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Les médecins consultés à cet effet croyant avoir affaire à un vertige stomacal ordonnèrent des purgatifs à la suite desquels le malade se trouva soulagé, mais bientôt les bourdonnements d'oreilles et les menaces de vertiges ne l’abandonnèrent plus. On lui conscilla un changement d’air, le repos intellectuel et l'usage des préparations bromurées. La vie de campagne et la tranquillité d'esprit exercèrent indubitablement un effet salutaire sur l’état général du malade et aussi sur les vertiges : mais à peine de retour chez lui et livré à ses anciennes occupations il fut pris d’un vertige très violent après un repas copieux.
Bien que la digestion dût être troublée à la suite de cet accès, le vomissement n’eut pas lieu. Ayant été consulté le lendemain, mon père soumit le malade au traitement par le bromhydrate de quinine.
M. L... étant donnée sa disposition hypochondriaque fut très préoccupé de son état, craignant qu'il ne s’agit d'u symptôme précurseur d’une maladie cérébrale quelconque. Pour rendre la tranquillité d'esprit au malade, mon père lui conseilla de prendre l'avis de M. Charcotet celui-ci après l'avoir examiné confirma le diagnostic et le traitement. Pendant les huit premiers jours du traitement, les bourdonnements d'oreilles augmentèrent, au grand désespoir du malade que rien ne pouvait rassurer. Les menaces de vertige se présentaient toujours après un exercice à pied un peu prolongé et surtout après un exercice en voiture au moment de l'arrêt du véhicule. Le malade ne ressentit de soulagement qu'après vingt jours de traitement lorsque la dose fut réduite de 120 centigrammes à 50 centigrammes par-jour, mais il fut obligé de revenir souvent à la dose de 7» centigrammes à cause de l'exacerbation périodique des menaces de vertige. Toutefois il est important de faire constater : 1° que depuis le commencement du traitement le malade n'a plus eu d’accès ; 2° que les menaces de vertiges ainsi que les bourdonnements ont diminué graduellement, mais n'ont disparu qu'après deux mois de
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traitement: 30 que les bourdonnements sont revenus après la cessation dc la quinine et n’ont disparu qu'après l'emploi de doses moyennes (50 centigrammes par jour); 4 que le malade est aujourd'hui complètement guéri avec conservation entière de la faculté auditive de l'oreille malade.
Il est intéressant de mentionner qu'une année après, le malade a eu un petit abcès dans méat auditif externe lequel produisit une menace de vertige qui disparut complètement après l’écoulement du pus et un traitement local ad hoc.
OBSERVATION V
(Communiquée par mon père).
Monsieur C. 34 ans Pérüvien, ayant eu toujours une bonne santé, appartient à une famille dont deux sœurs et un frère sont des sujets névrasthéniques. Il présente lui-même une impressionnabitité nerveuse très grande ; pendant son séjour au Pérou il à souffert longtemps de fièvres paludéennes. De peur de contracter une maladie vénérienne il observait une grande continence à la suite de laquelle il souffrait de pertes séminales très fréquentes. En 1887 se trouvant en Europe il contracta la syphilis et trois mois après l'accident “primitif il commenca à se plaindre de bourdonnements d'oreilles avec affaiblissement de l’ouïe et malgré son traitement anti-syphilitique par le proto-iodure de mercure il ne tarda pas à sentir des accès de vertige, très légers au com- -mencement, mais ensuite tellement forts qu’il n’osait plus sortir de sa chambre. Ayant consulté des médecins qui qualifièrent cette maladie de vertige de Menière, il fut soumis à un traitement par la quinine. Les accès diminuèërent d’intensité et de fréquence, mais les menaces de vertiges continuèrent toujours ; dans cet état le malade fut adressé à mon ‘père qui constata l’existence d’un catarrhe naso-pharÿngien s'étendant jusqu’à la trompe d'Eustache qui était presque