HYMNE A LA TRISTESSE
Coupe d'ombre, à tes bords embaumés de vin hoir, Dans ma jeunesse ardente et soumise à la joie
Je n'ai pas bu souvent!
J'attendrai que mon âge, à son automne, ploie Pareil aux arbres dont les branches dans le soir
Gémissent sous le vent!
J'attendrai que ma vie à la terre enlacée Détourne mes regards mourants de la beauté,
Leur amante immortelle!
El que des passions, plus rouges que l'été, Aient assailli longtemps mon âme et Paient blessée
De leur flamme cruelle !
Hier, dans la splendeur des monts immaculés Qui reflétaient pour moi les couleurs de l'aurore
Et les étoiles d'or^ 0 Tristesse qui viens sans que l'homme t'implore Tu me donnas, mes yeux d'exil étant voilés,
Le désir de la mort !
Délivré maintenant des monts de servitude Où la trompette effarouchait les bois sacrés,
Tristesse, coupe d'ombre, Et pressé par les bras de l'amour adorés. Daigne répandre, loin de notre solitude.
Les flots de ton vin sombre !
La femme se dérobe au cœur qu'elle a séduit Et j'ai vu qu'un hiver faisait danser les feuilles
Dans les soleils couchants !
Mais le bonheur, sous les mensonges, tu le cueilles Et la clarté sur le sein même de la nuit,
O jeunesse des ans !
Et tu ris de la nuit, de l'ombre et du silence. De l'hiver qui moissonne tout dans la forêt
De sa bise tranchante.
Tu ris des trahisons quand l'amour reparaît Aux profondeurs des yeux d'oii son charme s'élance
Comme une source chante I
Ce soir, pourtant, le ciel confondu dans les eaux, La chute du soleil parmi sa propre cendre
Et le poids de mon cœur Ont approché la coupe d'ombre et fait descendre Au fond de moi l'effroi qui touche les oiseaux
Devant le soir vainqueur !
Et je songeais du feu qui s'éteint dans les temples. De la saison qui meurt de nouveau dans les bois,
Et des dieux de la terre Quand l'harmonie étant accourue à ma voix Je te noyai. Tristesse, au choc de ses flots amples,
En chantant ton mystère I