HYMNE AUX MUSES
L'HYMNE ArsïlQUE
« Je t'invoque d'abord, Glio, vierge brillante, Toi qui vas secouant la gloire et le laurier Sur les siècles et dont la trompette vaillante Retentit d'un éclat guerrier !
« Déesse des festins, ô Thalie équitable, Préside à ce repas, à ces fleurs, à ces vins, Que lascif, ton lierre entoure cette table, Préserve-la des soucis vains !
« De rose, d'hyacinthe et de lys couronnée, Euterpe, dont la flûte enchaîne les humeurs, Soudaine, réjouis notre oreille étonnée
Par tes plus savantes rumeurs !
(c Erato, jeune lille amante des colombes. Parmi nous, printanière et rieuse, descends ! Mais quel est cet enfant sous lequel tu succombes ? L'Amour, aux traits éblouissants !
« Le front grave et la main appuyée à tes sceptres, Melpomène tragique et maîtresse des pleurs, Eloigne pour un soir les terreurs et les spectres De ce lieu parfumé de fleurs !
« Mais toi, légère et belle, imitant les étoiles, Dans tes bondissements ou les rayons du jour, Terpsichore, fiance au rythme de tes voiles Les vibrations du tambour!
c( Uranie azurée et Tâme reposée Sur son trône de feux et d'ailes constellé Accueillera, du fond de son ombre embrasée, Mon hymne, vers elle, envolé !
« Cependant qu'à ma droite et sous la lyre assise Polymnie éclatante et le bras étendu Me dictera le nombre et la forme précise
D'un chant non encore entendu î
« Et sa sœur Galliope, embouchant ses trompettes, Me prêtera le souffle abondant de sa voix Pour inscrire, à jamais vivants, sur ses tablettes^ Les héros, les dieux et les rois !
« Or, vous voici I Salut, Muses étincelantes ! La neige des sommets a gonflé vos seins durs Et la foudre tombant aux forêts gémissantes Illumina vos regards purs !
« Muses de l'Héliconî Déesses apparues ! Un jour plus clair se fait au fond de mon esprit. Et je suis votre autel, mes flammes sont accrues^ Votre substance les nourrit !
NOUVELLES ELEVATIONS POETIQUES /O
<( Quand le monde, au sortir des prennières ténèbres, S'étendait sous des cieux d'airain, vous étiez là ! I/indigence et l'horreur des longs âges funèbres
Votre lumière les voila
)) Vous êtes la splendeur de l'homme et de la terre î L héroïsme revit par vos soins et les dieux Connaîtraient le silence et la mort solitaire Sans votre chœur mélodieux !
)> A vous, Muses, à vous mon souffle et le murmure Des sept cordes, à vous l'offrande de mes vers î Sans votre bienveillance aucun siècle ne dure, Les peuples d'ombre sont couverts !
» Apollon qui vous guide et gouverne vos danses. Le doigt levé, le front radieusement blanc, Apollon, vous l'avez créé par vos cadences. Adorable et la lyre au flanc 1
)) Les saisons dans vos yeux mobiles se projettent. Plus belles que Gérés vous régnez sur les champs Et les fleurs, les moissons, les vignes se reflètent Immortellement dans vos chants !
» Vous portez l'infini de l'azur et des sables Car vous êtes aussi déesses de la mer. Vous charmez les douleurs des flots inguérissables Qui se tordent au gou(fre amer !
» Favorisez mon chant par l'eau de ces fontaines Qui vous virent, vos pieds embaumant le gazon, Danser près de leurs bords, aux lueurs incertaines De la lune sur l'horizon I »