CONCLUSION
Hermann est devenu fou. D est à l^ôpital d'Oboukhof, len*» i7. U ne répond à*aucune question qu'on lui adressse^ mais on Tentend répéter sans cesse : trois — sept — as ! — trois, — sept, — dame !
Lisabeta Ivanovna vient d'épouser un jeune homme très-aimable, fils de l'intendant de la défunte comtesse. Il a une bonne place, et c'est un garçon fort rangé. Lisabeta a pris chez elle une pauvre parente dont elle fait l'éducation.
Tomski a passé chef d'escadron. U a épousé la prin*^ cesse Pauline***.
TSYGANY
— TRADUIT DK POUCHKINE —
Des Bohémiens^ tronpe bruyante^ vont errants en Bessarabie ; a.ujourd'hui sur la rive du fleuve, ils plantent leurs tentes déchirées. Douce comme Tindépendance est leur nuitée; qu^on dort bien à la belle étoile ! Entre les roues des charriots, derrière des lambeaux de tapis, on voit briller le feu. La horde alentour apprête son souper. Sur le gazon, les chevaux; paissent à Taventure. Un ours apprivoisé à pris son gîte auprès d'une tente. Tout est en mouvement au milieu du désert; on part demain à Taube et cnacun fait gaiement ses préparatifs. Les fenunes chantent, les enfants crient, les marteaux font résonner Tenclume de campagne. Mais bientôt sur la bande vagabonde s'étend le silence du sommeil et le calme de la steppe n^est plus troublé que i>ar le hurlement des chiens et le hennissement des chevaux. Tout repose, les feux s'éteignent, la limeibrille
280 LES BOHÉMIfilHS.
seule dans le lointain des cieux^ versant sa lumière sur là horde endormie. Dans mie tente solitaire^ mi vieil-lard ne dort point encore. Assis devant quelques charhonSy et recueillant leur mourante chaleur^ il regarde la plaine où s^étend le brouillard de la nuit. Sa fiDe est allée courir la campagne déserte. Libre enfant^ elle o^ connaît que son caprice. Elle reviendra... mais voici la nuit et bientôt la lune va disparaître derrière les nuages à Thorizon. Zemfira ne revient pas^ et Thumble souper du vieillard se refroidit à Tattendre.
Mais, la voici. Derrière elle, sur la steppe, un jeune homme s^avance ; il est inconnu au bohémien : — «Père^ dit la jeune fille, j'amène un hôte. Derrière le Kôurgane (1), là-bas dans le désert, je Tai rencontré et je ramène au camp pour la nuit. Il veut devenir bohémien comme nous. La justice le poursuit, mais en moi il trouvera une bonne compagne. Il s'appelle Âleko ; il me suivra partout, o
LE VIEILLARD
fiien; reste jusqu'à demain à Fombre de notre tente, plus longtemps^ si tu veux. L'abri, le pain nous les partagerons. Sois des nôtres. Tu t'accoutumeras à nos façons, à notre vie errante^ à la misère^ à la liberté. De-
(0 Tnmnliis.
main au point du jour^ un même charriot nous emportera tous les trois. Prends un métier^ choisis; forge le fer ou chante des chans(»is en promenant Tours de village en village.
ALEKO.
le reste.
ZEMFIRA.
Il est à moi^ qui pouirait me Tarracher? mais il est tard. La jeune lune a disparu. La brume couvre la campagne et mes yeux se ferment malgré moi.
fl est jour. Le vieillard tourne à pas lents autour d'une tente silencieuse': a Debout Zemfifa^ le soleil est levé! Réveille-toi, mon hôte, il est temps, il est temps. Quittez enfants, la couche de la paresse. » Aussitôt la horde s'épand à grand bruit. On plie les tentes, les charriots sont prêts à partir. Tout s'ébranle à la fois. Les voilà cheminant par les plaines désertes. Des ftnes ouvrent la marche portant dans des paniers des enfants qui se jouent. Derrière viennent les maris, les frères, les femmes, les filles, jeunes et vieux. Que de cris! quel tapage! Aux refrains de la Bohême se mêlen* les grognements de \ Tours qui mor/impatiemment sa chaîné. Quelle bîgarnire de haillons aux couleurs éclatantes I Les chiens
Ht LES BOHÉMIENS.
siurient à la oonieRiuse qui Fooie^ tandis que les roan grincent sur le gravier. Cohue^ misère^ sauvagerie l Mus toiit cela est si plein de vie et de mouvement ! Fi de notre mollesse inerte comme la mort^ fi de notre indolente langueur^ monotone comme les chants de Tesolave !
