QUI BATIT
sionné ; il savait que les relations humaines ne peuvent se passer d'une règle morale, et qu'on brise cette règle si l'on traite de même façon ceux qui l'ont respectée et ceux qui ont failli. Mais il y avait en Jésus une autre science que cette science sèche et dure du code de la moralité sociale; il j avait en Jésus cette science de l'amour qui place le but au-dessus du moyen, et qui voit le but, non dans l'observation exacte des règles, mais dans la réalisation du bien ; il y avait en Jésus cette clairvoyance qui reconnaît, jusque dans une pécheresse de profession, l'âme humaine s'éveillant à l'appel divin dans les larmes du repentir, et qui salue le retour de cette âme et l'accueille au nom de Dieu. L'amour est plus puissant que la connaissance, il engendre lui-même une connaissance supérieure, et une connaissance qui n'enfle pas, mais édifie. Honneur donc, dans nos vies, au grand constructeur, à l'amour !
La Critique de nos Pensées.
Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur, éprouve-moi et connais mes pensées.
Ps. cxxxix, 23.
Cette courageuse prière soumet, non seulement à notre propre critique mais à la critique divine, tout ce qui compose notre être intérieur, le cœur et les pensées.
On peut, pratiquement et utilement, entendre ici par le cœur l'ensemble des mobiles qui déterminent la volonté. Or, qu'il soit aisé de se donner le chang-e sur la véritable nature de ces mobiles, nous le savons à merveille, nous qui, avec une perspicacité moins infaillible que nous ne l'imaginons mais souvent très avisée et généralement très sûre d'elle-même, discernons si bien, chez autrui, la réalité sous l'apparence. Ce discernement, les autres l'exercent à notre