EFFETS DE LA RÉTENTION DOURINE SUR L’ÉCONOMIE ANIMALE
Nous allons les considérer dans l’urètre, la vessie, les urelères, les reins, les organes circonvoisins et l'économie en général.
Tonies les fois que la rétention d’urine existe, et que l’obstacle se trouve dans P urètre à quelque distance du col de la vessie, la portion intermédiaire du canal supportant l’effet de la contraction des puissances expultrices de l’urine, se trouve tiraillée , irritée; de là des spasmes qui aggravent la maladie , et une dilatation plus ou moins considérable qui sera toujours fâcheuse pour la guérison. Au rapport de limiter, cette partie ainsi irritée se couvre de petits boutons qui s’ouvrent dans l’urètre, le pus qui en sort se trouve remplacé par l’urine, qui par son séjour irrite encore davantage, et détermine la production de nouveaux boutons qui s’ouvrent également, et ainsi de proche en proche les urines parviennent à s’infiltrer dans tout le périnée, la verge, les bourses , les parties internes des cuisses et inférieures de l’abdomen ; nous en avons observé, en 1 8 1 5 , un
exemple remarquable à l’Holel-Dieu de Paris. Quelquefois celte infiltration est plus ou moins circonscrite , il se forme seulement quelques dépôts sur lesquels on aura occasion de revenir.
La prostate a aussi beaucoup à souffrir de 1 obstacle au libre cours des urines, qui font alors sur elle l’oflicc de corps étranger ; il en sera question en parlant de la rétention d’urine produite par l’engorgement de celte glande.
Quand la vessie se trouve distendue par l’urine , il peut en résulter des effets bien opposés : tantôt irritée , fatiguée par le corps dont elle ne peut se débarrasser elle s’enflamme , et celte inflammation présente ici d’autres phénomènes , et a d’autres résultats que lorsqu’elle reconnoît tonte autre cause. Assez fréquemment ses parois prennent un accroissement considérable, dans d’autres cas la distention est portée au point que les fibres musculaires ont perdu leur ressort ; il peut en résulter paralysie de cet organe. Home (i) observe que cette dilatation de la vessie peut s’accompagner momentanément d’un état spasmodique qui provoque 1 expulsion d’une certaine quantité d’urine, ce qui soulage plus ou moins le malade.
Les uretères sont susceptibles d’éprouver aussi une dilatation considérable , mais rarement on observe leur rupture ni celle de la vessie.
Les reins éprouvent à un haut degré l’effet de la
CO Traité des Mal. de la Prostate.
•a RÉTENTION
rétention d’urine. Lorsqu’elle dure déjà depuis quelque temps on observe que la sécrétion de ces organes diminue peu a peu , au point de se suspendre entièrement • on trouve à ce sujet, dans les auteurs, des exemples très-remarquables.
Iiome, qui en a recueilli plusieurs, assure qu’il arrive une époque où le malade n’éprouve pas même d’envies d’uriner. Lorsque l’on parvient àu établir le cours des urines, les reins récupèrent peu à peu la faculté de sécréter ; si au contraire le malade succombe l'autopsie fait voir quelquefois des traces de pldogose au col de la vessie ou en tout autre point, mais le plus souvent on est tout surpris de ne trouver aucun indice de lésion, malgré l’effrayant cortège de symptômes qui ont précédé la mort. Dans quelques cas on ne trouve pas même d’urines dans les voies qui la contiennent.
Lorsque, par l’effet, de la rétention d’urine, la vessie a acquis un certain volume, il est facile de concevoir qu elle doit gêner 1 excrétion des matières fécales, comprimer la matrice, les vaisseaux et les nerfs des extrémités inférieures , qu’elle doit refouler en haut et en arrière la masse flottante des intestins ainsi que le péritoine qu’elle décole de la partie inférieure de la paroi antérieure de l’abdomen, ce qui est très-important à connoître pour pratiquer la ponction au-dessus des os pubis. 11 n'est pas rare que la vessie ainsi distendue s’engage dans les ouvertures abdominales naturelles, ce qui constitue des hernies dont on trouve plusieurs exemples dans les auteurs
et notamment dans les Mémoires de l’Académie de chirurgie.
1 :0S clTeis résultant de la rétention d’urine ne se bornent pas toujours aux organes qui la sécrètent on qui la contiennent, et à ceux qui ont avec eux quelques rapports de contiguïté. LMiisloirc des phénomènes généraux de cette affection prouve que le cerveau, l’estomac, la peau et tous les organes des sécrétions en sont influencés d’une manière trèsremarquable.
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