines purulentes.
Voici du reste ce que l’on observe chez les calculent qui en font usage; quelques-uns rendent des urines ammoniacales chargées de glaires, d un sédiment qui desséché se convertit en poudre jaunâtre; si on le jette sur des charbons ardens il exhale une odeur animale assez fétide. Chez un assez grand nombre on voit les urines entraîner de petites lames cristalisées , des écailles pierreuses concaves d un coté , convexes de l’autre, et même de petits Iragmcns de calcul tellement durs, qu’on éprouve une certaine difficulté à les écraser, et dans lesquels on peut compter plusieurs couches; quelquefois ce sont des calculs entiers plus ou moins gros. On a enfin remarqué que son usage empêchoit la formation du sable urinaire (1), malgré tous ces avantages prônés par Morand et autres , ce lilhontriptique est en quelque sorte tombé en désuétude, parce que dans le plus grand nombre des cas il ne produit aucun effet (2).
La composition du remède de la demoiselle Stéphens conduisit le docteur "W hiti à administrer l’eau de chaux , de laquelle il dit avoir obtenu de trèsbons effets dans plusieurs cas d’affection calculeuse.
(1) Pour plus <le développemens on peut consulter les Mémoires de Geoffroy et de Morand , insérés parmi ceux de l’académie royale des Sciences, années 1789, 1 7/fo et 174 1 2 •
(2) Quand il s’agit des calculs vésicaux.
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5. Depuis <pie les travaux des chimistes ont fait connoître la nature et la composition des calculs on ne s’est plus borné aux simples diurétiques: on a cherché et trouvé le moyen de détourner l’action vicieuse des reins et de leur faire sécréter des urines différentes. C’éloit déjà un grand pas de lait, étant d’accord sur la nature des substances à employer , il ne s’agissoit plus que de spécifier le corps étranger que l’on avoit à combattre. Certainement si l’on avoit pu obtenir cette précieuse donnée, la science n’en seroit pas restée là ; puisque, sans la posséder , et tout en marchant pour ainsi dire à tâtons, plusieurs praticiens ont déjà obtenu des résultats irès-salisfaisans , ainsi que l’on peut s’en convaincre en lisant les mémoires de Luise! us , de Mascagni , de Brande , de Fourcroy, de Marcel, etc.; encore faut-il noter que les vues de ces praticiens chimistes se sont à peu de choses près concentrées sur un seul des principes conslituans des calculs ; à la vérité sur celui qui prédomine le plus souvent : quoiqu’ils aient chacun donné la préférence à un médicament particulier, il est bon de noter que tous ont à peu près la même propriété, celle de diminuer la quantité d’acide urique de l’urine, \oici un aperçu de leurs travaux.
Mascagni avoit un motif spécial de faire des recherches sur celte matière : étant tourmenté lui-même d’une affection calculeuse, il a du chercher tous les moyens de s’en débarrasser. Le carbonate de potasse est la substance dont il a re-
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tiré les plus heureux effets, tant sur lui que sur les autres calcul eux (i).
Sliprian Luiscius , deLeyde, sans avoir connoissance des travaux de Mascagni , a fait aussi quelques recherches assez avantageuses sur cette affection , contre laquelle il a administré le même médicament que le professeur de Florence. Il a observé que son usage long-temps continué faisoit perdre aux urines leur excès d’acide , les rendoit peu à peu alcalines et finissoit par opérer la destruction du calcul (2).
Les docteurs Home, Brande et Halchett ont réuni leurs connoissances pour procéder avec plus d’avantage à la découverte d’un vrai lilhontriptique ; leurs travaux sont loin d’être dépourvus d’intérêt, quoique leur but n’ait pas été rempli. Ils ont fait plusieurs expériences comparatives avec les divers moyens déjà proposés; et ont reconnu que la magnésie avoit quelque avantage, elle agit d’abord plus lentement, mais avec plus d’elïicacité. M. Brande rapporte plusieurs faits qui prouvent que cette substance donnée à la dose de vingt grains par jour, suffit pour opérer en peu de temps un mieux très- prononcé (5).
(1) Piecueil de la société italienne des Sciences , et les Annales de Chimie, loin, lxx, pag. 32.
(2) Annales de Chimie, tomes ^5 et bp, et Bibliothèque Médicale, tom. xxix , pag. 104.
(3) Mémoire de M. Brande, lu à la Société Médicale de Londres, le 22 février i8io. On en trouve un extrait dans
Noire célèbre Fourcroy , éloilbien loin de croire, ainsi que l’ont prétendu quelques personnes d’après Guylon Morveaux , à l’impossibilité de dissoudre les calculs dans la vessie. On sait qu’il accordoit la préférence aux alcalis iîxes et pui s , mais assez étendus pour être avalés impunément , il lit quelques expériences qui ne furent pas sans résultats salisfaisans, ainsi qu’on peut le voir dans son immortel ouvrage (1) ; d’autres praticiens en firent aussi par ses conseils , elles n’ont pas été infructueuses. Au rapport de Guyton Morveaux , un malade témoignant sa gratitude à ce célèbre chimiste : « Vos conseils 111’ont été très-salutaires , lui disoil-il , je me trouve dans un très-bon état, malgré que je n’aie pas dépassé la dose de dix gouttes par jour de soude caustique dans un liquide mucilagineux (2). » Certains faits dont nous venons de parler , et autres que l’on trouve dans les auteurs , offrent au premier abord quelque chose d’élonnanl , qui tend à les faire regarder comme douteux ou au moins comme inexacts. C’est ainsi qu’en lisant dans ces auteurs qu’après l’usage plus ou moins continué des moyens qu’ils proposent, les malades ont cessé de
les Annales de Chimie, vol. du mois d’août de la même année.
