‹ Nouvelles esquisses de morale évangélique [microform]Chapitre 27 sur 56 · ASSOCIATIONS CULTUELLES · texte numérisé non relu

ASSOCIATIONS CULTUELLES

nies. C'est là une conception de sacristain, si je puis dire. » Ce dont est frappé surtout celui qui parle, lorsqu'il voit « FAssociation chrétienne confinée, rélég-uée dans le culte, ce n'est pas qu'un tel jugement porté sur l'Eglise chrétienne méconnaît son histoire entière, c'est qu'il consacre sa décadence ,en déniant son principe. Car la religion chrétienne, après celle des prophètes juifs, s'est formée à l'encontre des religions de pur culte, de rîtes et de cérémonies. Elle a énergiquement repoussé le pharisaïsme, et on la traite enfin aujourd'hui comme un pharisaïsme. Gela m'émeut quand j'y pense, »

Il n'est pas un de nous qui ne souscrirait à cette protestation. Si nous laisser désigner par le nom d'association cultuelle, c'était reconnaître que nous n'existons, en tant qu'Eglise, que pour nous réunir à certaines heures, faire certains gestes, accomplir certains rites, tout ce qu'il y a en nous d'évangélique, tout ce qu'il j a en nous d'humain, se révolterait. Comment des disciples de Jésus pourraient-ils s'assembler au nom de Jésus, en vue d'un objet aussi étranger aux mots d'ordre que Jésus leur a donnés, aussi contraire à sa pensée, à son esprit?

Dans « l'entretien » qui a succédé à celui que je viens de mentionner, M. Desjardins, instruit

par l'échange d'idées qui s'était produit (la discussion n'est pas toujours inutile), était revenu sur son premier sentiment : « J'avais oublié, dit-il, que la grande opération de l'Eglise, c'est de produire dans les âmes la seconde naissance, l'entrée dans la vie de la grâce, et que de là tout le reste découle dans l'individu et dans la société. Or, cette opération se réalise par les sacrements, accompagnés de la parole sacrée, bref par le culte. Il suffit donc de ce seul point assuré pour que l'Eglise y appuie le levier de son action morale et sociale. Et voilà pourquoi ce sont justement les catholiques de foi fervente qui se contentent qu'on leur garantisse le culte ; pour eux le culte contient tout, le culte est tout^ »

Laissons ce qui concerne les sacrements.

Tenons-nous-en à l'idée générale de notre culte. Qu'est-ce pour nous que célébrer un culte ?

Voici deux définitions empruntées au Nouveau Testament :

C'est offrir à Dieu son corps, en victime vivante, sainte, agréée de lui (Rom. xii, 1).

C'est, édifiés comme autant de pierres vivantes en maison sph'iluelle, former un sacerdoce saint

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