Le jeune homme promène un regard découragé sur ia "plaine déserte. Il n'ose s'avouer à lui-même la cause secrète de sa tristess^. Pourtant^ Zemfîra^ la belle aux yeux noirs^ est à ses côtés. Maintenant^ il est libre et le monde est devant lui. Sur sa tête un radieux soleil brille dans sa splendeur de midi. Pourquoi le cœur du Jeune homme tressaille-t-il en sa poitrine? quel secret enmii le tourmente ) ».•••»..••••••••• ••
« L'oiselet du bon Dieu ne connaît ni souci ni travail, c Pourquoi se {atiguerait-iJ à tresser un lit et solide et « durable ? La nuit est longue^ un rameau lui suffit c |H)ur dormir. Vienne le soleil en sa gloire, Toiselet c entend la voix, de Dieu, il secoue ses plumes et chante a sa chanson.
« Après le printemps, q^endeur de la nature, vient «^rété a^»c ses ardeuis; puis arrive le tardif automne
LES BOHÉMIENS. > 28t
« amenant et brouillards et froidure. Pauvres humains^ a tristes humains! Vers de lointsônes contrées^ en de a tiédes climats, au-delà de la mer bleue, Toiselet s'en-
a vole jusqu'au printemps (1). »
B est comme Tinsouciant oiselet, Fexilé nomade. Pour lui point de gtte fixé, point d'accoutumance. Tout lui est chemin ; partout il trouve un abri pour sa nuitée. L^aube le réveille, il abandonne sa journée à la volonté de Dieu, et le travail de la vie ne troublera pas le calme indolent de son cœur. Parfois les enchantements de la gloire scintillent à ses yeux conmie une étoile lointaine; parfois il se ressouvient du luxe et des plaisirs. Souvent la foudre gronde sur sa tête isolée, mais sous la tempête, comme sous un ciel serein il s'endort insouciant. Âind vit Aleko, oubliant la malice de l'aveugle destin. Autrefois, grand Dieul quelles passions se jouèrent de cette âme docile! Comme elles bouill(»maient en ce cœur bourrelé! Elles l'ont abandonné depuis longtemps... Pour longtemps? Se réveilleront-elles un jour? — Qu'il attende !
(f ) Les denx stroplns entre gniUeniets lont d'ane autre meiore fue le reste da poème.
ZEMFIRA.
Ami^ dis-moi^ ne regrettes-tu pas ce que tu as quitté pour toujours?
ALCKO.
Qu*ai-je donc quitté ?
ZEUFIRA.
Tu sais... une famille^ les villes...
ALEEO.;
Moi des regrets ! Si tu savais^ si tu pouvais t'imaj^ ner Tesclavage de ces villes où Ton ètoufie ! Là, les hommes parqués, entassés, n^ont jamais respiré Fair frais du matin, ni les parfums printanniers des prairies. Ils ont honte d^aimer. La pensée... ils la chassent loin
d'eux. Ils font marchandise de leur liberté. Rampants aux pieds des idoles^ ils leur demandent de Taisent et des chaînes. Qu'ai-je quitté? Trahisons impudentes, préjugés sans appel, haines insensées de la foule, ou bien le déshonneur au pinnacle et resplendissant.
ZEMFIRA.
Mais, là on voit de grands palais, des tapis aux mille couleurs, des jeux^ des fêtes bruyantes.... et les habits des femmes, comme ils sont riches!
ALEKd.