(1) Système des Connoissances Chimiques , loin, x, art. desCalculs Urinaires.
(2) Annales de Chimie, tom. lxxxix , lettre de Guy ton Morveaux sur la possibilité de dissoudre les Calculs.
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rendre des graviers ; que les douleurs occasionnes par la pierre ont insensiblement diminué ; que dans quelques cas Ion a vu rendre à ces malades, par 1 urètre , la» lot une matière épaisse et comme pâteuse, tantôt des écailles, des fragmens meme assez volumineux de calcul, et qu’au bout de quelque temps certains ont élé parfaitement guéris. Tel est le fait rapporté par Lieutaud , et qu’au milieu de beaucoup d’antres je prends pour exemple (i). En lisant des faits semblables , 1 on seroit porté à s’écrier , mais est-ce possible ! Si néanmoins on se rappelle que la plupart de ces médicamens ont la propriété d’augmenter la quantité des urines , et quelques-uns celle de diminuer leur principe prédominant , qui formoit lui-même les calculs ; que ce liquide, dont les propriétés se trouvent ainsi totalement changées , et qui est assez étendu pour tenir en dissolution ses autres principes solidifiables, peut à la longue agir sur les molécules qui étoient alors eu excès , et qui lui manquent actuellement ;
(i) Précis de Médecine Pratique, pig. Ga5.
Voici un extrait de celle observation :
Un homme est affecté de la pierre; il s’agit de l’opérer, le jour est même pris pour cela, l’opération est diflérée , le malade fait usage du remède de la demoiselle Stéphens; il éprouve du soulagement, rend quelques parcelles de pierre , le mieux augmente, il Unit par être guéri le chirurgien qui devoit l’opérer essaya avec plusieurs autres de trouver la pierre, il n’en resloit pas la moindre trace.
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1 d’un autre cote l’on réfléchit que la plupart de ces médicamens ont la propriété d’attaquer la matière animale qm lie, ainsi qu’on l’a vu, toutes les molécules salines de ces concrétions , on sera peut-être un peu plus circonspect sur un jugement qui nuit également à la science , à ceux que 1 on soupçonne et à ceux qui le portent. Ainsi, quelque extraordinaires (juc paroissent ces faits, il seroit au moins mes séant de les révoquer positivement en doute, d’autant plus que des praticiens qui jouissent de la confiance et de l’estime publiques , 11e vont pas consigner dans leurs ouvrages des faits inexacts ou controuvés.
S'il en est ainsi , comme les esprits non prévenus s’accordent à le penser , 011 ne sauroit voir avec indifférence la crainte douloureuse , mais réelle, disent-ils, de la plupart des auteurs modernes, de ne jamais trouver, pour détruire les calculs vésicaux , d’autres moyens que la terrible opération de la taille. 11 seroit fâcheux que ce sentiment fut unanime, et que l’on vît s’évanouir les flatteuses espérances qu’ont pu faire naître les nombreux succès obtenus par les praticiens qui 11e l’ont point partage , sans compter les progrès que font ies sciences chaque jour. O11 verra disparoître ou du moins rendre supportable ce sentiment douloureux , en apprenant qu’il est possible' aujourd’hui de triompher d’un obstacle contre lequel ont échoué les efforts les plus soutenus, et de vaincre une difficulté qui seule a suffi pour rendre infructueux les travaux les mieux combinés. En effet toutes les recherches
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que l’on a faites jusqu’à ce jour n’ont pu conduire à la connoissance de la nature intime du calcul , et dans la marche que l’on a suivie c’étoit, à n’en pas douter , la chose la plus essentielle , puisque de cette connoissance seule dépendoit le succès des médicamens administres (i).
La quatrième série des moyens employés se réduit à l’opération de la taille (2), que l’on pratique de différentes manières et par divers procédés. C’est, pour ainsi dire, le seul qui soit de nos jours mis en usage pour faire cesser cette terrible affection. « Mais, comme elle est des plus cruelles, dit M. Monfalcon, que ses suites sont souvent funestes, et qu’il n’en est pas dont l’appareil soit plus effrayant, on peut s’écrier avec cet auteur : Quelle précieuse découverte que celle d’un véritable îithontriptique (5)! »
(1) Ce que nous avons dit des Iithontriptiques énoncés est applicable à tant d’autres qui ont été prônés sans aucune espece de fondement; tels sont le cristal de montagne, la pierre de Judée, celle de lynx , le fenouil marin, l’herbe aux perles , le bois néphrétique , les eaux minérales gazeuses , le suc d’oignons, les écailles d'huîtres, l’éther muriatique ; etc.
(2) Je parlerai ailleurs de la méthode des Egyptiens, que l’on peut quelquefois employer avec avantage.
(3) Dict. des Sciences Médic. Liihontriptique.
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