HYMNE AU PRINTEMPS
Aux bras de Thiver défaillants Printemps, tu te ranimes !
Et les arbres sont tressaillants Des racines aux cimes !
Le sang, dans mon cœur langoureux, Gronde comme une sève.
Le vent des hymnes amoureux.
M'emporte et me soulève !
Le long des saules transparents Et de la source verte La vierge à mes regards errants Soudaine, s'est offerte !
Elle marchait dans le matin Ainsi qu'une déesse, Les fleurs et l'herbe du chemin Se courbaient de tendresse !
0 roses, voici votre sœur !
Et vous, colombes pâles, Accordez-lui votre douceur D'amantes triomphales !
Ses beaux yeux sont d'un ton changeant Gomme i'onde à Taurore Et parfois un éclair d'argent Les perce et les colore !
Dans tes grottes et dans tes prés.
Roi des ondes sauvages, Favorise la vierge auprès Dj tes jeunes feuillages !
Plus haut que les claires chansons Qui sifflent dans tes branches Fais chanter le chœur des frissons Dans ses belles chairs blanches !
Farouches et plus éclatants Que tes nouvelles roses Retiens ses charmes inconstants Sous tes verdures closes !
Dans ton empire retrouvé Je vais, suivant ta trace, Le vent léger qui s'est levé Invisible, m'emlnMsse !
Ail ! printemps, je suis pénétré D'une langueur étrange, Je ne sais quel profil sacré Se mêle à ta louange !
Printemps, printemps, épargne-moi Les flammes que tu jettes :
L'amour se tient derrière toi.
Seigneur des violettes !