La joie des villes, vain bruit ; là point d'amour, point
LES BOHÉMIENS. 28i
de yraîe joie. Les femmes... ah! que ta vaux mieux qu'elles^ toi qui n'as besoin ni de leurs riches parures ni de leurs perles ni de leurs colliers. Tu ne me tromperas pas^ mon amie... Si jamais !••• Mon s^ul désir c'est de partager avec toi, amour, paix, exil volontaire-
LE VIEILLARD
fu nous sûmes toi, bien que né i^armi les riches ; mais celui-là ne s^abitue pas facilement à la liberté, qui a. connu les délices du luxe. Chez nous, on conte cette histoire. Un jour, dans ce pays, vint un homme du sud, exilé par un roi. Autrefois j^ai su son nom bizarre, mais je Tai oublié. Vieux d'années il étaii jeune de cœur, ardent pour le bien. Il avait le don divin des chansons et sa voix était comme le bruit de« ee IX. Tous Taimaient. Il vivait aux bords du Danube, . ne faisant de mal à personne, charmant jeunes et vieux par ses récits. Il ne s'entendait à rien, timide et faible comme un enfant. Il fallait que des étrangers lui apportassent gibier et poissons pris dans leurs filets j et quand le fleuve rapide se couvrait de glaces, quand soufflaient les rudes autans, ils préparaient au saint vieillard une couche moelleuse avec de chaudes toisons. Hais, lui, jamsds il ne s'accoutuma à cette vie de misère. Il était p&le, desséché. La colère d'un Dieu^
S86 LES 60BËHTENS.
âisait-3^ le poursuivait pour une fente. Toujours il attendait; et la délivrance ne venait pas. Errant sur la rive du Danube^ il se lamentait *sans cesse^ et des larmes amères coulaient de ses yeux au souvenir de son lointain pays. Enfin^ mourant^ il voulut qu'on portât ses os vers le sùd^ croyant que^ même après sa mort^ 3s ne poumdent trouver le repos dansia terre de Texil.
ALEKO.
Voilà d(Mic le sort de tes ^fants^ 6 Rome^ ô souveraine du mcHide! Chantre des amours^ chantre des Dieux^ dis-moi qu'est-ce que la gloire? un écho sortant d'une tombe^ un cri d'admiration^ une rumeur qui retentit d'ftge en âge^ ou bien sous i'abn d'une hutte enf umée^ le récit d'un sauvage bohémien !
Deux ans se passent^ et toujours la Bohême joyeuse et vagabonde; partout^ comme naguères elle trouve la paix et l'hospitalité. Âleko a secoué les chaînes de la civilisation : libre comme ses hôtes^ sau^s soucis^ sans regrets^ il prend place à leurs bivouacs. Il n'a pas changé ; ses amis sont les mêmes. Oubliant ses jours d'autrefois il a pris les mœurs des Bohémiens. Gonune euX; il se plidt sous l'abri d'une tente; il goûte les enivrements de leur étemelle paresse; il fdme jusqu'à
LES BOHËMIBNS. US?
leur langue^ pauvre et sonore. Déserteur de sa bauge des boîs^ l'ours est devenu Thôte bien fourré de sa tente. Dans les villages^ sur la route qui traverse la steppe et mène à la capitale de la Moldavie^ Tours danse lourdement au milieu d'une foule circonspecte. Il beugle et mord impatiemment sa chaîne. Appuyé sur son bâton de voyage^ le vieillard marque nonchalamment la mesure sur son tambourin. Ateko conduit la béte en chantant des chansons. Zemfira passe devant les villageois et recueille leurs offrandes volontaires.. YiBf^i la nuit : Tous les trois font bouillir le grain qu'Os n'ont pas moissonné. Le vieillard s'endort, le feus'^éteint; tout reposa; tout est tranquille sons leur tente.
Aux rayons d'un soleil de printemps le vieillarâ réchaufiè son sang déjà engourdi; devant un berceau sa fille chante une chanson d'anaour; Aleko écoule et pêUt
ZEHFIRA.
c Vieux jaloux^ méchant jaloux^ coupe-moi^ brûle- MBci;: je juiafiacme Je n'ai peur ni du<caiiteau.iM an feu.
