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DE LA MANOEUVRE

On définit la manœuvre , une opération manuelle, à l’aide de laquelle l’art termine un accouchement qui ne peut s’effectuer par les seules ressources de la nature.

La manœuvre se divise en simple , composée et compliquée . La manœuvre est simple lorsque la main seule suffit pour la terminaison de l’accouchement ; elle est composée , quand elle exige l’emploi de quelques instrumens , tels que le forceps, le lévier , etc. ; enfin, elle est compliquée quand il faut mettre en usage l’une des grandes opérations de l’art des accouchemens , telles que l’hystérotomie, la symphiséotomie , etc.

Les causes qui, en s’opposant à la terminaison naturelle de l’accouchement, nécessitent l’emploi d’une manœuvre quelconque , sont de deux espèces : la première tient à la situation défavorable de l’enfant au détroit abdominal ; par exemple , quand il offre la présence du dos , du ventre , etc. ; la seconde résulte d’événemens imprévus , de circonstances graves , survenues inopinément pendant le travail de l’enfantement. Il faut mettre au premier rang de ces causes : i°. l’hémorrhagie*, 2°. les convulsions; 3°. la faiblesse extrême et les syncopes répétées; le resserrement spasmodique du col de la matrice ; 5°. l’implantation du placenta sur le col ou sur ses bords ; 6°. l’issue prématurée du cordon ombilical ; 7°. son défaut de longueur ; 8°. l’obliquité extrême de la matrice; 90. une hernie irréductible; io°. la grosseur démesurée delà tête de l’enfant; n°. une grossesse composée; 120. tous les vices, soit du bassin, soit des parties extérieures de la génération.

Dans toute manœuvre, on exécute nécessairement quatre tems principaux, qui sont: i°. le tems d’intromission; 20. celui d’exploration ; 3°. celui de mutation ; 4°- celui d’extraction.

i°. Tems cl’ intromission. — La femme placée convenablement (f ’oy. pl. XXXV )fig. i eti.), l’ accoucheur, après avoir plongé l’une ou l’autre main dans un corps gras ou mucilagineux , quelconque, l’introduit en demi-pronation dans le vagin, en écartant légèrement les grandes lèvres par la commissure postérieure : une fois arrivé dans l’excavation , il place la main en supination, et dirige le doigt indicateur vers le col de la matrice , à travers lequel il glisse la totalité de la main , s’il se trouve suffisamment dilaté. Dans le cas contraire , il en opère la dilatation graduelle , en introduisant les uns après les autres tous les doigts de la main, en commençant par l’indicateur; de cette manière, il pénètre dans Pintérieur de la matrice.

2°. Tems d’ exploration. — Ce second tems est sans contredit le plus important, puisque de la connaissance précise des parties de l’enfant qui se présentent à l’orifice , dépend le succès de la terminaison de l’accouchement. Il s’agit donc ici d’explorer avec soin la surface sur laquelle les doigts sont placés, afin de ne pas prendre une épaule pour une hanche, et un coude pour un genou, etc.; en définitive , il faut placer la main de manière à parvenir aux pieds, par le chemin le plus court et le plus facile.

3°. Tems de mutation. — La main , parvenue aux pieds , les saisit et cherche à les ramener vers l’orifice, en faisant exécuter à l’enfant un mouvement, combiné de manière à ramener ses surfaces antérieures en dessus; dans ce mouvement, qui est en général la partie laborieuse de la manœuvre, l’accoucheur doit surtout veiller à ne point croiser les membres de l’enfant les uns sur les autres ; il ne doit pas non plus les courber dans un sens contraire à leur flexion naturelle. Les fractures des membres ne reconnaissent pas d’autres causes que l’oubli de ce précepte.

4°. Tems d’extraction. — Les pieds ramenés au détroit supérieur , et l’enfant placé dans l’une des situations diagonales , seules favorables à sa sortie , l’accoucheur en fait l’extraction, comme nous allons l’indiquer.

PI xxxvir.

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