‹ Nouvelles Considérations sur le Vertige de Ménière et en particulier sur le mode de traitement de ce syndromeChapitre 16 sur 28 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Quoique les symptômes qui caractérisent la maladie de Ménière soient invariablement au nombre de trois : le vertige, le bourdonnement d'oreilles et la surdité; elle peut être confondue avec d’autres espèces de vertiges, surtout par des médecins qui n'auraient pas eu l'occasion d’observer une affection aussi rare que la maladie de Ménière.

Au premier moment on pourrait bien croire à une congestion cérébrale, mais dans celle-ci la perte de connaissance est complète, la face est colorée et quelquefois les yeux sont congestionnés ; tandis que dans le vertige labyrinthique le visage est plutôt pâle et la température du corps est loin d’être élevée, le sujet ayant l'air d’avoir un accès de syncope. De plus, le malade recouvre rapidement l'intégrité de ses facultés, se rendant bien compte des sensations pénibles qu'il éprouve; tandis que dans la congestion apoplectiforme, la connaissance ne revient jamais promptement, les malades conservent longtemps la torpeur intellectuelle et les tintements d'oreille sont passagers, au contraire de ce qui arrive dans la maladie de Ménière.

S'il y à une affection avec laquelle le vertige de Ménière peut être quelquefois confondu, c’est assurément le vertige gastrique.

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C'est Trousseau qui a attaché son nom à ce vertige, dont il a signalé la grande fréquence, le caractère spécial et la bénignité réelle sous une apparence menaçante. Le vertige gastrique, d’après Trousseau, est caractérisé par un sentiment de vide dans la tête ou de constriction céphalique; les malades ont devantles yeux un brouillard où une grande roue noire qui se meut rapidement ou bien tout tourne autour d’eux. Le malade sent ses jambes vaciller. S'il est couché, il croit que son lit ou lui-même subit un mouvement de tourne-broche, S'il est debout il croit tomber et tombe souvent ou bien il Jui semble qu'un précipice s'ouvre devant lui; souvent il y a de la nausée.

On ne doit pas comprendre sous le nom de vertige a stomacho laeso, un vertige qui se produit chez des personnes qui souffrent d’un catarrhe aigu ou chronique de estomac, se signalant par des gastraigies, des digestions laborieuses accompagnées de vomissements; au contraire dans ces conditions le vertige ne se produit presque jamais. En général, les troubles gastriques sont latents, à tel point que le malade ne s’occupe toujours que de son vertige, se croyant atteint d’une affection cérébrale ; très souvent c’est à jeun que le vertige survient et, ilse calme, par l’ingestion de la nourriture; d’autres fois, c’est au mo ment de la première cuillerée de potage que le malade est surpris par le vertige; il selève en sursaut. Ou bien c’est deux ou trois heures après le repas que la tête commence à tourner et le malade sent ses jambes vaciller. M. le professeur Bouchard a signalé le vertige dans la dilatation de l’estomac, 20 fois sur cent chez les femmes

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