Je te hais^ je te méprise^ j'en aime un Mitra; je meurs en l'aimant, m
ALEKO*
Finis. Ce chant me fatigue. Je n'aime pas ces chan* tons sauvages.
ZSHFIRA.
Cela ne te plaît pas? que m'importe! je chante la dianson pour moi. *
EUe chante t
a Coupe-moij brûle-moi^ je ne dird rien; vieux jftk)ux^ méchant jaloux tu ne sauras pas son nom.
<II est plus frais que le printemps^ plus ardent qu'un jour d'été; qu'il est jeune et hardi ! comme il m'aime, a Comme je l'û caressé quand tu dormaislanuit! comme nous avons ri tous les deux de tes cheveux blancs. »
ALEKO.
lais-toi Zemfira ! j'en ai entendu assez.
ZBHFIRA.
Ha !^tu prends la chanson pour toiT
ALEEO.
Zemfira!
ZEMFIRA.
Fàche-toi si tu veux Oui^ je chante la chansoi
pour toi.
(Elle sort en chantant le refrain)*
LE VIEILLARD
Oui^il m'en souvient. C'est de mon temps qu'on a fait cette chanson; on s'en amusait^ on en faisait rire les gens. Quand nous campions dans la steppe de Kagoul^ par .une nuit d'hiver^ ma pauvre Haryoula la chantait en berçant sa fille auprès du feu. Dans mon esprit les années qui ne sont plus^ heure par heure^ deviennent toujours plus confuses. Cette chanson s'est glissée dans ma mémoire et n'en est plus sortie.
Tout est sOencieux. Il est nuit. La lune resplendit au sud dans un ciel azuré; Zemfira réveille le vieillard. —
Père! Aleko est efiBrayant. Écoute. Dans un sommeil de plomb il geint et sanglote.
LE VIEILLABD.
Ne le toucbe pas. Ne fab pasde bruit. Sais-tu ce que dit le Russe? Â l'heure de minuit l'esprit familier serre la gorge aux dormeurs. Devant l'aube il s'enfuit. Reste auprès de moi.
ZEMFIRA.
Père^ il parle^ il appelle Zemfira.
LE VIEILLARD
U te cherche même en rêve. Tu lui es plus chère que
la vie.
2M LES BOHttflBBrS.
ZKHPIHA.
Son amour me fatigue. Il m^emiuie. Mon cœur reveut sa liberté^ et déjà... Hais^ chut^ écoute, il pro> nonce un autre nom.
LE YUSILLARD.
Quel nom ?
ZEHFIRA,
Écoute; quel rftle douloureux ! Il grince des dents... n fait peur. Je vais le réveiller.
LE VIEILLARD
Tu ressayerais en vain. Ne trouble pas Tesprit de la nuit. II s'en ira de lui-môme.
ZEHFIRA.
Il s'agite, il se soulève, il m'appelle, le voilà réveillé, le vaisr à lui. Adieu. Dors.
ALEKO.
Où étais-tu?
ZEUFIRA.
J'étais à veiller auprès de mon père. Tout à l'heure un esprit te tourmentait. En songe ton ftme souffrait la torture. Tu m'as effrayée. Tu râlais, tu gnncais des dents, et puis tu m^as appelée.
LBS BOHÉMIENS. 191
ALEKO.
J'ai révé de toi. 11 me seiïiblait qu'entre nous... J'ai fait un rêve horrible.
ZEMFIRA.
Menteries que ces rôves-Ià. N'y crois pas.
ALEKO.
Ah ! je jie crois à rien^ ni aux rôves^ ni aux doux ser» ments^ non plus même à ton cœur.
•AMIB^'i^K-^— ^^^ik.i*^__««M^bi^B
LE VIEILLARD
Pourquoi, jeune insensé, soupirer toujours? Ici les hommes sont libres, le ciel est serein, et les femmes se vantent de leur beauté. Ne pleure pas. Le chagrin te tuera.
