SAVEZ-VOL'S VRAIMENT
mesure. Puis les échecs, les défaillances, les tristes découvertes faites dans leur propre cœur, les jettent dans le dégoût d'eux-mêmes et ruinent en eux toute énergie morale. Que de fois' le monde où ils vivent les flatte et les excite aux heures de l'enivrement, pour les abandonner avec un froid dédain quand ils sont humiliés et en détresse!
La Bible fait l'inverse. Elle est perpétuellement occupée à renverser le piédestal sur lequel se hisse l'orgueilleux : force, savoir, fortune, talent, vertu. Mais celui qui est à terre, meurtri par sa propre chute, écrasé par le mépris, elle le console, le relève, lui montre l'admirable grandeur de la vie humaine et l'appelle, lui, tout pécheur qu'il est, et tout impuissant qu'il se connaît, à vivre cette vie et à partager cette
grandeur.
Cependant ne perdez jamais de vue que, si précieux que soient les soins que vous donnez directement à l'âme de vos enfants, ce n'est pas seulement dans les instants solennels consacrés, à cet objet que a'ous avez à les mettre en possession « de bonnes choses. » Ce serait tomber dans une erreur grave, celle qui consiste à en-
clore la vie religieuse en une « heure de culte, » ou en une « leçon de relig-ion, » Si vous n'exercez pas de discipline sur votre propre humeur ; si c'est d'un point de vue terre à terre que vous appréciez, au milieu des vôtres, la vie, les buts poursuivis, les faits journaliers ; si l'on entend habituellement chez vous le langage du murmure et de la médisance, le conseil qui abaisse; si l'on ne voit pas, en votre manière d'être et d'agir, le désintéressement, le souci dominant de lajustice,rhorreurpourle mal, l'habituelle bienveillance pour les hommes ; si vous ne faites pas régner dans votre cœur, et ainsi dans votre maison, l'Esprit de sainteté et de bonté, — il est bien à présumer que vous ne réussirez pas à donner de bonnes choses à vos enfants.
Encore une fois ; savez-vous les leur donner ?
Quand on ne sait pas, ou qu'on sait mal, et qu'il y va de tels intérêts, il faut apprendre.
Mais comment apprendre? Toute la science du monde ne me mettra pas en mesure de donner ce que je n'ai pas ! Que faire si, me mettant à l'étude, la première chose que je découvre est mon absolu dénuement ? Le fragment de l'Evangile qui a provoqué la question inscrite en tête de ce chapitre, vous dit précisément ce qu'il faudra faire. Le maître de maison qu'il vous