‹ Nouvelles élévations poétiquesChapitre 8 sur 28 · HYMNE AU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

HYMNE AU PRINTEMPS

Aux bras de Thiver défaillants Printemps, tu te ranimes !

Et les arbres sont tressaillants Des racines aux cimes !

Le sang, dans mon cœur langoureux, Gronde comme une sève.

Le vent des hymnes amoureux.

M'emporte et me soulève !

Le long des saules transparents Et de la source verte La vierge à mes regards errants Soudaine, s'est offerte !

Elle marchait dans le matin Ainsi qu'une déesse, Les fleurs et l'herbe du chemin Se courbaient de tendresse !

0 roses, voici votre sœur !

Et vous, colombes pâles, Accordez-lui votre douceur D'amantes triomphales !

Ses beaux yeux sont d'un ton changeant Gomme i'onde à Taurore Et parfois un éclair d'argent Les perce et les colore !

Dans tes grottes et dans tes prés.

Roi des ondes sauvages, Favorise la vierge auprès Dj tes jeunes feuillages !

Plus haut que les claires chansons Qui sifflent dans tes branches Fais chanter le chœur des frissons Dans ses belles chairs blanches !

Farouches et plus éclatants Que tes nouvelles roses Retiens ses charmes inconstants Sous tes verdures closes !

Dans ton empire retrouvé Je vais, suivant ta trace, Le vent léger qui s'est levé Invisible, m'emlnMsse !

Ail ! printemps, je suis pénétré D'une langueur étrange, Je ne sais quel profil sacré Se mêle à ta louange !

Printemps, printemps, épargne-moi Les flammes que tu jettes :

L'amour se tient derrière toi.

Seigneur des violettes !

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