PL LXXV
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D’ACCOUCHEMENS
n’en excepterons pas 1 e pelvigraphe de M. Martin , dont le mécanisme , un peu compliqué et d’une exécution même assez pénible , n’en est pas moins une invention très-ingénieuse et toute nouvelle. 11 est , en effet , disposé de manière que , pendant qu’une tige introduite dans le vagin décrit tout le contour du bassin , une autre tige placée en forme de poinçon sur une petite planche disposée à cet effet, trace d’une manière parfaite la figure exacte du bassin , parcourue par la tige introduite.
Le compas ordinaire et la mesure linéaire , placés sur la même planche, ne sont là que pour indication.
Planche lxxv.
Couteau symplvysien. Ce n’est point ici un instrument nouveau, mais tout simplement un bistouri ordinaire , auquel nous avons cru devoir donner une forme particulière et plus appropriée à l’espèce d’opération pour laquelle il est destiné. La lame en est courte , boutonnée , à dos large , et le manche long , fort et carré sur sa circonférence.
Il est d’observation que le fibro-cartilage de la symphyse des pubis est très-ferme, et qu’il ne pourrait être divisé que très-difficilement avec un bistouri à lame mince et étroite. Si l’opérateur appuie faiblement , le fibro-cartilage n’est point coupé ; s’il appuie un peu fort , la lame du bistouri casse et peut blesser la femme. Avec le couteau sympbysien, tel que nous l’avons fait confectionner, on n’a point à craindre ce double inconvénient.
Les deux bistouris et les deux paires de ciseaux placés sur le même plan que le couteau symphysien n’offrent rien de particulier , et ne sont là que pour indication.
P erce-crâne. On désigne sous ce nom tout instrument piquant à l’aide duquel on pénètre dans le crâne du fœtus mort , pour en faire sortir la masse cérébrale. Il en est de plusieurs espèces , tels
que le perce-crâne ordinaire , celui de Bacqué , et les ciseaux de Smellie.
Le perce-crâne ordinaire se compose d’une longue tige de fer, terminée par une extrémité en forme de lance , que soutient un manche solide , arrondi , de 4 à 5 pouces de longueur. La totalité de l’instrument ne doit pas avoir moins de 16 à 18 pouces.
Le perce-crâne de Bacqué , qui porte également le nom de tiretête j beaucoup plus compliqué que le précédent , remplit également les usages de perce-crâne et de tire-tête ; il se compose d’une tige arrêtée sur un manche , sur laquelle glisse à volonté une seconde tige mobile ; celle-ci est terminée par une extrémité acérée , sur laquelle reposent deux pièces à bascule , qui s’appliquent parfaitement sur cette tige , quand elle agit comme percecrâne , et qui se déploient sur le côté , quand l’instrument sert comme tire-tête.
Quels que soient néanmoins les avantages que présente cet instrument , nous donnons la préférence , dans ce dernier cas, à notre forceps-crochet.
Les ciseaux de Smellie agissent d’une manière bien différente des précédens ; ils peuvent , il est vrai, servir de perce-crâne ; mais une fois introduits , ils donnent la faculté d’agrandir à volonté l’ouverture qu’ils ont pratiquée , en faisant jouer leurs extrémités , dont le tranchant est en dehors.
Le nouveau tire-tête que nous avons fait dessiner, borné dans son emploi , n’est destiné qu’à être introduit par le trou occipital dans l’intérieur de la tête du fœtus , lorsque celle-ci a été détronquée, et que l’ouverture en question est convenablement dirigée pour permettre cette introduction. La tige qui le surmonte peut à volonté s’appliquer sur la tige commune, lorsqu’on veut l’introduire , et se placer ensuite en travers , à l’aide d’un mouvement de bascule qu’un fil de soie , disposé à cet effet, fait exécuter avec beaucoup de facilité.
Cet instrument , peu compliqué dans son mécanisme , est destiné à remplacer le petit bâton conseillé par Baudeloque; moyen
Sonde a délivrance .
PL.LJSVI.
