‹ Nouvelles élévations poétiquesChapitre 20 sur 28 · HYMNE HÉROÏQUE · texte numérisé non relu

HYMNE HÉROÏQUE

Pénétré par la flamme immortelle du monde^ Toi qui, puisant l'audace au sein même du jour, Dans notre âme inquiète et notre chair profonde As ranimé la forme éparse de Tamour,

Les pays virginaux qui s'ouvrent aux caresses De la pluie et du vent d'avril, tu les connus ; Mais c'est vers les cités que tes fortes tendresses Guidèrent tes regards et ton cœur ingénus.

Etant l'adorateur de la lumière antique Tu vins, parmi les fleurs et les arbres des champs. Chanter la gloire de l'Eden et ton cantique Empruntait aux forêts leurs soufQes tout puissants.

Bientôt, de tes deuxmains, en unissant des ombres,

Tu fis jaillir la source vive des couleurs

Sur l'étendue obscure et les asiles sombres

Où l'homme marche accompagné par les douleurs.

Voici la ville noire aux reflets d^incendie, Un lourd voile de brume enveloppe les corps, Cette maison dans une fête s'irradie, Devant elle la pauvreté compte ses morts.

Ici les passions brûlent comme des flammes. L'or qui brille à des doigts vacillants a surgi. Les baisers sont amers sur les lèvres des femmes, Et des sanglots cruels aux clairons ont rugi.

Mais, sous la nuit terrible et dans cette tourmente. Tu t'avances pareil au dieu dompteur du feu Qui tordait sur sa forge une foudre éclatante Impatiente d'éblouir tout le ciel bleu.

Une longue clameur des hommes t'accompagne, La louange s'unit au courroux soulevé.

Car ta clarté grandit dans la vallée et gagne Le nid d'horreur et d'ombre où le mal est couvé.

Ah ! marche dans ta force ! A ton front qui rayonne Sous des lauriers gonflés de sève, nous ofl^rons. Pour tes combats et ton courage, une couronne De palmes de justice et que nous tresserons.

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