ALEKO.
Père ! Elle ne m'aime plus î
LE VIEILLARD
Console-toi, ami. C'est un enfant. Ta mélancolie n'a pas de raison. Aimer, pour toi c'est amertume et douleur. Aimer, c'est un jeu pour un cœur de femme. Regarde: sous cette voûte là-haut, la lune erre en liberté. A toute la nature, tour à tour, elle verse sa lumière. Elle entrevoit un nuage : soudain elle Téclaire,
il resplendit; mais voilà qu'elle passe à unrautre^ où elle ne s'arrêtera pas plus longtemps. Qui lui assignerait une place au ciel? Qui lui dirait: Reste là? Qui peut dire au cœur d'une jeune fille : Rien qu'un amour^ janiaîs de changement?... Console-toi?
ALEKO.
Ck)mme elle m'aimait autrefois! Comme elle se pressait tendrement sur moi^ d^s nos haltes au milieu de la steppe ! Que les heures de la nuit passaient vite ! Gaie comme un entant^ d'un mot bégayé à l'oreille^ d'un baiser enivrant^ elle chassait ma mélancolie. Zemfira infidèle !... Ne plus m'aimer !...
LE YIEUXARD.
Écoute; je te raconterai une histoire de moi-même. Il y a longtemps^ lorsque le Moscovite n'effrayait pas encore le Danube^ — vois-tu, je rappelle de vieux ennuis, — alors nous tremblions au nom du sultan; un pacha commandait au Boudjak, du haut des tours d'Akerman. J'étais jeune, mon cœur bouillonnait dans sa oie, et sur ma tête, dans mes tresses touffiies, on n'eût pas trouvé un poil blanc. Parmi nos jeunes beautés, il y en avait une... et lon^emps elle fut le soleil pour md. Enfin, mienne elle devint.
Ah 1 ma jeunesse a passé rapide comme l'étoile qui
LES BOHËMIENS. 29S
file^ mais pour toi le temps de Tamour s'est encore plus vite écoulé. Haryoula m'aima un an.
Une fois, près des eaux de Kagoul^ nous fîmes rencontre d'une horde étrangère. C'étaient des Bohémiens. Ils plantèrent leurs tentes près de nous^ au pied de la montagne. Deux nuits nous campâmes ensemble. Ils partirent la troisième nuit : Maryoula partit avec eux... Je dormais tranquille. Le jour vint : je m'éveille. Elle n'est plus là. Je cherche^ j'appelle; la trace même avait disparu. La petite Zemfira pleurait; moi^ je pleurai au^i...
Depuis ce jour toutes les filles du monde ne furent rien pour moi. Jamais^ parmi elles^ mon regard ne chercha une compagne^ et mes loisirs solitaires^ je ne les partageai avec personne.
ALEKO.
Mais pourquoi ne pas courir ausâtôt sur les traces de l'infftme? Cknnment n'as-tu pas plongé ton couteau dans le sein du ravisseur et de ta fausse compagne?
LE VIEILLARD
Pourquoi? La jeunesse n'est-elle pas plus volontaire que l'oiseau? Quelle force arrêterait l'amour? Le plaiàr se donneà chacun^ tour à tour. Ce qui a été ne sera plus.
9M LES BOHÉMlEiW,
ALEKO.
Telle n'est pas mon humenr. Je ae renonce pas à mes droits sans dispute^ ou^ dumoins^ je goûte le pla»ir de k vengeance. Non! Je rencontrerais au bord de la mer mon ennemi endormi^ près d'un gouffre sans fond^ que je aois maudit^ si mon pied ne le poussait dans Tablme ! II serait à ma merci^ sans défense^ je le précipî* ferais dans les flots^ j'insulterais à Tépouvante de son réveil^ je jouirais de son agonie^ et longtemps le bruit de sa chute retentirait à mon oreille elrme serait un sou^ venir de joie et de risée.
UN JEUNE BOHÈMIElf.
Encore un seul^ un seul baiser!
zbufira.
Adieu! mon mari est jaloux et méchant.