‹ Nouvelles élévations poétiquesChapitre 17 sur 28 · HYMNE AU SOLEIL NATAL · texte numérisé non relu

HYMNE AU SOLEIL NATAL

A riieure où la cité se voile dans la brume, Quand un soir sans clarté tombe du firmament, Tu luis, soleil natal, et ta force rallume Au ciel de ma mémoire un éblouissement !

0 splendeur au-dessus des terres labourées, Azur libre et flottant aux bords des horizons. Près, océans de fleurs, dont les ondes dorées Envahissent la route et le seuil des maisons !

Forêt grondante assise aux pentes des montagnes, Cime déserte, épouse et trône du matin. Torrents lancés en conquérants dans les campagnes Qui vous teignez de sang quand le soleil s'éteint !

Vallons entrecoupés de rochers et d'arbustes. Villages révélés sous l'ombrage mouvant.

Noirs coteaux couronnés par des chênes robustes Où se posent l'oiseau, le tonnerre et le vent!

Mon cœur m'emporte à vous ! O visions d'un âge Vierge encor des langueurs mortelles de Tamour Et qui laisse, brillante, errer sur son visage Une pudeur pareille à l'aurore du jour !

Le printemps, souriant dans ses divines larmes, M'entourait de parfums et de tremblants rayons Et l'été qui portait le soleil sur ses armes M'ouvrait la flamme et le silence des sillons I

L'automne m'enseignait les rites des vendanges M'ofïrant sa coupe d'or débordante de fruits, L'hiver amoncelait la paille dans les granges Et pleurait dans le yent sur les arbres détruits I

La grande nuit qui passe et porte à ses épaules Un arc de feu toujours tendu pour les combats Me surprenait aux nappes d'eaux, mères des saules, Qui se prêtaient en tressaillant à mes ébats !

Entourant de mes bras la branche balancée Par la sève et la brise au-dessus du chemin, Je dérobais le nid fait d'herbe entrelacée Et qui palpite comme un cœur sous votre main I

Je m'accroissais ainsi, nourri dans la lumière, Comme une souple vigne appuyée aux ormeaux Qui puise par ses pieds à la source première Et qui tente du front le ciel et les oiseaux !

Tu présidais mes jeux et mes travaux rustiques Car tu m'as vu, soleil, ardent soleil natal, Haussant mes jeunes bras aux grands gestes antiques, Fertiliser la terre à l'éclair du métal !

Ah 1 pose-toi longtemps sur la nuit solitaire ! Et versez-moi la paix de votre souvenir O jours d'enfance, jours passés près de la terre, Dans le calme des champs qui m'auront vu partir !

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