‹ Nouvelles esquisses de morale évangélique [microform]Chapitre 13 sur 56 · J. Richepin. Mes Paradis · texte numérisé non relu

J. Richepin. Mes Paradis

nèbres, ne les rend que plus épaisses et plus désolantes. C'est pour ces nuits-là qu'a été écrite l'admirable parole du prophète : « Si quelqu'un marche dans les ténèbres, sans un rayon de lumière, qu'il se confie au nom de Jéhovah et qu'il s'appuie sur son Dieu'. » Le rayon, le voilà déjà î Mais n'oublions pas que rien au monde, pas plus la nuit que le jour, ne peut nous servir sans nous, sans une appropriation personnelle, sans la mise en œuvre de ce qui nous est donné.

Pour que le jour profite, il faut nous hâter au travail; si nous attendons, ce sera trop tard. Pour que la nuit nous livre sa révélation, il faut que l'œil du dedans soit ouvert, je dis qu'il soit tenu ouvert, non dans un état de passivité, mais par une action intérieure : il faut l'attention, il faut le reg-ard. Heureux ceux qui, à l'heure où s'allong-ent les ombres du soir, auront soupçonné la présence à leur côté, ou plutôt au fond même de leur vie, d'un hôte divin, ignoré jusque-là et prêt à disparaître au moment où il est reconnu ; heureux ceux qui auront su le retenir î Pour ceux-là la nuit aura ses chants d'allégresse, elle aura ses divines clartés.

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