‹ Nouvelles esquisses de morale évangélique [microform]Chapitre 41 sur 56 · UN IDÉAL DE VIE NATIONALE · texte numérisé non relu

UN IDÉAL DE VIE NATIONALE

chasserait les méchants de son sein ; l'atmosphère Y deviendrait irrespirable à ceux qu'elle n'aurait pas gagnés et transformés. Le commentaire ne convient peut-être pas à l'époque où le texte nous transporte. Nous ferons bien en tout cas d'en recueillir la leçon. En fin de compte, il faut en revenir à nous^ à ce que nous, personnellement, dans notre humble condition, nous pouvons faire pour le bien du pays, et il est certain que le bien que nous ferons dépendra en dernière analyse de ce que nous serons, du rayonnement de la justice et de la bonté généreuse dans nos propres personnes. Me demanderez-vous s'il est certain que la justice et la bonté, ainsi incarnées, seront toujours conquérantes, si on ne leur imposera jamais silence, si ce n'est pas elles, à certaines heures, que l'on tentera d'exterminer? Même s'il en devait être ainsi, nous ne devrions pas nous taire. Quand, volontaire agent de forces divines qui tendent au bien, on ne réussit pas à les faire triompher autour de soi, le plus grand des services que l'on puisse rendre aux hommes est de souffrir par eux, si c'est vraiment pour la justice et pour la bonté que l'on souffre, et non pas pour ses propres inconséquences, pour ses travers, pour ses arbitraires étroitesses. Dans l'esprit

du Christ qui a ainsi servi et ainsi souffert, étroitement unis à notre peuple, entonnons donc le chant de ce noble Psaume, alors même quil nous faudrait traverser des heures de détresse et d'abandon, et nous associer, nous aussi, au cri d'appel qui interrompt sa méditation : « Quand viendras- tu à moi? »

Textes dangereux ^

{Aux Prédicateurs)

Je n'ai point souvenir d'avoir trouvé cette rubrique dans les Traités de théologie pastorale qui me sont tombés sous la main.

C'est une lacune à combler. Il y a des textes qu'il est dangereux d'apporter dans nos chaires chrétiennes.

En voici un :

Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison et qui joignent champ à champ, jusqu^à ce qu'il n'y ait plus de place et que — ici le prophète, changeant brusquement la forme de son langage, apostrophe en face ceux à qui il en a

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