ASSOCIATIONS CULTUELLES
et apporter à Dieu des sacrifices spirituels qui lui seront agréables par Jésus-Christ (1 Pierre II, 5).
Un tel culte n'est pas célébré dans un temple, à moins qu'on ne comprenne (ainsi que le réclame expressément ce dernier texte, où sont mêlées les deux idées de temple et de sacerdoce) que la maison dont il s'agit est une maison en esprit, formée par les personnes mêmes des adorateurs. Un tel culte n'est pas celui d'un certain jour dans la semaine ou d'une certaine heure le dimanche; c'est le culte de la vie entière, d'une vie purifiée, régénérée, activement consacrée à Dieu dans le service des hommes.
C'est pour ce culte-là que TEglise existe. Nous pouvons donc et nous voulons être une association pour le culte.
Ce n'est pas par figure que nous disons que la vie entière du chrétien est un culte. Tout au contraire, c'est le cuite de la vie qui est la réalité, et c'est l'autre qui en est la figure; c'est dans ce qu'on nomme culte communément, c'est dans cet ensemble d'invocations, de chants, de paroles humaines adressées à Dieu, de paroles divines entendues par l'âme, c'est là que sont l'image et le symbole. Ou s'il y a plus qu'une simple image, s'il y a un acte, et même Pacte
essentiel, c'est à la condition que cet acte initial résume et comprenne tous les autres. Ramassant en lui tous les autres, il est plein, vivant, décisif ; isolé, il est misérable, vide, il n'est rien, il est moins que rien. Moins que rien, parce qu'un mensonge est encore au-dessous d'une parole vaine. Or, le culte rituel, lorsqu'il est tout entier enfermé en soi, est proprement un mensonge.
Si une servante se refusait à prendre les ordres de la maîtresse de maison, elle manquerait à son devoir. Mais que penserez vous de celle qui, docilement et dévotement, viendrait dire le matin : « Je suis à la disposition de Madame », et qui jug-erait achevé, dans ces mots et dans cette attitude, son service de la journée? Ainsi fait le chrétien qui croit avoir rendu son culte à Dieu parce qu'il a assisté à la messe, au sermon ou à la prière.
Nous ne voulons pas faire ainsi, et voilà pourquoi, en toute loyauté, sans abaisser ou diminuer notre idéal, nous avons pu déclarer nos « Associations cultuelles. » Que l'Administration entende ce nom comme il lui plaira. Nous, nous le comprenons et cela nous suffît.
Eglises et Finances.
1. Il est un sens, très certain, où entre ces deux termes : Eglise et Finances^ il n'y a point de rapport. L'Eg-lise figure l'esprit; l'argent est le signe de tous les biens matériels. L'Eglise incarne la grâce, et qui dit grâce dit gratuité; c'est le même mot. Pas plus que Tair du ciel, la parole de Dieu, la prière, la communion des frères n'ont un prix marchand.
2. Pour que l'Eglise existe et fasse son ouvrage, pour que TEvangile soit prêché, pour que la communion fraternelle puisse se réaliser dans le culte et dans l'assistance mutuelle des âmes, il faut que quelqu'un s'occupe d'organiser ces services; on nommera à bon droit des Eglises, les associations ou sociétés qui n'ont d'autre raison d'être que ce seul objet : maintenir V Eglise et travailler à son œuvre.
3, Il est évident que les Eg-lises ne peuvent pas maintenir l'œuvre purement spirituelle de l'Eg-lise, sans subir les conditions matérielles de tout travail poursuivi sur la terre. L'union des âmes dans le culte, par exemple, ne coûte rien, mais l'édifice où l'on se réunit pour célébrer ce culte coûte quelque chose. Les Eglises qui réduiront leurs frais au plus strict minimum imaginable auront cependant des frais. Si donc l'Eglise n'a rien à faire avec les finances, les Eglises (en dehors desquelles l'Eglise ne serait pas) ne sauraient remplir leur tâche sans dépenses ni, par conséquent, sans recettes.
4. Les Eglises pourraient songer à se procurer le nécessaire en exigeant une rétribution pour chacun de leurs actes. Il y aurait un tarif pour places au culte, pour baptêmes, pour mariages, pour funérailles, pour instructions religieuses. On peut dire, en faveur de ce système, qu'il faciliterait la rentrée des fonds ; de plus, le fidèle, en s'acquittant, aurait le sentiment très net et très juste qu'il ne fait pas une libéralité ; il paie un service que, s'il se dérobait, un autre devrait payer pour lui.
En dépit de ses réels avantages, nous repoussons absolument pour nos Eglises ce moyen d'assurer leurs ressources. Car il a le tort, que rien