‹ Nouvelles Considérations sur le Vertige de Ménière et en particulier sur le mode de traitement de ce syndromeChapitre 25 sur 28 · HAUTE · texte numérisé non relu

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imperméable. En même temps le malade présentait une syphilide papuleuse sur le pavillon de l'oreille.

En outre les pertes séminales étaient assez fréquentes mais ce qui inquiétait surtout le malade c’etaient les bourdonnements d'oreilles et les vertiges qui lui inspiraient la crainte de se promener seul à pied dans des endroits où ilne pourrait pas trouver de voitures. Ayant reconnu qu'il s'agissait d’un vertige de Menière, chez un sujet syphilitique et névrasthénique en même temps, vertige dépendant d’un catarrhe spécifique de la trompe d'Eustache, et considérant le peu de résultats qu'avait donné la médication mercurielle suivie pendant 6 mois, mon père prescrivit de la teinture d’iode, associée à un gramme de bromhydrate de quinine par jour. Aprés un mois de traitement le malade fut tout à fait débarrassé de ses vertiges et la faculté auditive revint graduellement à son état normal.

OBSERVATION VI

(Notes communiquées par M. Charcot)

M. Charcot nous a communiqué le cas suivant, qu’il a observe à Madrid.

Madame A. 44 ans bonne constitution a toujours joui d’une bonne santé. N'a jamais eu de maladie grave. Dans sa famille iln'y a pas eu de maladies nerveuses et elle n'avait jamais souffert de troubles nerveux. Elle se maria à 20 ans et eut quatre enfants qu’elle a bien nourris. Elle devint veuve à 34 ans et après 8 années de veuvage, elle se remaria en 1882. Deve-

nue bientôt enceinte. elle eut une très mauvaise grossesse.

Pendant six mois elle vomissait tous les matins; le reste de la journée elle n'avait pas d’appétit. Au septième mois elle commenca à manger mieux.

L'accouchement se fit bien, mais pendant la période de lactation elle commença a perdre ses forces à cause

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du manque d’appétit et se vit obligée de sevrer l'enfant à 10 mois. Cependant les forces ne revenaient pas; l'appétit continuait toujours à être très mauvais; Madame A. avait souvent des nausées le matin accompagnées de vertiges. Les médecins consultés à cet égard, croyant qu’il s'agissait d’un état gastro-hépatique ordonnèrent des purgatifs répétés, mais voyant l’inutilité de ces remèdes, d’autres médecins furent d'avis qu'il s'agissait d’un tænia et prescrivirent des tænifuges. A la suite de ce traitement l’état de la malade empira de jour en jour et vers la fin de 1884 elle eut son premier accès de vertige de Menière. En novembre 1887, lorsqu'elle commença àsuivre le traiternent de M. Charcot, voici quel était son état : elle était en proie à un vertige continuel qui augmentait avec le moindre mouvement.

L'impression de la lumière un peu forte déterminait un accès, de sorte qu'elle restait dans sa chambre dans une demiobscurité sans oser lever la tête. Elle éprouvait des bourdonnements d'oreilles, et des douleurs soit dans une et soit dans les deux oreilles ; l’ouïe était diminuée d’un côté à la nuque elle sentait une constriction continuelle.

Quand le vertige devenait intense, elle avait des nausées, mais pas de vomissements. La vue se fatiguait facilement et alors elle avait des brouillards devant les yeux. Elle n’osait pas se mettre debout ni éloigner sa tête du canapé sur lequel elle était étendue ; au moment des accès elle entendait un bruit de sifflement dans l'oreille. Jusqu'au moment où elle s’endormait, elle était obligée de se retenir à son lit pour ne pas tomber.

Au moment du premier accès, elle avait un catarrhe nasopharyngien.

Pendant plus d'un an, Madame A. n’a pas éprouvé une grande amélioration du traitement par la quinine et elle l’aurait abandonné, si une de ses amies qui avait été guérie par la quinine ne l'avait continuellement encouragée à continuer e traitement. |

Le 15 mai 1889 Madame À. a écrit à M. Charcot pour lui dire qu'elle fait ses visites et ses promenades sans le moindre vertige et que maintenant lorsqu'elle se sent la tête faible, il lui suffit de remuer et de sortir pour se remettre en bon état. Elle prend la quinine depuis plus d'un an et demi et a conservé sa faculté auditive du côté de l'oreille malade, quoiqu'un peu affaiblie et très sensible aux sons aigus.

Pendant sa maladie un bruit aigu provoquait chez elle n accès.

Ce cas prouve :

1° Qu’une personne forte et bien constituée, mais affaiblie par une grossesse, accompagnée de troubles digestifs et suivie de lactation pénible peut être atteinte de vertige de Ménière.

2° Que ce syndrome peut débuter aussi bien que par des nausées et des vertiges ordinaires que par des bourdonnements d'oreilles, en d’autres termes que des vertiges en apparence de nature gastrique peuvent se transformer chez des personnes affaiblies en vertiges de Menière, si un traitement tonifiant n'intervient pas à temps pour relever les forces de l'individu.

3° Qu'il ne faut jamais désespérer de guérir un cas de vertige de Menière si rebelle qu'il puisse paraitre d’abord au traitement par le sulfate de quinine.

Malades de la consultation de M. Charcot à la Salpétrière.

OBSERVATION lÎ.

M. Georges H. 38 ans, Son père, dit-il, élait très nerveux. De très bonne heure il a été obligé de travailler pour gagner sa vieet il s'y est mis avec beaucoup d’ardeur. Pour faire des économies, il se contente d’un repas par jour. Il se marie à

20 ans et a deux filles, dont l’une présente des troubles hystériques. Pendant la guerre de 1870, il est appelé sous les ar= mes ét il souffre alors tellement de palpitations, qu'on lui met au régiment des vésicatoires sur la région du cœur. Les fatigués de la guerre troublent profondément son système nerveux. Les incendies de la Commune l’effraient tellement, que longtemps après qu'ils ont cessé, il s’imagine voir des maisons brüler.Sa belle mère étant devenue folle, il va la voir à Sainte- Anne, et en revient très impressionné. Une de ses cousines meurt; il passe la nuit auprès de la morte et pendant une semaine ii lui semble à chaque instant sentir une « odeur de personne morte »..Alors arrivent Coup sur coup deux évènements qui le plongent dans un grand abattement : une de ses filles meurt et son notaire s'échappe avec son argent, le laissant dans la misère.

A la suite de ces émotions il a son premier accès de vertige que l’on consiäère comme une Ccongestion cérébrale et qu’on traite par les sangsues, mouches de Milan et purgatifs. Il était tombé par térre en avant et à gauche avec des bourdonnements d'oreilles et des nausées. Gette première crise ést suivie de quelques mois de calme, mais le genre d'existence qu'il est obligé de mener pour gagnér la vie, fait recommencer les accès. Il faisait alors le métier de marchand des quatre saisons : 1l roulait à travers les rues une petite voiture contenant des légumes. Quand il était en proie au vertige il lui semblait que lui et sa voiture faisaient Constamment des culbutes. Les accès étaient annoncés par un sifflement très fort dans l'oreille. D'abord espacés, ils deviennent si rapprochés, que le malade prend le parti de ne pas sortir et de rester couché. Il se sentait poussé à gauche. Sa fémme était obligée de fermer une fenêtre située de ce côté, de peur que son mari ne se jetât dans la rue. Chaque fois que le malade voyait remuer une glace d'armoire qui se trouvait dans sa chambre, il avait un accès ; il lui semblait que le plafond s'écroulait sur lui, qu’on le soulevait par les pieds, etc.

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