Sonde ordinaire.
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D’ACCOUCHEMENS. i/l9
qu’il ne faudrait pas négliger cependant dans le cas où l’on serait forcé d’en faire usage.
Planche lxxvi.
Sonde à délivrance. Ce moyen ne peut convenir que pour l’opération césarienne , lorsqu’on se décide à reporter l’extrémité du cordon coupé par la plaie de la matrice dans l’intérieur de cet organe , afin d’opérer la délivrance par les voies naturelles.
La sonde doit être d’une longueur de i5 à 18 pouces , mousse à l’une de ses extrémités , ouverte à l’extrémité opposée , large et fendue sur sa circonférence ; un anneau mobile est destiné à serrer la sonde , et à fixer le bout du cordon qui s’y trouve engagé.
Il faut nécessairement engager la sonde par l’extrémité mousse , la porter vers le col , afin de la glisser dans le vagin , où l’on doit la saisir pour l’entraîner au-dehors , et avec elle la portion du cordon qui s’y trouve fixée.
Repoussoir. Cet instrument , dont nous sommes les premiers à indiquer les usages , n’est pas pour cela un instrument nouveau; c’est bien plutôt une idée nouvelle , peut-être , appliquée à un instrument déjà connu , et qui lui donne une destination qu’il n’avait pas eue jusqu’ici. Il est spécialement destiné , en effet , à agir sur la tête , pour la repousser en arrière , pendant que d’une autre partie praticien tire sur les pieds pour les amener au-dehors.
Cet instrument se compose d’un manche de 8 à i o pouces de longueur , surmonté à l’une de ses extrémités par une petite traverse arrondie et garnie d’un coussinet de buffle ou de chamois , qui met la tête à l’abri de la pression douloureuse du bois ou de l’ivoire à nu.
Porte-cordon. Des deux instrumens que nous avons fait dessiner sous ce nom , l’un appartient à Ducamp , enlevé prématurément à l’art , qu’il cultivait avec tant de succès et de gloire ; l’autre a
i5o NOUVELLES DÉMONSTRATIONS
été imaginé par M. le docteur Guillou , qui a bien voulu nous en communiquer le dessin.
Il paraît que Ducamp a pris la première idée de son portecordon chez les Anglais. Quoique le mécanisme en soit assez com pliqué , l’idée en est extrêmement heureuse, et l’instrument atteint parfaitement le but qu’on se propose’dans son application.
Il est composé d’une longue sonde de gomme élastique , terminée à ses deux extrémités par une garniture en argent, destinée à lui donner une certaine solidité pour son introduction dans la partie profonde de la matrice.
Le long tube de cette sonde , qui n’a pas moins de 1 8 à 20 pouces de longueur , est parcouru par une tige en argent , espèce de mandrin , à laquelle est attaché un fil de soie , qui , d’une autre part , vient parcourir toute la circonférence d’un anneau brisé placé à l’extrémité supérieure de l’instrument. A l’extrémité opposée se voit une petite virole vissée , propre à serrer sur la tige commune le fil de soie dont nous avons parlé. De cette manière , l’anneau brisé s’ouvre et se ferme à volonté : il est fermé quand on porte la portion du cordon sortie vers le fond de la matrice; on l’ouvre alors en dévissant la petite virole , et l’on retire l’instrument sans entraîner le cordon.
Le porte-cordon de M. le docteur Guillon , presqu’en tout semblable au précédent , en diffère cependant par la forme de l’anneau , qui s’ouvre en deux parties seulement , et qui par cela même , plus simple dans son mécanisme , mérite aussi la préférence sur celui de Ducamp.
Pince à faux germe de Levret. Cette pince ne diffère de tous les instrumens du même genre que par la forme des cuillers , qui sont fenêtrées au lieu d’être pleines. Sa longueur doit être de 1 2 à i5 pouces, afin de pouvoir la porter à une profondeur quelquefois très-considérable.
Le petit pied d’enfant qui se voit sur cette planche donne l’idée de la manière dont le lacs doit être appliqué.