‹ Nouvelles élévations poétiquesChapitre 2 sur 28 · HYMNE AU DÉPART · texte numérisé non relu

HYMNE AU DÉPART

J'ai compris votre voix, ô torrent, ô montagnes, 0 vous que le printemps est venu transformer! Je verrai la Provence et ses belles campagnes Car, mon cœur, votre voix a su le ranimer I

L'aurore qui rayonne aux plaines d'Italie De son pas incertain et doré doit marcher Sur le versant des pics oii le destin me lie Et déjà mon bâton sonne sur le rocher.

Adieu, cœurs sourds, ô cœurs de soldats, jeunes hommes Qu'une patrie amère élève pour la mort. Vous qui pliez vos fronts innocents sous des sommes De maux et l'injustice éternelle du sort!

Dans la fraîcheur de l'aube et l'ombre de vos chambres Vous vous baignez encore aux tlots lents du sommeil, Puissiez-vous, comme moi, dans vos cœurs, sur vos membres. Accueillir au réveil tout le libre soleil !

De Tabîme ma vie enfin s'est échappée ! Pénétré des conseils de l'onde et du printemps Je pars, je m'abandonne à la route escarpée Et je descends vers vous, rivages éclatants !

Adieu, clair horizon des monts dont la prière Monte vers le ciel bleu sous un beau vêtement De forêts, horizon de cascade et de pierre ! A mon voyage, au long des routes, sois clément !

Sous mon bâton et sous mes pas, par intervalles. Des cailloux chantent en glissant, le jour grandit, Et je songe au murmure incessant des cigales Là-bas, dans l'olivier, quand triomphe midi.

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